04.02.2012
330. "ENCORE!" Klaus Nomi
Je ne surprendrai personne vivant dans ce petit pays fracturé en vous annonçant que nous nous réveillons sous la neige et sur le verglas... Plus surprenant, c'est que nous sommes à peine au tout début de février et que nombre de gens ont l'air surpris d'avoir froid... Alors aux dernières nouvelles, la Belgique, c'est pas un sauna (et tant mieux, parce que si c'était le cas, je ne vous dis pas les semaines de négociations pour savoir qui, quand, comment régler le thermostat)... Donc voilà, on se les caille... Alors, en ce matin de week-end, en plus d'une bonne flambée de bois, on se plonge dans un soundtrack de circonstance, à savoir cette compilation qui va nous permettre de parler d'un artiste que les moins de vingt ans bla bla bla... Et donc, à l'aube des 80's glorieuses, un impossible contre-ténor germanique, avec un look de monchichi tantôt féodal-bondage, tantôt rétro-futuriste à la robot de Metropolis, découvre les joies du succès grand public, grâce à sa voix ahurissante, qu'il vient poser sur des compositions mêlant sans gêne les codes du lyrique classique et les sons synthétiques de la new wave, moulinant à la fois des extraits du répertoire à travers des machines ou imprimant un vernis symphonique à des chansons toutes années quatre-vingt... Très, très vite, époque oblige, Klaus Nomi va mourir... Il sera, aux côtés de Rock Hudson, l'un des deux premiers sidéens médiatisés et stigmatisés (je vous rappelle qu'il faudra toute une décennie et le jeu oscarisé de Tom Hanks pour que le grand public comprenne qu'on peut boire dans le même verre qu'un séropositif)... Et ce "Encore!" sorti en 1983 est donc posthume, reprend les grands moments de la très courte carrière de l'artiste (Total Eclipse, Simple Man, Ding Dong) et propose deux inédits... La plaque s'ouvre évidemment sur ce qui reste la carte de visite de Nomi, une version épurée (violoncelle et clavecin) de l'air du "génie du froid" issu du semi-opera "Le Roi Arthur" d'Henry Purcell... Finissons-donc là-dessus, dans une somptueuse version live glanée sur the site de partage, puisqu'il fait bien moins quinze de l'autre côté du double vitrage.
10:01 Écrit par Pierre et petit pain dans Bibibiiip, Outside the box | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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28.01.2012
329. "COMPLETE DISCOGRAPHY" Minor Threat
Celui qui affirme que s'occuper d'un bébé, même aussi calme, gentil et éveillé que le nôtre, ce n'est pas un équivalent temps plein, c'est un sale gros menteur... J'en veux pour preuve le silence persistant de ce blog, que ne parviennent pas à briser les longues et bruyantes lamentations des fans en manque... merci donc aussi à ceux d'entre-vous qui insistent et reviennent par ici même quand il ne s'y passe plus rien... Ce sont les vases communicants, j'imagine, au moins d'activité en ligne, au plus de montagne russe dans le monde réel... Donc, en six mois, en plus de grandir, de sourire, de ravir ses parents, notre héritier nous a tout de même joué quelques tours pendables... Comme de choisir son tout premier jour de crèche pour déclarer sa première maladie; c'était grandiose, entre le personnel d'accueil inquiet de la forte fièvre et des plaques rouges sur le visage et une puéricultrice aux urgences de l'hôpital incapable de diagnostiquer la rougeole; on a dégusté la dose de stress sans grand plaisir... Sinon, mes marquises, tout va très bien... Bébé aime beaucoup la musique, toutes les musiques, et continue à vivre selon son rythme d'une nuit complète de neuf heures et, en journée, des siestes particulièrement courtes et minimalistes... Un peu comme du Minor Threat donc, forcément, venez pas croire qu'on ne maîtrise plus le concept fondateur de ce blog, non mais... Quintet punk hardcore, les Minor Threat ont animé les nuits américaines (et à plus forte raison celles du District de Columbia) de 1980 à 1983... Une carrière bien météorique mais qui a marqué le landerneau car il est certain que personne avant eux ne jouaient aussi vite des chansons aussi concises et il est acquis que personne ne le pourra plus jamais, sans soutien électromécanique... Si le nom et l'esprit de Minor Threat ont survécu, c'est aussi parce que le groupe a construit sa petite niche dans le bouillon punk, celle du "Straight Edge"... Redevenu populaire par des chemins détournés (notamment ceux de la superstar du catch CM Punk, qui s'en réclame), le "Straight Edge" veut aller au-delà de la musique et propose une ligne de vie à même de plaire à nombre d'américains culs-serrés; à savoir, pas de bibine, pas de fumette, pas de touche-touche en-dehors du mariage, juste, comme seule défonce, cette musique qui va trop vite et fait trop de bruit... Oui, donc, pour que vous compreniez bien à quel point Minor Threat commettait des objets musicaux proches du bouchon de champagne qui éborgne dès qu'on enlève la colerette, le disque aujourd'hui présenté propose réellement pas loin de toute la production exhaustive du groupe, soit 26 chansons en 47 minutes... Disons qu'on se quitterait avec le morceau "Straight Edge", qui est le manifeste de leurs idées de base (ou basiques, c'est selon)... La maison n'est pas responsable des éventuels saignements d'oreilles.
16:02 Écrit par Pierre et petit pain dans Safety Pin | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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28.07.2011
328. "REPRODUCTION" The Human League
Bah, forcément, quelque part... Le choix est à la fois évident et très "tongue-in-cheek" (il suffit de visualiser la pochette, ci-contre, en grand) mais le premier album de La Ligue Humaine se prête évidemment à cette chronique qui va d'abord évoquer l'arrivée, il y a quelque chose comme un mois et avec quelque chose comme dix jours de retard, d'un magnifique petit bébé que tous les autres parents nous envient puisque le gaillard dort six heures non-stop, chaque nuit, depuis qu'il est âgé d'une semaine à peine... Maintenant, le son lourd et sombre, parfois industriel, de ce disque, allié à la voix souvent sépulcrale de Phil Oakey oblige de penser au peu de temps que l'arrière-petit-fils aura pu passer avec son arrière-grand-mère; à notre niveau générationnel, ça signifie aussi que nous n'avons plus aujourd'hui qu'un grand-parent sur huit, ça fait peu... Et voilà, c'était tout pour la partie intime et impudique de ce blog, place à la musique... Et quelle musique; puisque Vince Noir, dans son uniforme de zookeeper, n'hésite pas à l'affirmer: "The Human League a inventé la musique. Avant eux, tout ce que les gens faisaient, c'était tenter de trouver le la"... A tout le moins, ce que Martyn Ware et Ian Craig-Marsh (revoir chronique 295), derrière leurs grosses machines musicales biscornues, vont inventer, c'est le mariage parfait entre une certaine sensibilité pop et la rudesse des sons synthétiques de cette fin des années 70, bien en-deçà, surtout, des démarches intellectuelles des pères de la musique concrète ou des bricolages technologiques de Kraftwerk & co... Car si Human League, faut-il le rappeler, a connu le succès dans les 80's, en tant que trio assez léger à deux-tiers féminins, il s'agissait encore, quand Reproduction sort en 1979, d'une affaire de téstostérone et d'aliénation urbaine, quelque chose du constat social qui, malgré l'absence de slogans creux, aurait mérité d'être étiquetté punk... La vision que partagent alors les trois acolytes est celle d'une époque où nous vivons toujours, dans une ambiance "quasiment médiévale" (y'a qu'à voir comment les puissants traitent les femmes de chambre), obnubilés par les représentations du "cirque de la mort" (et clairement, faut qu'j'arrête la dose quotidienne de secret story), où la "jeunesse aveugle" préfère suivre "le chemin de moindre résistance" (vous avez vraiment besoin d'exemples ?) même si, toujours, il y a, en filigrane, un moteur, une envie, un besoin de se dégager de la médiocrité imposée aux masses laborieuses, comme Oakey le chante dans "Empire State Human", le seul single issu de ce disque dont le manque de succès commercial pèsera sur l'unité du groupe: "J'évite les foules et les embouteillages qui me rappellent combien je suis petit, à taille humaine / Tall, tall, tall, I want to be tall, tall, tall and big as a wall, wall, wall, as big as a wall, wall, wall"... La version CD, aujourd'hui présentée, s'accompagne de plusieurs morceaux bonus dont une longue suite instrumentale, en quatre parties, dont le titre, "The Dignity of Labour", ne permet aucun doute sur le positionnement socio-politique de la première mouture de The Human League... Tout comme il n'y a aucun doute que mon fils ne votera, d'ici dix-huit ans et quelques (et si la démocratie existe toujours en Europe, à ce moment-là), ni pour les exploiteurs du bon peuple ni pour les épouvantails de la haine.
11:19 Écrit par Pierre et petit pain dans Bibibiiip | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note |
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08.06.2011
327. "GENTLEMEN" Afghan Whigs
Oui, bien sûr, la pression monte, et à J-6, c'est encore heureux, je veux bien être associal, je ne suis quand même pas à ce point détaché de la vie que je ne commence pas tout doucement à tourner en rond à l'intérieur de moi-même en attendant la venue de qui vous savez... Ce qui en pur aparté avec moi-même (ce qui est idiot sur un blog lu par certainement quelques centaines de milliers de personnes chaque jour) est aussi rassurant quant à l'éventuel manque de diagnostic de mon léger syndrome asperger... Donc, finalement, au lieu d'entrer dans des détails intimes de monitoring ou de frottis, partageons plutôt ce qui sera peut-être (la postérité décidera, comme toujours) le plus mauvais calembour à avoir jamais germé dans mon esprit bancal: Pourquoi la douche à la tomate est-elle la plus précieuse ? Parce qu'elle a le pommeau d'or... Et donc, une fois n'est pas coutume, sans transition aucune, on passe du rouge de ce fruit qui joue au légume au jaune de la couverture cet album méconnu, riche de goûteux fruits musicaux... Gentlemen, premier grand sommet de la discographie d'un des groupes les plus mésestimés de l'histoire du rock, est sorti en 1993, déjà, et supporte sans mal bon nombre de superlatifs... D'une cohérence magnifique, tant dans la thématique des paroles que dans les ambiances musicales, touchant à l'album-concept tout en évitant les pires travers du genre, ce fruit des entrailles de Greg Dulli, auteur-compositeur à la voix rare, et de ses potes Rick McCollum à la guitare, John Curley à la basse et Steve Earle (non, pas le même Steve Earle) à la batterie, explore les circonvolutions physiques et mentales liées à la culpabilité du sexe sans sentiments... Maîtres de leur jeu musical, les Afghan Whigs brassent leurs inspirations et leurs envies de telle sorte que plus aucune étiquette ne peut leur être acollée... Ce que d'aucuns voudront trouver de soul dans les envolées laryngiques de Dulli sera brisé par la batterie souvent martiale, la guitare parfois indé, parfois folk ou la basse roulante et serpentante à travers toute l'histoire du rock... Côté paroles, d'entrée de jeu, "If I were going" égrène quelques gimmicks récurrents (on touche là vraiment à l'album concept, avec une partie du refrain de "Debonair", autre grand morceau du disque, qui apparaît ici et la phrase "Go ask the gentlemen who play it" en fin de couplet) puis se délite dans un fondu-enchaîné repris par la part de batterie de l'infernale plage titulaire... Là, Dulli annonce la couleur: "I stayed in too long but she was a perfect fit / And we dragged it on too long this time, started to make each other sick"... Plus tard, il ouvre "Be Sweet" sur une confession: "I got a dick for a brain"... Et les plages s'enchaînent, y'a peut-être de la houle mais ça ne tangue jamais... Chaque chanson est exceptionnelle et aucune ne mérite pas sa place ici... "Fountain and Fairfax" touche à l'épique, on croirait à la rédemption de l'alter-ego sex addict qui traverse ce disque: "Angel, I'm sober, I got off that stuff just like you asked me to"; "What Jail is like", qui suit immédiatement, est fiévreuse et met à bas les espoirs précédents: "If what you're shoveling is company, then I'd rather be alone"... Enfin, sur "My Curse", le drame se conclut, Marcy Mays (chanteuse du trio Scrawl) offre enfin le point de vue de l'éternel féminin mis en cause jusque-là... Une dernière chanson et le voyage se termine sur un instrumental planant, une "Closing Prayer" au titre adéquat... Mise en place, progression dramatique, climax, conséquences, épilogue, c'est un objet artistique complet et hybride, avant tout album de rock mais aussi, par certains aspects, oeuvre littéraire, pièce de théâtre en filigrane, anti-conte musical, qui se dévoile en moins de 50 minutes, c'est époustouflant, c'est intrigant également, c'est brillant, surtout... Il faut dire que le ton est donné dès la pochette, sans mention ni de titre ni du nom du groupe, avec ces enfants dans une apparente lumière matinale, dorée et chaude, coincés dans des poses d'adultes (c'est toujours délicieusement dérangeant), le garçon assis sur le bord du lit, n'osant plus tourner le regard vers la fille allongée... Allez, je ne lâche pas souvent le mot mais les faits sont ce qu'ils sont: "Gentlemen", réussite totale d'une richesse insoupçonnée, est un chef-d'oeuvre, non pas de la musique, mais du patrimoine artistique mondial.
11:35 Écrit par Pierre et petit pain dans TAS (talented american songwriters) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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17.05.2011
326. "WATER" Arno & The Subrovnicks
Non vraiment, la fulgurance de mes métaphores m'a souvent fait peur, comme si en tordant les mots, j'avais accès à une réalité mieux cachée... Et donc, il est bien clair que l'attraction foraine n'a plus de technicien qui la surveille, quand le Festival de Cannes laisse la place aux fesses triviales de Kahn... Allez, fendons-nous de notre rapide analyse de la situation: si les faits reprochés sont entièrement vrais, il sera plus que jamais temps de s'interroger sur la manière dont l'exercice du pouvoir tord le cerveau et brouille le sens commun (car on veut tout de même croire que l'inculpé ne soit pas simplement un pervers mêlant des envies de domination sexiste et raciale)... Si les faits reprochés sont entièrement faux, il s'agit donc d'un coup piégeux et une seule question s'impose: à qui profite le crime ?.. Et là, vu qu'on plonge dans la théorie du complot, ça fait froid dans le dos car les scénarios ne sont pas légion et incluent forcèment l'élection présidentielle de l'année prochaine... Si le but était de déforcer le camp socialiste pour l'empêcher d'accéder au second tour, ce qui se profile est ignoble: les Français inscrits sur les listes électorales (car, on vous le rappelle, nos voisins ne jouissent pas du devoir démocratique de voter... et non, ce n'est pas de l'ironie) risquent fort d'avoir le choix entre un président sortant ultra-droitiste et excessivement impopulaire et une louve des SS à la blondeur bonne aryenne et au programme bon à rien... Alors, on ressent de plus en plus l'envie, nonobstant (hopla) la situation inextricable du Fédéral belge, de reprendre à son compte la récente sortie médiatique de Charles "Arno" Hintjens, interrogé au JT du service public, sur son avis à propos de la classe politique: le majeur bien dressé, lâchons, rauques et hargneux, un "Fuck them all" bien senti... Et nous revoici donc sur les traces de la vieille éponge ostendo-bruxelloise, dont nous avons déjà dit, dans ces colonnes, tous les sentiments contradictoires qu'elle nous inspirait... A la rentrée scolaire 1994 ("Bleu, gueule en terre"), Arno commet l'un de ses tout derniers grands disques... Rassurant sur sa vision de lui-même, il répond au succès panfrancophonique de "Idiots Savants", sorti l'année précédente, par cet incisif "Water" dans lequel, pour commencer, il ne chante en français que sur un demi-titre... Mieux, Nono se place en retrait derrière l'éphémère groupe des Subrovnicks qui, au-delà du ridicule jeu de mots, regroupe en fait des complices de longue date, à savoir Ad Cominotto aux claviers et Rudy Cloet à la batterie... Un rien métallique, un peu funk-soul, ce "Water" est forcément de la meilleure eau, avec un Arno qui ne ménage pas sa voix, ne serait-ce que parce qu'à l'époque il pouvait encore se permettre de tirer sur la corde vocale... Et les petits morceaux de bravoure se suivent tout en ne se ressemblant que de loin en loin sur cette plaque peut-être peu digeste (treize morceaux pour pas loin d'une heure d'écoute) mais qui possèdent ses grands moments: une reprise des plus adéquates, "Hot Head" de Don Van Vliet, grâce à laquelle Arno prouve enfin qu'il doit bien plus au capitaine coeur de boeuf qu'à Salvatore Adamo; le fiévreux "Freddy" et ses gargarismes finaux; le tortillant "Watch out boy" et ses gimmicks synthés sans époque; un très rêche "Rock them out" co-écrit avec Roland Van Campenhout et, bien sûr, l'apothéotique "Mathilda" qui, en 6 minutes et demie et une cassure centrale de tempo, met fin, avec aussi des choeurs dynamités par BJ Scott, à ce qui, défiant le passage du temps aussi bien que la houle et l'écume de la mer du nord illustrant le livret de ce disque, reste, et comme si cette phrase n'allait jamais finir, et prouve ma théorie de l'adéquation nécessaire entre médiocrité artistique et succès grand public, l'une des galettes les moins bien vendues de la discographie d'Arno et pourtant, l'un de ses sommets d'inspiration, malheur quelle énorme dernière phrase, quelles circonvolutions, qui sait encore ce que j'ai voulu dire, pas moi, toujours, il est temps que ça cesse, il est parti où, ce forain, à la fin ?
10:05 Écrit par Pierre et petit pain dans Eendracht maakt kracht | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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11.05.2011
325. "MUSIC FROM THE FILMS OF HAL HARTLEY"
Ils sont toujours désagréables, ces moments où le monde a juste l'air d'être un manège dont le forain a coincé le moduleur de vitesse au maximum et s'est barré boire une bière à la barbapapa avec ses copains forains... Et donc, là, tout de suite et depuis plusieurs semaines, c'est fatigant d'être gavé de mauvaises réponses avant même d'avoir pu poser les bonnes questions... En l'occurrence, et c'est une donnée philosophique fondamentale, en quoi la mort d'un homme, aussi détestable soit-il, peut être considéré comme un acte de justice ? Et pire, d'autant plus si l'on croit à la loi du talion qui seule permet de répondre positivement à la première question, comment la mort voulue d'un seul homme peut-elle être un acte de justice face au décès aveugle de quelque 2700 personnes ? Enfin, et c'est certainement le plus insupportable dans la rhétorique guerrière déversée une fois de plus par "le camp des gentils", comment la mort d'un seul homme pourrait-elle réellement paralyser ce qui est censé être l'organisation terroriste la plus puissante de la planète ?... Mais si la disparition de l'ennemi mondial numéro 1 n'était déjà matière à exciter les penchants les plus patriotiques, nationalistes, xénophobes, arabophobes, forcément nauséabonds du "bon peuple", voilà-t-y pas que Dame Justice traumatise le royaume par une décision d'une froideur technique, au final trop opaque, et agite encore un peu plus le chaudron de la haine ordinaire... Ici, le principe démocratique éclairé veut que la Justice soit la même pour tous, du voleur de pain en guenilles jusqu'à l'affameur en costume-cravate, en passant, forcément, par l'ex-femme du catalyseur de tous les cauchemars belgo-honteux... La vraie question est: sur quels arguments la décision de cette libération anticipée a-t-elle été décidée ? Car asséner l'info au public sans la lui expliquer, c'est participer un peu plus à l'ambiance de défiance envers les institutions... Dans un pays dont plus du tiers d'une moitié a déjà préféré l'égoïsme d'extrême droite à la solidarité citoyenne, une Belgique qui s'enlise dans des réunions de négociations communautaires à répétition, dans le contexte plus large d'une crise socio-économique dont ne ressort que l'impunité renouvelée des organismes bancaires, dans un climat, donc, de découragement et de suspicion, quand la république voisine se prépare à offrir d'ignobles succès à la fille du faux borgne, on peut comprendre que d'aucuns n'ait d'autres solutions que de se réfugier dans les rassurants pixels de leur écran plat... Ouais, sauf que... Je n'ai pas besoin d'agiter mon 17 sur 20 à l'examen de Sociologie générale pour comprendre que le public votant à X-Factor se constitue avant tout de gamines de 13-15 ans... Que Maryvette Lair (qui ne gagnera pas mais qui est la seule véritable artiste complète de cette saison) se trouve en ballotage la semaine dernière était déjà difficilement compréhensible mais que Vincent Léoty (certes, un artisan-coiffeur de 30 ans sans pose de star mais un époustouflant chanteur, certainement le meilleur de ce cru 2011) soit éliminé dès le troisième prime est totalement ahurissant... Surtout lorsque ce limogeage se fait au profit d'autres candidats qui n'ont pour eux qu'un petit look et aucun talent vocal... Ou, du moins, passé les superficielles émotions procurées par ce nouveau télé-crochet, l'élimination d'un gars apparemment simple mais indéniablement talentueux aussi vite dans la compétition, prouve, aussi, d'une certaine manière, à quel point les maux de la société percolent à travers tout et pourrissent même les recoins les plus anodins du divertissement télévisé et musical... Resterait alors à se terrer le plus loin possible de cette inondation de daube, peut-être dans un monde de fiction si pas utopique, au mois quasiment idéal... Un monde où personne n'est vraiment idiot mais personne n'est vraiment heureux, un monde où personne ne parle peu mais où tout le monde écoute suffisamment, un monde où l'amour est équivalent à la somme du respect, de la confiance et de l'admiration, un monde qui est un endroit dangereux mais où personne ne meurt complétement, un monde, enfin, où, "un homme honnête a toujours des problèmes"... Un monde pas loin du nôtre mais certainement pas le même non plus, le monde qui vit, respire et désire dans les films d'Hal Hartley... Prix du meilleur scénario au Festival de Cannes 1998 et "godfather" du cinéma américain indépendant, Hal Hartley reste un de ces artistes parfaitement inconnus du grand public et totalement adulés par ceux qui ont la chance de connaître son oeuvre... Le natif de Long Island réalise, écrit, monte ses films depuis 1989, creusant un sillon cinématographique, plastique et philosophique sans véritable fausse note... Car en plus, sous le pseudonyme de Ned Rifle, Hal Hartley signe la musique de ses courts, moyens et longs métrages... Sortie en 1993 chez Phonogram, la compilation aujourd'hui présentée est un objet de collection à plusieurs titres... Tout d'abord, elle est totalement épuisée et virtuellement introuvable sous cette livrée rougeâtre (notez qu'une réédition, sous pochette bleutée, que vous trouverez en fin de cette rubrique, a été réalisée au début des années 2000 par Possible Films, la propre structure de production d'Hal Hartley); ensuite, c'est la seule trace sur disque des bandes-sons des premiers films du cinéaste; enfin, les chansons égrenées à travers les 14 plages sont, à l'exception de deux morceaux des (également longislandais) Yo La Tengo, les seules traces sur disques des obscurs Hub Moore & The Great Outdoors, Ether et The Brothers Kendall... Et donc, pendant les quelque 40 minutes que dure ce disque, c'est bye-bye les Ben Laden, Martin et autres Omega de mes deux... Bon, sinon, merci de demander, la grossesse se passe bien, et se termine dans pas longtemps, préparez-vous donc à une période d'inactivité d'un certain temps sur ce blog, ça vous fera des vacances, mettez-les à profit pour réfléchir à comment massacrer la bête immonde qui rouvre un oeil dans les tréfonds du vieux monde.
11:58 Écrit par Pierre et petit pain dans Outside the box | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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18.04.2011
324. "LIVE" Desjardins & Abbittibbi
La résidente Christina Yang s'en sort la tête en extirpant de l'eau une truite de douze kilos, le docteur Sheldon Cooper se convainc du comportement ondulaire des électrons après avoir fait tomber par terre les commandes de la table 6, le professeur Alessandro Regazzoni trouve sa guérison émotionnelle dans une tarentelle baroque, l'ancienne mutante Jubilation Lee se reconstruit grâce à une épistole longue d'une seule phrase... La chose est entendue: en fiction, le moindre détail, trivial, dérisoire, inattendu, peut faire toute la différence... Ma vie serait-elle une fiction puisque, caddie derrière caddie, chez ce hard discounter allemand (celui qui n'a pas la première lettre de l'alphabet dans son logotype), il a suffi d'une bribe de conversation, entendue à la volée, pour reprendre un tonus tout printanier ?.. L'homme: "Et comment ça va, vous avez le moral ?", la femme: "Et pourquoi ç'qu'on ne l'aurait pas ?"... Alors, commençons cette seconde semaine pascale par un disque plus doux qu'amer mais aussi plus acide que basique... Il n'est plus besoin, ici, de présenter Richard Desjardins ni même de rappeler qu'avant de démarrer la carrière solo qu'on lui connaît, il avait animé, fin des 70's, le fugace groupe Abbittibbi... Pas si fugace que ça, cela dit, puisqu'une fois le succès acquis et la reconnaissance installée, Richard a rameuté ses vieux potes, en 1994, pour un album studio, une tournée et, en toute logique, le live aujourd'hui présenté... Enregistré sur trois jours de novembre 1995, au vieux-clocher de Magog (la ville québécoise "nichée entre le lac Memphrémagog et le mont Orford, noyau d'une station touristique bien pourvue en infrastructures sportives", nous apprend le syndicat d'initiatives local; et non pas, évidemment, le Magog biblique, fils de Japhet, descendant de Noé), cette plaque permet, évidemment, des traverses musicales et des envolées harmoniques que Richard tout seul aurait bien du mal à atteindre... Francis Grandmont aux guitares, Claude Vendette aux saxophones, Rémy Perron à la basse et Richard Perrotte aux percussions entraînent nombre de classiques du répertoire de Desjardins dans des ambiances sublimées: "Miami" acquiert enfin l'atmosphère opressante adéquate à cette anti-fable sur le racisme ordinaire; "M'as mettre un homme là-dessus" devient un boogie de fin de siècle, poisseux et concentrique; "Les Yankees", en final, est conforté dans sa construction en crescendo et le climax des paroles, lorsque l'on découvre "qui est le chef ici", est soutenu par un apogée musical explosif... Mais ce disque vaut aussi, pour tous les amateurs de chanson francophone autant que pour les fans de Desjardins, par ses morceaux inédits, notamment le très delta-graisseux "Déboutonne ton blues", l'irrésistible chanson à répondre "Les Bonriens" ou le morceau de bravoure folk (et tout simplement l'un des meilleurs morceaux de Richard) "Au Pays des Calottes"... Par contre, bien sûr, ça risque d'être difficile, en 2011, de se procurer ce disque mais c'est définitivement le printemps, alors on va pas s'en faire pour ça, les coeurs palpitent, les oiseaux chantent, les coeurs sont des oiseaux.
11:38 Écrit par Pierre et petit pain dans Cousinages, Dust Blowin', Muddy Feet | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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21.03.2011
323. "THE HURTING" Tears For Fears
Alors là, on peut difficilement se sentir autrement que comme l'anonyme gamin qui se prend la tête dans les mains sur la pochette du premier album des Tears For Fears... On glosera plus tard des implications mystiques liées à la révélation mondiale que même le peuple le plus technologiquement développé et le plus empreint du respect des conventions sociales n'est qu'une poule sans tête face au hachoir du fermier, une fois que la terre tremble et que la planète reprend son statut de maîtresse intraitable qui tolère, sûrement plus de guerre lasse que par jeu, notre présence à sa surface... Au surplus, peut-on espérer que la catastrophe de la centrale Fukushima Daiichi parviendra, là où Three Mile Island et Chernobyl ont échoué, à purger notre marché énergétique de la bestiole atomique... Cela dit, l'ampleur du désastre et sa gestion subséquente qui s'annonce comme un nouveau calvaire de cinquante ans pour la société japonaise devrait réfréner notre envie de poser cette question mais, et avec tout le respect que l'on doit aux victimes: comment la collectivité du soleil couchant a-t-elle pu autant investir dans le nucléaire après s'être pris Big Boy et Little Man au coin de la tronche ? ...Donc oui, on oublie pour un temps les frappes offensives en Libye qui cachent, sous un réel besoin de liberté démocratique exprimée par le peuple, la partie d'échecs des stocks pétroliers; on passe sous silence le réveil de la bête immonde, haineuse et génocidaire dans une Europe qui n'a toujours pas compris que l'Union doit être celles des humains et pas celle des marchandises; on ferme les yeux un instant sur cette déliquescence belge, d'autant que le scénario en a révélé son twist final (plus le temps passe sans instance fédérale et moins le pays implose, plus les nationalistes avaient raison et moins le Royaume n'a de sens à survivre) et on a le choix entre trois attitudes... Un, on se révolte contre l'entièreté du biome terrestre global, ce qui est débile puisque notre planète est l'entité la plus proche de la divinité (et nonobstant vos délires religieux hallucinatoires les plus divers) que vous côtoyerez de toute votre vie; Deux, on se laisse sombrer dans le désarroi le plus complet, on en revient à l'image de la poule sans tête, on est pas plus avancé, les populations vivant dans la peur sont celles qui sont le plus facilement contrôlées par ces messieurs qui tiennent les cordons de la bourse; Trois, on active son moteur à résilience et, bien sûr, on utilise la musique populaire pour faire son deuil... Sorti en en mars 1983, The Hurting n'est pas un album joyeux (ça tombe bien, non ?), l'empathie des textes de Roland Orzabal, sublimés par la voix tranchante de désespoir de Curt Smith se love puis se recroqueville sur la catharsis des compositions (principalement toutes d'Orzabal aussi), portées par une guitare sèche et un synthétiseur glacial... Les percussions parfois bien tarabiscotées ajoutent au climat étrange et souvent oppressant de cette plaque... Pop, oui; pas que, c'est sûr... Tous deux alourdis, à l'époque, par des bagages psychologiques ramassés dans leurs enfances difficiles (familles nombreuses mais monoparentales, entassées dans les cités sociales de Bath), tant Orzabal que Smith déversent ici toutes leurs obsessions et névroses, réclamant comme influence première ni un grand poète ni les Beatles ni aucun artiste musical mais bien un certain Arthur Janov... Né en 1924, Janov est le créateur de la "thérapie primale", sujet de controverse dans le mileu médical de longue date mais qui a connu son engouement médiatique dans les années 70... Le fameux "cri primal" est censé être la clé pour permettre aux patients de débloquer leurs traumatismes enfantins, ceux-là même qui influent sur la vie adulte et dont, vraisemblablement, les Tears For Fears avaient décidé de se débarasser à travers ce disque... Les titres des chansons sont sans équivoque (et vous épinglerez les quelques singles à succès du LP, en passant): "The Hurting", "Mad World" (n°3 au Top 40 britannique), "Pale Shelter" (n°5 au Top 40 britannique), "Ideas as Opiates", "Memories Fade", "Suffer the Children", "Watch Me Bleed", "Change" (n°4 au Top 40 britannique), "The Prisoner" et "Start of the Breakdown", dix chansons en 42 minutes, dont on extraira deux phrases du refrain de Mad World: "The dreams in which I'm dying are the best I've ever had / When people run in circles, it's a very, very mad world"... Voilà, après ça, on essuie ses joues, on retrousse ses manches et on s'arrange pour que, cette fois, une catastrophe aboutisse enfin sur un monde meilleur.
10:48 Écrit par Pierre et petit pain dans Bibibiiip, For the love of Liz | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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08.03.2011
322. "IT'S A SHAME ABOUT RAY" The Lemonheads
Pour diverses raisons enfouies dans les brumes de mon adolescence, ce pur chef-d'oeuvre des Lemonheads, sorti en 1992 et l'un des dix premiers disques que j'ai acheté de ma vie, reste l'un de mes albums de chevet... Il y a, bien sûr, l'apparente facilité d'écriture d'Evan Dando, le gringalet chevelu, cerveau de l'opération... Il y a ce mélange des genres et des codes, avec une dose de folk, une pincée de punk, un soupçon de country-americana et un zeste de rockab pour un cocktail au final explosif... Des paroles simples mais pas simplettes, inscrites dans ce zeitgeist grunge (on est malheureux même en étant amoureux, on prend de la drogue mais on plane pas, ça souffre vraiment sous les éclats de rire qui sont eux aussi authentiques) qui valut aux Lemonheads, actifs dès 1986, d'être nassés avec les autres crabes seattliens (alors qu'Evan est originaire de Boston, sur la côte étazunienne la plus proche de chez nous)... Le look du Dando, à l'époque, a aussi pesé dans l'équation (ou résolu la balance ?): avec ses cheveux trop longs, pas assez propres, ses t-shirts informes sur sa musculature de mollusque, il incarnait aussi, à sa manière, cette génération Y, celle des rejetons des hippies qui avaient vécu un rêve et mal géré le réveil... Mais tout ça, aussi, est d'une autre époque et finalement, c'est à la plage titulaire de ce disque qu'incombe, au premier degré, de réussir une éventuelle transition... Car si c'est une honte ce qui se passe avec Ray, c'est tout autant une honte ce qui se passe avec Marine... Personne n'a pu louper "le sondage"... Et nonobstant (non, vraiment, je maîtrise le nonobstant, cherchez pas) le statut inhéremment (là, je suis moins certain de maîtriser, mais bon) conditionnel d'un sondage, force est de constater que la France a l'intention de verser pour de bon dans l'ultra-droite populiste si pas dans l'extrême le plus nauséabond... 1992, année de sortie du disque de ce jour, c'est aussi la signature du Traité de Maastricht... Qui pouvait penser que vingt ans plus tard, l'Autriche, les Pays-Bas (et où se trouve Maastricht, vous prie-je ?), une moitié du pays qui se sera appelé Belgique ainsi que partie de la Scandinavie et du pourtour méditerranéen connaîtrait de terribles pousées de fièvre haineuse, xénophobe, nationaliste... Tout de suite, deux erreurs que nos voisins (et possibles rattachés) français ne doivent pas commettre: premièrement, sous-estimer la beauté du diable de Marine... Alors que son père n'avait pour lui que l'odeur du Malin et pas le charme, on a déjà vu les exploits électoraux qu'il s'est offert... Deuxièmement, ne pas compter sur les leçons de l'Histoire pour que la situation se désamorce d'elle-même... La montée des fascismes italien, espagnol et, bien sûr, allemand était une conséquence directe du krach boursier de 1929... Le contexte est là aujourd'hui, et depuis l'effet domino de la crise des subprimes en automne 2008, les masses laborieuses s'appauvrissent tout en travaillant plus que jamais tandis que les planqués dans leurs tours d'ivoire étouffent de graisse et de fric, les forces progressistes sont muselées par un pouvoir certes démocratique mais plus que jamais en génuflexion devant le grand capital... La bête se réveille dans le Vieux Monde et, pire, si les gentils cow-boys devaient revenir avec leurs blue-jean's, leurs chewing-gums et leurs cigarettes au menthol, ils ne pourraient plus peser moralement... L'homme métis, élu par le peuple, honoré d'un Nobel de la Paix, n'a toujours pas retiré ses joujoux de mort d'Irak ou d'Afghanistan... Et, c'est bien pire qu'un sondage qui donne Eva Blondasse gagnante (car après tout, en démocratie, on a les dirigeants que l'on mérite), monsieur Obama vient d'annoncer, en ce 8 mars, Journée internationale de la Femme (un autre domaine dans lequel les victoires sociales du 20e siècle sont tout doucement rabotées, à vitesse suffisamment lente pour que ça passe inaperçu) que, c'est un peu le propos d'aujourd'hui, les leçons de l'Histoire ne servent à rien... Plus personne n'oserait encenser le travail rigoureux et méthodique de la Sainte Inquisition ou applaudir la productivité et la plus-value ethnique de la main d'oeuvre esclave dans les champs de coton, alors pourquoi entendons-nous une mouchette zinziner là où l'indignation devrait vociférer ?... En ce 8 mars 2011, Barack Obama, président des Etats-Unis d'Amérique, a officiellement annoncé (sources AP et AFP) la reprise des procès pour les prisonniers du camp de Guantanamo, balayant du même coup sa promesse post-électorale de fermer au plus vite cet ignoble outil de torture, de coercition et de négation des droits de l'Homme... Ce blog n'a jamais eu pour mission d'être polémique pour le plaisir mais quand ça suffit, ça suffit... Toutes proportions gardées, et du simple point de vue de respect de l'humain, la différence n'est tout de même pas bien grande entre les baignoires de Guantanamo et les douches de Dachau.
10:11 Écrit par Pierre et petit pain dans GAM (good american mainstream), TAS (talented american songwriters) | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |
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04.03.2011
321. "PEMP" EV
La différence entre le printemps et l'automne, c'est qu'au printemps le soleil d'été revient se mesurer au vent d'hiver qui résiste tandis qu'en automne, le vent d'hiver revient bousculer le soleil d'été qui collabore... Tout ça pour dire que dans ce petit coin de la planète, dans ce petit coin d'Europe, dans ce petit coin de ce pays qui se sera appelé Belgique, dans ce petit coin de "hey no, oh yes", on se les caille caille caille du soir au matin, et particulièrement pour le moment... Et chauds peut-être le bignou et l'accordéon, froides assurément les guitares sur ce "Pemp" de nos amis finno-bretons, les EV... Sorti il y a tout juste dix ans, ce disque était alors le cinquième (d'où le titre de la plaque, pemp n'étant rien de plus que le chiffre cinq en langue bretonne) de ce grand méchant groupe, qui sillonnait et écumait tout le monde celte et/ou rock depuis le tout début des 80's... Fidèles à leur cheminement personnel, les quatre pirates (Gweltaz, guitare-chant; Jari, basse-chant; Fakir, divers instruments bretonnants; Tof, batterie) continuent ici à mélanger le rock le plus droit et le plus direct avec des circonvolutions panceltiques du meilleur effet et cette jonglerie qui reste étourdissante entre des textes en français, en brezhoneg et en suomi... Des douze plages (forcément pleines de galets et d'huîtres) qui composent cette galette (ben oui, au sarrasin, forcément, vous commencez à piger l'esprit), il n'y a pour ainsi dire aucun déchet à pointer du doigt... On peut constater, mais sans tirer de généralités pour autant, que les morceaux en finlandais sont plus nerveux que les autres, la faute autant à la nature agglomérante de cette langue qu'au chant de Jari plus hargneux que ce que Gweltaz offre en breton... Mention aussi à la longue et quasi-lyrique chanson "les mois noirs", dont les paroles pétries de poésie naïve que n'aurait pas renié un Nicolas Sirkis (et non, dans mon esprit, ce n'est pas un compliment) sont largement compensées par une mélodie infectieuse et d'irrésistibles breaks post-refrain où guitare et bignou hésitent entre se mettre sur la tronche ou se faire des bisous... hein, des bisous de bignou ? je pense qu'il est plutôt temps de remonter son col et d'affronter à nouveau cette bise (une bise de bignou ? mais c'est quoi cette histoire ?) de fin d'hiver.
09:51 Écrit par Pierre et petit pain dans Pankeltia | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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28.02.2011
320. "THE TIKI BAR IS OPEN" John Hiatt
L'une des grandes vertus de la musique, grande ou petite, classique ou moderne, prout-prout ou populaire, c'est évidemment d'adoucir les moeurs, c'est aussi, à frais minimum, d'offrir un rien d'évasion... Donc, le système capitaliste se prépare à faire encore plus d'"accidentés de la vie" (vous l'avez vu, ce dimanche, le reportage de "sept à huit" dans lequel des étudiants à Bac+5 sont obligés de compter sur les Restos du Coeur pour survivre ?); le sang versé pour la liberté dans le monde arabe est celui que les européens devraient verser pour améliorer, par ricochet, la vie de toutes les populations de la planète; la Belgique, verrue de plus en plus poilue sur le visage décidemment mal fardé de l'Union européenne, ne s'en sort plus d'une crise d'identité à laquelle majorité des populations concernées ne comprend plus rien; Corey Haim, c'est sûrement ça le plus grand scandale de ce week-end dans ce monde aux valeurs détournées par l'apparence et la convoitise, n'a pas été repris dans la séquence "In Memoriam" de la cérémonie des Oscars 2011... Bref, ça va mal, mal, mal... D'où l'intérêt d'utiliser les pouvoirs évasifs de la musique, comme d'aucuns liraient "un bon roman", regarderaient un "bon film" ou se prendraient "un bon fixe" (ces derniers partent plus loin mais reviennent moins que les autres, donc, les enfants, ne faisez pas ça chez vous)... Tout ça, pour dire, qu'aujourd'hui, on part à Hawaïi, sur John Hiatt airlines... Sorti en 2001, ce disque n'est certainement pas le meilleur de l'auteur-compositeur quasi-soixantenaire dont les plus fidèles lecteurs de ce blog savent tout le bien que j'en pense de lui (allez, par la fenêtre, la syntaxe)... Et pourtant, "The Tiki Bar is open", dont l'ambiance îles sandwich est plus diffuse que réclamée, est excessivement cool, agréable et frais, comme, justement, une pina-colada faiblement alcoolisée servie dans une demi-noix de coco évidée, avec une ombrelle en papier... La plaque propose, de plus, de tout: un peu de folk-rock sautillant sur "All the Lilacs in Ohio", un rien de country plaintive sur "I'll Never get over you", les incursions les plus hawaïiennes sur la plage titulaire et une apothéose planante, rare chez John Hiatt mais parfaitement maîtrisée ici, avec les percussions décalées et les envolées de "e-bow" de "Farther Stars" et ses 8'49'' qui clôturent le disque... En trois quarts d'heure (44'55'' précisément), on s'y croit, les orteils pendouillant dans l'écume du Pacifique, mon bureau qui se transforme en chaise-longue à l'ombre des fougères millénaires, à quelques centaines de mètres, le clapotis d'une cascade au pied du Mauna Kea... Oh non, merdouille, c'est encore la chasse d'eau qui déconne.
11:30 Écrit par Pierre et petit pain dans TAS (talented american songwriters) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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24.02.2011
319. "MADE IN JAPAN" Deep Purple
Et donc vous voulez quoi ? Que je condamne l'immobilisme coupable des états riches et gras de l'Union européenne face à l'Histoire en marche au Maghreb et dans le monde Arabe ? Que je dise combien je conchie et vomis par tous les orifices les déclarations de monsieur le ministre Brie Pot-au-Feu du style "Nul n'entre sur le territoire européen sans y avoir été invité au préalable" ? Faudrait-il aussi s'insurger que certaines des armes qui sont en train de massacrer des civils enfin avides de leurs droits les plus fondamentaux seraient sorties des fabriques herstaliennes ? Depuis quand une arme sert à guérir plutôt qu'à tuer ? Quand a-t-on inventé des munitions qui tuent les méchants et font des bisous aux gentils ? Peut-on réellement accepter du premier président du monde libre qu'il juge "scandaleux et inacceptables" le bain de sang et les représailles du pouvoir kaddhafien envers la population libyenne tandis qu'il n'a toujours pas retiré, malgré promesses à répétition, d'Irak ni d'Afghanistan, ses troupes ingérentes aux nombreuses "victimes collatérales" ? Qui, enfin, a réellement entendu le rappel à l'ordre de Navanethem "Navi" Pillay ?... Mais comme vous tous, fidèles lecteurs et lectrices déglinguées, j'ai de toute manière bien plus important à m'inquiéter, sans même évoquer bébé dont la construction se passe selon le cahier des charges... Comme le savent bon nombre de travailleurs du tertiaire non-marchand, autant le début de l'automne, c'est l'ouverture de la chasse, autant la fin de l'hiver, c'est la saison des stagiaires... Alors quand débarque sur votre lieu de travail, une grande gamine qui ne jure que par le heavy metal mais qui ne connaît rien à l'histoire de la musique rock, l'envie de lui balancer Made in Japan dans les oreilles devient rapidement impérieuse... Live mythique (Tokyo et Osaka, les 15, 16 et 17 août 1972) mais aussi gloubi-boulga des cris et vocalises d'Ian Gillan, de la guitare attila le deux de Ritchie "Je me suis perdu dans mes cheveux" Blackmore, des claviers nappés de prog de Jon Lord et de cette section rythmique souvent "rock-étalon" parfois plus "boogie-bourrin" (Roger Glover au tagadam, Ian Paice au poumpoum), Made in Japan garde, pour les fans, une place à part dans la discographie des Profonds Pourpres... En sept plages pour 77 minutes (à 6'42'', Highway Star, en ouverture de face A, est quasi-instantanée face aux 19'54'' du Space Truckin' qui clôt la face B), c'est évidemment une musique matricielle qui se déverse ici... Rock dur et métal lourd, c'est entendu, avec ce parfait résumé, juste avant "The Mule", en milieu de plaque, d'Ian Gillan apostrophant son ingé-son : "Mets-moi tout plus bruyant que tout le reste"... Et l'appel des peuples à prendre leur propre destin en mains, il est assez bruyant ? Le silence obstiné du refus de nos dirigeants à assumer leurs rôles de garants des droits de l'homme est d'ores-et-déjà, lui, assourdissant...
10:00 Écrit par Pierre et petit pain dans Far East & Down South, For the love of Liz, Krang Kerrang | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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15.02.2011
318. "BACK IN BLACK" AC/DC
Bien, aujourd'hui on fera vite car on a peu de temps... Alors, d'abord, nous sommes entrés dans l'année du Lapin et ça fait froid dans le dos comme nous l'explique Internet (ô, divinité panconsciente, grande crado du 21e siècle et au-delà, cause de et solution à tous nos problèmes, panacée spirituelle à la soupe de poulet de l'âme, mamelle de reine-catin et de lépreuse-medium, ô, réseau des réseaux, théorie des échelles et des supercordes, nous nous prosternons) : "L'année du lapin est remarquable par la tranquillité qu'elle offre. Les esprits se sont apaisés. La révolution, c'est du passé ! Les réformes sociales, ça peut attendre ! Les héros sont fatigués et prennent maintenant goût à la douceur de vivre. Il est bien peu probable qu'on puisse assister à de grands bouleversements en une année du lapin"... Quel programme détestable, pas de révolution, même pas de réformes sociales, on se prépare quand même un accord interprofessionnel qui va renvoyer la classe moyenne au 19e siècle et des réformes institutionnelles qui risquent de sentir le soufre et les bottes qui claquent... Nous avons aussi vu passer la Saint-Valentin avec honte (encore pardon, femme de ma vie, mère du ou de la futur(e) maître(sse) du monde de t'avoir offert du vide cette année)... "Au moins trois saints différents sont nommés Valentin, tous trois martyrs. Leur fête a été fixée le 14 février par décret du pape Gelase premier, aux alentours de 498." (C'est qu'on peut en apprendre des choses sans intérêt sur Pipipédia et même si on était en 498, Gelase c'est pas sérieux comme prénom)... Dans de telles circonstances, remplissons l'air ambiant avec du bruit à succès, en l'occurrence le retour au noir des australiens courant alternatif/courant continu (dont le nom évoque aussi, nous l'avions dit en son temps, des pratiques sensuelles plutôt joyeuses au sein de la communauté qui est pas mal gaie non plus)... Et non pas "gaye", ce qui nonobstant l'ange Marvin, n'a pas du tout le même sens dans les langues endémiques du sud de la Belgique... Back in Black (42 minutes pour dix chansons) reste donc l'un des tous grands succès du commerce de disques puisqu'avec un total actuel estimé à 49 millions de copies écoulées de par la planète, cette plaque est la deuxième plus grosse vente de l'histoire de l'Humanité, derrière, évidemment, le Thriller (inrattrapable au niveau des records puisqu'il vient de pulvériser la barre des 110 millions d'exemplaires) de Michael Jackson (qui aurait été, et aurait tété aussi, du coup, j'ignore de savoir si vous le savez de l'avoir vu dans les médias ces derniers jours mais Jacko, donc, aurait été castrat suite à prescription de violents médicaments anti-acné au début de son adolescence, ce qui explique sa voix aiguë, son absence de pilosité faciale et peut-être même ses déviances affectives envers les garçonnets mais il est certain que la famille Jackson va vigoureusement réfuter cette théorie médicale)... Sorti fin juillet 1980, Back in Black est donc aussi le premier disque d'AC/DC sans son chanteur-fondateur-animateur Bon Scott (décédé quasiment jour pour jour d'aujourd'hui, le 19 février 1980)... Et si les chiffres de vente et la longévité du groupe leur donnent tort depuis 31 ans, les puristes continuent (je serais tenté de dire "comme de juste") à préférer la folie enchaînée, comme une hyène au bout d'une laisse à clous, de Bon Scott, à la prestation gutturale très mimétique de Brian Johnson... Back in Black, et ses singles (la plage titulaire, Hells Bells, You shook me all night long, Rock 'n' roll ain't noise pollution) a donc marqué le public et l'industrie et reste malgré tout un repère indiscutable dans la discographie des kangouristes en costumes d'écoliers... Juste en conclusion, mon exemplaire de Back in Black n'est pas compris dans les statistiques de vente, ces fameux 49 millions, car c'est un pressage pirate (allez, Sony, EMI, ClearChannel, Mutt Lange, quelqu'un, n'importe qui, j'ai acheté un disque pirate, venez me jeter en prison, bafouez mes droits de l'homme, torturez-moi dans une baignoire, je cause la crise du disque à moi tout seul, Jérôme K., attends-moi, j'arrive) que j'ai acheté, pour l'équivalent de 20 francs belges (comme un beau billet vert avec Baudouin tout jeune derrière ses lunettes) dans une autre vie de bourlingueur, au sein du Sungei Wang Plaza du quartier de Bukit Bintang... Voilà, tout ça en vingt minutes, bravo, merci, bon carnaval, bonnes giboulées, à bientôt.
10:21 Écrit par Pierre et petit pain dans Far East & Down South, Krang Kerrang | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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01.02.2011
317. "AT FILLMORE EAST" The Allman Brothers Band
Et depuis la dernière fois qu'on s'est parlé, les Belges ont versé bien des larmes en attente d'un hypothétique gouvernement tandis que Tunisiens et Egyptiens versent le sang pour se débarasser de leurs dirigeants... Et la flore assurant l'équilibre de mon transit a clairement choisi son camp lorsqu'elle s'est révoltée contre sa belle-famille intestinale... Nul doute que la nouvelle vague de froid qui vient nous transir est à blâmer dans ce dérangement tripier, qui n'est jamais comique (...comique tripier... non, aucun preneur pour ce calembour ?...mauvais public, va!)... Un bon ressenti sibérien qui a donc, aussi, envoyé les pics de pollution crever les plafonds sanitaires de santé publique, entraînant, comme de juste, le dispositif "smog" et sa ribambelle de contraintes, la plus populaire n'étant certainement pas la limitation de vitesse... Un rapide sondage, constaté sur le terrain, nous apprend que le taux de conducteurs respectant le 90km/h sur autoroute ne dépasse pas les 15% et chute lourdement (probablement en-dessous des 10%) si on inclut ces enfoirés de routiers poids-lourds qui ont clairement oublié qu'ils étaient sympas du vivant de Max Meynier... Et c'est évidemment, les plus rockologues des lecteurs de ce beulogue le savent déjà, de non-respect des limitations de vitesse et de chauffeurs de camion à l'imprudence assassine qu'il sera question aujourd'hui puisque l'histoire du Allman Brothers Band est définitivement marquée par la mort de Duane Allman, le 29 octobre 1971, lorsqu'il est venu empaler sa moto à l'arrière d'un poids-lourd qui avait oublié d'utiliser ses avertisseurs lumineux alternatifs de changement de direction (voilà, comme ça pas de bagarre entre les tenants francophiles du "clignotant" et les aboutissants belgicains du "clignoteur")... Le mythique "At Fillmore East" présenté aujourd'hui a été enregistré à la mi-mars (les 12 et 13, pour être exact) de cette même année 1971, dans la non moins mythique salle "Fillmore" qui devait fermer peu après (et abrite, quarante ans plus tard, une succursale bancaire; est-ce là une simple coïncidence ou un glaçant résumé du tout-au-marché qui finira bien par manger nos fils et pousser nos filles sur le trottoir et vice-versa? Saloperie de capitalisme... ah, ça soulage, je vous conseille un bon "saloperie de capitalisme" une fois de temps en temps, ça coûte moins cher que d'élever des chèvres et c'est moins salissant qu'une bombe à clous)... Donc, "At Fillmore East", en sept morceaux pour un total de 76 minutes, offre un portrait éclatant de la fratrie Allman juste avant les drames précités... Et prouve sans mal que les garçons plein de pilosité faciale étaient des musiciens excessivement capables... Sans renier leur assise blues-rock-boogie carrée et répétitive (et que l'on sait que je n'aime pas ça), les Allmans avaient surtout une maestria dans l'art du solo et du maintien d'intérêt du public dans des improvisations parfois longuettes ("Whipping Post" qui plafonne à 23 minutes et clôt ce disque n'est en fait qu'un extrait de la version live complète qui pouvait, selon l'inspiration de Duane à la guitare, Greg aux claviers et Dickey Betts à l'autre guitare, Berry Oakley à la basse et, aux fûts, JJJ et Butch, flirter allégrement avec l'heure de musique)... La force, au final, du band était cette capacité à décoller les étiquettes et défoncer les boiboîtes de rangement... Forcément blues-boogie, les Allmans étaient aussi des précurseurs du hard-rock et, mieux, n'hésitaient pas à inclure dans leurs longues jams des références au répertoire de la musique classique et, surtout, au jazz, à travers de nombreuses constructions rythmiques et progressions tonales qui leur ont, à plusieurs reprises, valu des comparaisons avec John Coltrane ou Miles Davis... Quittons nous sur une anecdote comme une autre, qui permettra aussi de rappeler que la drogue, c'est comme le capitalisme, ça peut être fun au début puis quand on comprend que ça appauvrit, ça abrutit et ça tue, c'est tout de suite moins comique (tripier, je vous rappelle... non, toujours pas?)... L'anecdote en question s'appelle "Pourquoi les membres du Allman Brothers Band sont hilares sur la pochette de ce disque alors qu'il était notoire qu'ils détestaient se faire photographier?"... Alors, je mets mes lunettes d'Oncle Paul sur le nez (alors ça, c'est pas une référence pour les moins de 30 ans) et je vous explique... La session de photos traînait lourdement, le photographe ne parvenant pas à obtenir la moindre réaction des six gaillards... Soudain, Duane (deuxième en partant de la gauche sur la couverture de cet album, n'hésitez pas à cliquer sur la vignette pour voir l'image en plus grand) voit passer un de ses amis dealers dans le coin, il se lève en furie et se rue sur le marchand de mort lui acheter une portion de merde... Il revient s'asseoir et se rend alors compte que la session photos est toujours en cours, il camoufle alors le sachet d'herbe dans son entrejambe, le couvrant à la va-vite de ses mains, entraînant l'hilarité générale de son frère et de ses potes... Et l'instantané devient la pochette de ce qui reste encore aujourd'hui l'un des plus grands albums live de l'histoire de la musique rock.
10:47 Écrit par Pierre et petit pain dans Muddy Feet | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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25.01.2011
316. "ELASTICA" Elastica
Il y aurait beaucoup à dire et si peu de temps pour reprendre sa respiration, risquant de voir les plus faibles tomber en syncope le cerveau trop peu perfusé, que nous allons plus que probablement nous rendre (mais sans drapeau blanc) à l'essentiel... Même si, ne nous voilons pas la face (en tout cas ni niqab ni burka), Michel de Nostredame lui-même n'avait pas la moindre idée de ce qu'il racontait... Or donc, pour comprendre Elastica, sa percée fulgurante des deux côtés de l'Atlantique au printemps 1995, son record glâné à l'époque de "premier album d'un groupe rock à s'être vendu le plus vite au Royaume-Uni" et, surtout, sa disparition aussi rapide à l'été 1996, il faudrait aussi se lancer dans une longue analyse mémétique qui dépasse allégremment le cadre bon enfant de ce blog léger, agréable, primesautier et diablement sexy (tout moi, quoi)... J'esquisserai plutôt, tel un action painter fébrile, le portrait de ce groupe à grands traits... A savoir, la leadeuse (et principale auteure-compositrice) Justine Frischmann avait été, au tout début de la décennie, amante de Brett Anderson et cofondatrice, avec lui, du groupe Suede... Lorsqu'elle quitte Anderson pour Damon Albarn (âme de Blur, aujourd'hui chef des Gorillez), leur couple devient le chouchou des tabloids britanniques... En ce même temps (nous sommes donc en 1993-94), NME (l'hebdomadaire New Musical Express) décide d'aligner sa force de presse et de promo derrière un petit groupe de bands émergents, dont forcément Elastica, qui se retrouvent affublés de la grotesque étiquette "New Wave of New Wave"... Trois premiers singles ("Stutter", "Line Up" et "Connection", pas loin d'être les trois meilleurs morceaux de la plaque) égrénés de 1992 à 1994 finissent d'exciter le public, qui passe donc massivement à l'acte d'achat quand le disque arrive "enfin" (on peut aussi soupconner une tentative de créer le manque de la part de la maison de disques, Deceptive Records, fondée par un DJ de BBCRadio1) dans les bacs... Quid, dès lors, après l'ascension, de la dégringolade ?... Le contexte dépasse les seuls Elastica (trois filles et un gars) et touche toute la "New Wave of New Wave" : le 14 août 1995, Blur et Oasis sortent de manière concomitante le premier single de leurs albums respectifs, la rivalité que la critique veut y déceler ne laissera plus la place à d'autres groupes que ceux étiquettés "Britpop"... Surtout, la véritable New Wave (les groupes Wire et The Stranglers en tête) va attaquer Elastica de front, pour suspicion de plagiat; les tribunaux ne se saisiront jamais de l'affaire (tout est réglé à l'amiable par transactions pécuniaires) mais la réputation du groupe s'égratigne salement... Enfin, Annie Holland, la brightonienne bassiste de la bande (c'est pas de l'allitération, ça ?), dont le frais minois de petit chaperon rouge a certainement participé au succès multimédiatique du quatuor (dont les trois autres ont, franchement, plus l'allure du grand méchant loup), décide de rentrer chez elle, revoir son pier, son aquarium, sa famille et ses amis... Pont d'chance (comme on dit chez nous), cette défection tombe juste avant le départ du groupe en tournée américaine via le festival Lollapalooza... Et re-enfin, pour de vrai, après c'est vraiment fini, on voudrait croire que c'est le seul argument qui a réellement entraîné la disparition d'Elastica mais le public d'il y a quinze ans est globalement le même qu'aujourd'hui et le public d'aujourd'hui il écoute les Black Eyed Peas et il vote pour M.Pokora aux NRJ Music Awards, mais, donc, mais, surtout, on espère, mais, avant tout, l'album éponyme d'Elastica n'est pas bon... Pas bon du tout... Enérgique, d'accord, nerveux, oui, incisif, peut-être... Mais mélodieux, inspiré, durable, ça non, alors, misère que non, pas bon, pas bon, même Nostradamus, sur ce coup, pourrait vous le dire.
10:41 Écrit par Pierre et petit pain dans For the love of Liz, Safety Pin | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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18.01.2011
315. "LOW" David Bowie
Il faudrait tout de même une bonne fois expliquer aux gens mauvais que nous avons autre chose à faire, le matin, que subir leur bêtise et leur attachement fasciste à la lettre du règlement au détriment du bon sens dont n'importe quel être humain un rien éduqué est capable de faire preuve... Mais, dans la grande balance taoiste de la vie, je peux me réjouir d'avoir, cette fois-ci, sorti, vif et cinglant, la bonne répartie au bon moment... "Si le règlement, c'est le règlement, y'a plus qu'à renvoyer les juges de tous les tribunaux et les remplacer par des machines, bonne journée madame"... En 1977, David "Bowie" Jones, qui ne doit pas être le dernier des psychorigides dans son genre, rêvait justement plus ou moins de fondre sa peau et ses organes dans le plastique et les polymères mécaniques... Et, prouvant une nouvelle fois qu'il n'est jamais meilleur que lorsqu'il est bien secondé, Bowie sortait "Low", disque cyborg surgi des entrailles de Brian Eno, mutant au front dégarni cachant mal un cerveau sans cesse ébouilli, et première balise de ce que la critique a rapidement intitulé "la trilogie berlinoise" (Berlin Trilogy, en anglais; ce qui n'a rien à voir, cela dit en passant, avec les romans d'un certain Philip Kerr, publiés au tournant des 80's-90's; ici, on parle de musique, pas de livres même si la musique, c'est la lecture par les oreilles, mais bref, essayez d'écouter avec les yeux, je vous promets bien du plaisir, ah la la)... Or que donc, que David Bowie, c'est de lui qu'on parle aujourd'hui, recycle pour sa pochette une photo d'un film dans lequel il vient de tourner, c'est particulièrement multimédia en ce jour, et qui s'appelle "The Man who fell to Earth" et qui n'a vraisemblablement pas marqué l'histoire du septième art (mais auquel Bobow devait viscéralement tenir puisque c'est déjà un still de ce tournage qui avait servi de pochette à son disque précédent)... Soulignons, c'est quasiment contractuel, le jeu de mots visuel entraîné par la pochette: le terme "low" surplombe David de profil, on en déduit dès lors qu'il fait "profil bas" sur cette plaque (ce qui n'est pas un mal après les assauts mémétiques de Ziggy Stardust et Aladdin Sane, il est clair qu'ici, c'est la musique qui occupe le devant de la scène, pas le showman androgyne)... Enter Eno, cofondateur du Roxy Music, rapidement parti explorer des contrées musicales vierges, inventant quelques années auparavant la musique discrète (appelée aussi musique d'ambiance, même si ce vocable évoque autant des désodorisants dont vos copines croiront qu'il s'agit de sculptures modernes ou de galets ramassés sur une plage grecque plutôt que d'une avancée majeure dans la création musicale du vingtième siècle mais on s'égare un peu)... Fort de ses expérimentations musico-technologiques, Brian Eno noue des liens d'amitié avec bonne part de la scène psychédélique et cosmique ouest-allemande de l'époque (et que la critique britannique baptisera, à tort, de Krautrock)... Eno vient d'ailleurs de réaliser un (magnifique) album avec Harmonia (supergroup malaxant les méconnus mais immenses Cluster et Neu!) et c'est tout ce bagage qu'il vient livrer au pieds d'un Bowie qui se cherche clairement de nouvelles jungles à traverser... Celle-ci sera définitivement urbaine, de verre, d'acier, de béton et de fin de siècle... Avec ce manque de vergogne qui caractérise l'ensemble de sa carrière, Bowie remâche et recrache tous les codes du "kraut"... Les sonorités sont froides et plastiques, la rythmique est forcément "motorik" (un rythme 4/4, j'ai pas fait mon solfège, m'en demandez pas plus, typique de cette scène ouest-allemande)... Tout en déroutant une part de son public, Bowie bluffe les autres, s'attribuant le manteau d'avant-garde dans lequel Eno vient de l'emmitoufler... Tiens, juste pour le plaisir de chichiter, il est aussi cocasse de souligner que cette première galette de la trilogie berlinoise a surtout été enregistrée au château d'Hérouville, à Hérouville, dans la France comme son nom l'indique, hein, que c'est cocasse ?... Low offre aussi un joli cas d'école sur le besoin d'avoir du recul et émotionnel et temporel pour juger au mieux les oeuvres artistiques; lorsque le disque paraît, 39 minutes en 11 chansons, une grande majorité de critiques préfère nettement la face A, plus "carrée", plus "chansons" alors qu'aujourd'hui, c'est la face B, totalement décomplexée et expérimentale qui recueille les hourras, les bravos, les encore-encore... Et de cette face B, histoire une nouvelle fois de prouver que tout est dans tout (ça pourrait devenir, limite, le nouveau nom de ce blog car, vraiment, et en aparté freestyle, se croire, parce qu'en tant qu'humain on se retrouve doté de sensations autoconscientes, n'être qu'une nef, détachée des lois de nature et voguant seule et droit devant, au mépris, si besoin est, des autres vaisseaux, c'est là, la voie directe au naufrage et, pour ceux qui veulent y croire, à la damnation infernale éternelle; en conclusion, donc, oui, tout est dans tout), de cette face B, donc, retenir "Warszawa", ce morceau épique, à la rare intervention scandée par Bowie dans des sonorités faussement slaves, sur lequel Eno donne, par contre, toute l'amplitude de sa vision... Morceau qui, donc, puisque, c'est la leçon du jour, tout est dans tout, lancera l'inspiration du jeune Ian Curtis et de ses amis, qui allaient au tournant de la décennie 70's-80's fonder le groupe Joy Division... Mais foin de tels détails, là où Low, aussi, frappe dur, c'est, et nonobstant le clivage entre faces A et B, dans sa cohérence complète, son unité d'atmosphère et d'inspiration, son écho d'une justesse rare de cette époque pas si lointaine où l'on croyait encore que le progrès était forcément, et toujours, la panacée... Ai-je vraiment dès lors besoin de le dire ? -Low doit se trouver dans toute discothèque qui se voudrait un rien crédible.
12:11 Écrit par Pierre et petit pain dans Bibibiiip, For the love of Liz | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note |
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06.01.2011
314. "LONDON CALLING" The Clash
Qui peut donc croire qu'il aura fallu plus de trois cent entrées à ce blog avant qu'on finisse par y parler de The Clash ?... Hey, meilleurs voeux et tout ça, en tout cas, santé, bonheur, travail, patrie, exploration spatiale, science des particules, éthologie méméticienne, et, au pire du pire, 365 raisons (minimum, car il y a tout de même trois repas chaque jour et le moral ça varie avec le taux de remplissage du stoumaque, tout le monde sait ça) de pas se faire sauter le caisson... Et, par dessus le marché (Camden, Portobello ou Spitalfields, c'est à vous de voir), un beau disque des Clash (que personne ne peut croire qu'il aura fallu plus de trois cent entrées à ce blog avant qu'on finisse par et pourtant c'est comme ça)... Un beau disque qui est tellement beau que vous le retrouvez régulièrement dans le top 10 des meilleurs albums de tous les temps, voire, pour les plus aventureux qui découpent leurs classements par tranches temporelles, dans le top 1 des disques parus à partir de 1979... Car force est de constater que peu de plaques ont résisté à l'usure du temps, et surtout de l'écoute, autant que l'opus magnum des Clash, leur troisième disque, ce London Calling paru à l'époque sous la forme d'un triple LP... Trente-deux ans plus tard, des roulements de basse de l'intro de la plage titulaire qui ouvre ce long voyage jusqu'à l'arrivée en gare du Train in Vain qui clôt la copieuse galette (des rois, d'ailleurs, vous n'aurez pas loupé l'épiphanie qui est aujourd'hui ou demain, c'est selon que vous saurez résister à l'appel de la frangipane ou non), l'inventaire dressé par le quatuor filerait presque le vertige... C'est qu'en 1979, les racines punk hardcore sont définitivement enterrées profond dans le sol et l'arbre robuste ne cache pas la forêt des inspirations diverses plus que jamais azimutées par Joe, Mick, Paul et Nicky... Rockabilly, ska, reggae, jazz, cabaret, new wave et hard rock ne sont que quelques-unes des balises posées dans ce long mais jamais écoeurant disque dont on se demande, en toute objectivité, s'il est possible d'y apporter une critique négative... Il faut espérer que oui, sinon c'est ma bonne résolution d'être encore plus désagréable et associal que l'année dernière qui va direct voler en l'air... Allez, mettons fin à cette première chronique (qui a mis la barre assez bas pour me laisser une marge de progression durant l'année) de la cinquième (déjà ? misère, mais c'est qu'on vieillit tous en route vers la mort !) année (enfin, ça ne sera officiellement qu'en novembre prochain) de ce blog avec un petit exercice de comparaison de pochettes de disques... Paul Simonon est en train d'exploser sa basse bardé de lettres roses et vertes, c'est acquis, The Clash s'est inspiré de la pochette du premier album d'Elvis pour le label RCA... Il est amusant (enfin, c'est moins amusant qu'un gros baudet qui fait son malin puis qui trébuche et s'étale mais c'est amusant assez en ce début janvier tout plein de maladies) de noter que le groupe Big Audio Dynamite avait été fondé par Mick Jones après la première dissolution de The Clash... Et que Katherine Dawn a toujours vécu dans le culte du King... Et que Tom Waits, euh, non, rien.
11:44 Écrit par Pierre et petit pain dans For the love of Liz, Safety Pin | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note |
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25.12.2010
313. "A Christmas Cornucopia" ANNIE LENNOX
De retour de Londres, de manière quasiment miraculeuse, avons échappé aux files interminables causées par la gestion minable d'Eurostar des intempéries du solstice d'hiver, autour du bâtiment harrypotteresque du Pancréas béatifié... Le karma voudrait que l'insolente fortune qui a présidé à cette merveilleuse escapade se paie plus tard, on verra... D'ici là, retour aux pénates en temps et heure pour un réveillon christique et familial bien mérité, avec, en bande-son, comme de juste, histoire d'oublier, un soir l'an, que nous ne sommes pas croyants, des chansons de Noël... Et tant qu'à faire, utilisons emplettes de ces quatre jours (ces gens-là, de l'autre côté de La Manche, sont déjà dans leurs soldes, voyez-vous) marqués par des chaussures en tartan (moi) autant que bicolores à fermeture éclair (toi), des chanteurs-danseurs à brillantine (eux, au Picaddilly Theatre), les premiers cent grammes de coton en layette pour la vedette de mi-juin 2011 (elle ou lui) et, bien sûr, une brouette de disques... En l'occurrence, et ça ne pourrait pas être plus de circonstance, ce tout nouveau, tout beau, tout chaud, tout show, "A Christmas Cornucopia" de l'autoproclamée "La Lennoxa"... Annie Lennox, donc, la cinquantaine bien entamée, s'est offert un cadeau qu'elle lorgnait depuis longtemps, cédant à une tradition bien ancrée chez les anglo-saxons, elle s'est fendue de son album de Noël... Mais bien loin des regurgitations ultracommerciales d'une Mariah Carey (par pur exemple et pas pour s'acharner sur cette dinde qui ne cristallise pas à elle seule, malheureusement, les maux de la musique populaire), la longiligne chanteuse d'Aberdeen, qui a définitivement déteint sa touffe rouge de ses années quatre-vingts avec Eurythmics, déverse donc une corne d'abondance de Noël sur le monde qui n'en demandait peut-être pas tant et réalise un joli coup... Le succès financier fait peu de doute, la réussite artistique, à l'écoute même en diagonale, non plus... D'autant que c'est bien ce disque qui a le plus tourné, hier soir, pendant le réveillon précdemment évoqué (les malsains rongés par la curiosité, c'est ça aussi la blogosphère, se régaleront de savoir que nous avons mangé un peu de foie gras, bouh les méchants qui font souffrir les oies, pas mal de fromage fondu et de viande grillée, tiens j'entends personne pour déplorer le sort de la raclette qui se meurt sous une resistance brûlante, des bulles plein la coupelle)... D'un niveau de production incritiquable, l'album s'articule autour d'un concept pourtant vulnérable par temps de verglas: Annie s'est donné pour mission de revisiter des carols traditionnels tout en évitant les sentiers battus... Le jury n'est donc pas resté cloîtré longtemps pour rendre son verdict, le résultat est réussi au-delà de bon nombre d'espérances... En invoquant ses racines celtes par ici, en triturant son piano par là, en mélangeant cordes et cuivres sans parcimonie, en osant même le français (avec bien peu d'accent sur Il Est Né Le Divin Enfant) et, surtout, en convoquant partout l'impressionnant "African Children's Choir", Annie Lennox s'est surtout fait plaisir et c'est peut-être aussi parce que ça s'entend malgré le côté hautement professionnel de l'affaire, que ce disque de Noël fonctionne si bien et que nous osons même, ah la la, vous le conseiller... L'artiste a, elle-même, résumé l'intérêt qu'elle a trouvé à sa démarche, dans une interview en ce matin du mercredi 22 décembre, sur la BBC, on vous traduit de mémoire: "J'ai toujours voulu faire un album de Noël; je me suis enfin décidé à réinterpréter mes carols préférés à la fin 2009. Comme j'ai voulu bien faire les choses, j'ai pris toute une année pour enregistrer ce disque... C'était merveilleux de pouvoir chanter In The Bleak Midwinter en plein milieu de l'été"... Allez, c'est donc Noël, petit jésus pleure déjà, le capricieux qu'il est d'attendre son or, sa myrrhe, son encens, il aura droit, aujourd'hui, comme vous, à la vidéo via youtube (blablabla) de "God Rest Ye Merry Gentlemen" en version 2010 hyperaddictive d'Annie Lennox.
14:55 Écrit par Pierre et petit pain dans Xmastime | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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18.12.2010
Joyeux tout ça
Et que voici une minute trente de grands sourires de circonstance, histoire aussi de patienter avant une reprise plus ou moins normale des activités de ce blog, vidéo via youtube et tout ce blabla juridique.
12:37 Écrit par Pierre et petit pain dans Messages personnels | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |
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29.11.2010
312. "IN THE GARDEN" Bob Dylan & various artists
Et pourquoi pas, après tout ?... Pourquoi pas présenter aujourd'hui un disque tout juste légal, survivance d'un temps où certains pays d'Europe (en l'occurrence, l'Italie mais l'Espagne appliquait aussi cette exception légale) permettaient l'édition de disques non-officiels nonobstant (tiens, y'avait longtemps, un bon nonobstant) cotisation adéquate auprès de l'organisme national de gestion des droits d'auteur patrimoniaux ?... Ainsi, le label KTS-Kiss The Stone s'était spécialisé dans les publications de concerts de tout ce que la planète musique populaire pouvait avoir de vendeur à l'époque (c'est-à-dire grosso modo des débuts du CD en tant que nouveau support normatif, à la mi-80's jusqu'à l'uniformisation de la législature européenne en matière de droits patrimoniaux, à la mi-90's)... Juste un détail en passant, nous ne sommes bien pas ici dans le milieu interlope du disque pirate et du bootleg mais simplement donc dans un produit paralégal venu d'un pays où il ne pleut pas mais où l'on voit souvent rejaillir le feu d'un ancien volcan, etc. etc. bref, en Italie, donc, on l'a déjà dit... Or, fin 1992, surgit cet enregistrement intégral du concert donné le 16 octobre au Madison Square Garden; grande fête new-yorkaise, nouba pleine d'invités, pour célébrer les trente ans de sortie de "The Freewheelin' Bob Dylan", deuxième album du folkeux mijuif, balise, s'il en est, dans la musique américaine et mondiale... Le tout avec un son d'enfer puisqu'on vous l'a expliqué deux paragraphes plus haut, nous ne sommes pas ici dans le milieu interate du disque pilope ou quelque chose dans le genre... Pour célébrer ces trois décennies du sieur Bobby Dylan au sommet de la pyramide des ACI de l'Oncle Sam, les organisateurs avaient donc rassemblé un fameux gratin et beaucoup plus de crème et de viande que de patates (c'est rapport au gratin dauphinois et c'est pas loin d'être mon aparté le plus nul de tout ce blog)... (et à partir d'ici, ça s'écrit tout seul) Le casting est pléthorique, que dis-je, gothesque, comment, absolument tout le bottin rockain est là, mon bon Jeeves (les fans de Wodehouse se régalent), alors ça donne, par ordre alphabétique et de manière exhaustive (histoire de gagner un max de place et donner l'impression qu'il y a vraiment beaucoup à lire sur ce blog) The Band, Johnny Cash, Rosanne Cash, Tracy Chapman, Eric Clapton, George Harrison, Richie Havens, Chrissie Hynde, Kris Kristofferson, Roger McGuinn, John Mellencamp, Pearl Jam, Tom Petty and the Heartbreakers, Lou Reed, George Thorogood, Johnny Winter, Stevie Wonder, Ron Wood, Neil Young et bien sûr, His Bobness lui-même, seul puis accompagné de ses plus proches... Petite note à moi-même: mon chou (bon, je me mèle pas de comment vous vous appelez dans le miroir alors, hein, merci), comprends-tu enfin mieux comment et pourquoi tes goûts d'adolescent (alors oui, en 1992, j'étais pas encore un adulte et prout à celui qui dira que je suis pas encore un adulte en 2010, prout, prout, prrrrtt) se sont forgé à contre-courant de tes congénères qui écoutaient alors Technotronic, Whitney Houston (and Iiiii Iiii aïe will alwayyyyys love yoou oouh), Roxette ou, même, Nirvana ? Oui, mon mignon (ah oui, je m'appelle pas le même quand je me questionne ou quand je me réponds, c'est un peu ça le principe, sinon à quoi ça sert de se parler, à part à inquiéter les gens, si c'est à voix haute, dans le métro, quoique, au jour d'aujourd'hui, avec ces téléphones portables en mini-oreillette, y'a des aliénés urbains qui sont juste en train de s'engueuler en direct avec leur copine, pour de vrai), je me comprends enfin... Et de vous quitter sur une ultime anecdote, peu intéressante mais simple prétexte à taper une photo (une tof, pardon, une tof) de plus sur cette page... Confronté à des échos venus du vieux-monde (ça, c'est chez nous) du succès de vente de ce disque, les boursocordonteneurs des USA (ça, c'est chez eux) se décidaient à sortir, un long dix mois plus tard, une version officielle de ce concert, que c'est bien sûr celle-là et celle-là seule que vous pouvez espérer trouver en boutique de nos jours, si vous le cherchez, ce disque ressemble à cela:
PS: ça m'arrive d'être parfois un peu lent de corps, malgré un esprit vif comme le mercure (et probablement aussi toxique) et je viens donc seulement de me rendre compte que si on cliquait sur les photos, des fois on les faisait apparaître en plus grand dans une nouvelle fenêtre et je pense bien que c'est le cas pour cette pochette qui se constitue d'un joli collage des vedettes qui ont pris part à ce concert anniversaire en 1992... On regarde pas à la dépense chez skynet, c'est certain.
20:04 Écrit par Pierre et petit pain dans Dust Blowin', GAM (good american mainstream), Muddy Feet, TAS (talented american songwriters), TP&HB, Yee-haw! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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27.11.2010
311. "JEWELLERY" Micachu
Week-end de couenne après semaine sans bas de laine, les frimas sont là et les écueils, comme les noisettes des écureuils, sont rangés dans le tronc d'arbre jusqu'au retour de la disette... Heureusement, la vie c'est rien que des teintes de gris et dans le clair-tire-au-cassé, y'a les papattes qui poussent au bout du futur-né... Dans cette ambiance, entre galère et croisière, la bande-son se doit d'être un joyeux foutoir... Découverte l'année dernière, entre équinoxe et solstice, derrière les autres falaises, Micachu, alter-ego vaguement pokéballesque d'une certaine Mica Levi, manie ce difficile art du "je fais avec sérieux des choses qu'il ne faut pas prendre au sérieux"... Réellement solfégifiée, pouvant manier piano ou violon (c'est selon), Micachu a, en fait, jeté son dévolu sur une guitare-maison, aux cordes en nylon... Il en ressort des chansons courtes, aux compositions bancales et aux textes souvent sybillins, sur des mélodies parfois inexistantes, parfois répétitives jusqu'au vertige, plus rarement copié-collé du grand bouillon de l'inconscient musical collectif... Bref, Micachu, ça excite ou ça irrite mais ça refuse le camaïeu de gris... Sur une bonne partie de ce disque inaugural, la petite créature au F sur le passeport mais au "ça reste à prouver" sur le visage, s'offre le soutien des Shapes, une claviériste (qui écope du rôle ingrat de donner un semblant de structure aux puzzles démontés, rubik's cubes brisés que sont les morceaux de cette plaque) et un percussioniste qui, lui, par contre, ajoute avec allégresse au chaos quasi cacophonique de cette carte routière qui aurait été imprimée à l'envers et en deux échelles contradictoires... Mais le subterfuge tient bien sûr moins sur scène, on voit alors qu'il y a un truc, que le lapin est sorti du chapeau parce qu'il y avait un drap noir qui recouvrait les pieds du pupitre, que la femme sciée en deux cachait deux naines jumelles sous sa longue robe, que Micachu et ses Shapes sont grandement capables de jouer de la musique, qu'ils savent ce qu'ils font et qu'ils arriveront où ils veulent... Nombre d'esprits bougons, ankylosés ou simplement fades, se feront dépasser par la philosophie de Micachu... Car ce qui compte, ici, ce n'est pas de savoir si le verre est à moitié vide ou à moitié plein, c'est de constater à quelle distance les éclats s'envolent si on y balance un coup de batte de cricket.
13:49 Écrit par Pierre et petit pain dans Outside the box | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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11.11.2010
310. "MOJO" Tom Petty and the Heartbreakers
L'armistice, ce n'est certainement pas le plus mauvais jour pour rappeler (bon, c'est férié aujourd'hui, on ne fera pas dans le chiffre ultraprécis avec des virgules et des décimales) que le budget annuel mondial de l'armement légal avoisine allégremment les 1500 milliards de dollars US tandis que le budget annuel mondial de la publicité (qui est certainement la seule chose encore plus inutile que de fabriquer des engins de mort) n'est pas loin de représenter 750 milliards de ces mêmes $... Au-delà de la révolte que ces chiffres devraient provoquer chez tout être humain sain (après tout, combien de millions de fois pourrait-on nourrir les affamés, soigner les malades et réjouir les malheureux avec pareils monceaux de fric?), force est de constater que tout ça, et sans tomber dans du freudisme détestable, ces "ma bombe est plus grosse que ton canon" ou "mon soda brun fait mieux pschitt que ta limonade", ça trahit l'obsession des petits esprits à vouloir à tout prix savoir qui fait pipi le plus loin... Pour rappel, et sans féminisme détestable, quand on fait pipi assis, la distance atteinte par le jet n'a plus d'importance... Bref, tout ce laïus pacificiste et urinaire (je sens venir une lamentable transition) pour évoquer la dernière galette sortie du gaufrier par les Tom Petty and the Heartbreakers que je ne vous présenterai plus puisque vous êtes des fidèles de ce blog (bon d'accord, les autres, infidèles que vous êtes, roumis, goys, pouah, pouah, pouah, révisez les chroniques 1, 34, 61, 79, 100, 113, 123, 160, 203, 213, 214, 215, 222, 247 et 256)... Car le fait est, à mon corps défendant, que Mojo, sorti au dernier solstice d'été, ne fait pas pipi bien loin (voilà, j'avais prévenu que la transition serait lamentable) et, pire, compense ce manque par une miction probablement trop longue; on dépasse sans vergogne l'heure de musique pour quinze plages, ce qui, sans avoir fait maths ni sup' ni spé', nous donne plus de quatre minutes par chanson... En vérité, l'exercice est temporellement très inégal avec un début de disque phagocyté par de très longs morceaux dont First Flash Of Freedom et ses sept minutes qui viennent lècher du côté du prog et Running Man's Bible et ses six minutes de boogie concentrique... L'ambiance musicale générale est plutôt blues-rock (ce qui est pour me déplaire) mais les saillies partent dans tous les sens (ce qui est pour me déplaire aussi) avec un peu de country sur No Reason To Cry, un peu de hard sur I Should Have Known It et, carrément, trop de reggae sur Don't Pull Me Over... Côté paroles, Tom Petty montre de terrifiants signes d'inspiration en berne (ce qui est pour me déplaire surtout) avec, même, des lyrics d'une rare platitude sur Candy, Takin' My Time (peut-être la chanson la plus inepte, musicalement aussi, de tout le disque) et Lover's Touch... Mojo (déjà le titre de la plaque est d'une non-inventivité crasse) souffre aussi peut-être de la comparaison avec les deux excellentissimes précédents opus de la discographie (Highway Companion et Mudcrutch) dont il n'a pourtant pas su briser le signe indien de la pochette de disque hideuse (malédiction qui touche Tom Petty depuis The Last DJ en 2002)... Enfin, comme si j'avais réellement besoin de me convaincre que Mojo est le plus mauvais album du riche et respectable oeuvre tompéttien, j'en appellerai ici à ma théorie du succès grand-public qui stipule, je me cite, que pour obtenir un succès commercial le plus large possible il faut tendre vers le plus grand commun dénominateur artistique et donc vers une certaine médiocrité... Concluons donc comme nous avons commencé, sur des chiffres, Mojo a battu tous les records engrangés auparavant par Tom Petty et ses briseurs de coeur, se classant, à sa sortie, deuxième du Billboard Top 200 des ventes d'albums aux Etats-Unis, écoulant ainsi 125000 exemplaires en une semaine.
11:30 Écrit par Pierre et petit pain dans TP&HB | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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02.11.2010
309. "IMPERIAL WAX SOLVENT" The Fall
Allons-y allons-o d'abord, clap de début, synchronisation image et son, voici la suite de nos pérégrinations pêcheresses (et il n'est pas question de gueuze aromatisée, non) en terres limbourgeoises... Cela dit, en total aparté, mais en visant bien certains élus de ce niveau de pouvoir, le panneau autoroutier annonçant l'entrée en province du Limbourg affiche fièrement "De Limburgers heten u welkom"; n'y a-t-il pas là exemple à suivre pour remplacer les pourris panneaux sans slogans qui rouillent en bord d'E42 et d'A54, nous proposons "Les Hainuyers vous accueillent"... Bien, partis là-bas pour raisons musicales précises, un dimanche après-midi-soirée, n'avons rien vu d'Hasselt en tant que tel mais force est de constater que le complexe Ethias Arena/GrenslandHallen/Plopsa Indoor est impressionnant et pourrait/devrait inspirer les décideurs de la première métropole wallonne le jour proche où le Palais des Expositions va voler sa tronche à terre... Mais fi de toutes ses considérations politicoéconomicoculturelles, nous sommes là pour porter la mauvaise parole du Sinner's Day... Quoique, nouvelle considération il nous faut aborder... En l'occurrence, pourquoi ce nom ?... Faisons bref, le festival est programmé la veille de la Toussaint (All Saints' Day), tirez vos conclusions vous-mêmes, à défaut d'autre chose... Et donc, pour cette deuxième édition, le programme plutôt panaché proposait, entre autres, une prestation de The Fall... Largement absent des préoccupations du grand public (et c'est probablement tant mieux), ce non-groupe dont le turnover varie selon les humeurs de son leader, déclameur, auteur Mark E. Smith traîne pourtant dans l'ombre interlope de l'anti-commerce depuis 1976... Pire, porté par l'inspiration dont on ne sait où s'achève le génie et où commence la folie de son marionettiste, The Fall sort quasiment un album studio chaque année... Imperial Wax Solvent est leur dernier opus en date et il charrie toutes ces obsessions musicales de lancinement, de répétition, de bruit et d'atonalité qui assure d'office à The Fall une place au chaud, mais vraiment bien à part, dans le moindre panthéon du rock... Ce qui fait toute la différence, évidemment, c'est le continu crachat, la logorrhée irrépressible des textes de Smith... Entre poésie, surréalisme, références culturelles, commentaire social et un perpétuel liant de misanthropie, l'Oeuvre de Mark E. Smith impressionne (pour peu toujours que l'on comprenne un minimum l'anglais mais dans le monde d'aujourd'hui on ne va plus nulle part sans être trilingue)... Mais, et re-re-mais, c'est finalement sur scène que l'homme en impose le plus... En un sens... Aujourd'hui cinquantenaire bien tapé, le gaillard arbore fièrement une petite panse à bière en plus de son rictus dérangeant et de cette grosse mèche raplatie de cheveux gras qu'il ne quitte pas depuis trente-cinq ans... En se présentant sur la petite scène du Sinner's Day en pantalon en velours à l'entrejambe pendouillant, comme s'il avait fait, avec une chemise serrée, bleu délavé, Mark E. Smith a immédiatement fait fuir (littéralement, oui) une part du public... Quand il bouge, deux micros dans une main, l'autre crispée, le bras en arrière, l'index tendu vers le sol, imaginez un Michel Daerden un peu rachitique, coincé entre un ulcère de l'oesophage et des retours d'acide, imaginez, aussi, une espèce de Mr Bean dont la naïveté à fait place à la résignation, et qui ferait la sortie des écoles, offrant aux gamins des souris mortes plutôt que des bonbons... En un mot comme en cent, ne connaissant, il y a six mois encore, que la réputation de The Fall et pas leur musique, je sais, aujourd'hui, que je me suis trouvé un nouveau antihéros et je m'en remercie.
12:12 Écrit par Pierre et petit pain dans E's are good, For the love of Liz, Krang Kerrang, Outside the box, Safety Pin | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note |
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01.11.2010
308. "L'EAU ROUGE" The Young Gods
C'est la fin du suspense... que le Limbourg faisait partie de nos préoccupations de ce week-end car nous fûmes du festival indoor Sinner's Day, à l'Ethias Arena d'Hasselt... Là, vîmes moultes prestations musicales, par ailleurs bien inégales mais globalement jamais bancales (à part l'acharnement de Nina Hagen, qui fait quinze ans de plus que son âge, à écouler des gospels à la guitare sèche)... La faune était amusante, sa moyenne d'âge pas loin des plus de 40 balais et le noir, comme de juste, de rigueur dans le dresscode... Appréciâmes, l'âge mûr du public aidant, l'atmosphère de non-agression dans les travées... Le bruit et la fureur étaient avant tout sur les planches, surtout avec nos trois (plus si) jeunes dieux suisses, finalement plus francophones que prévu et qui, comme d'autres mousquetaires, étaient quatre sur scène... Champions du rock industriel, chantres de la cassure de rythme, les Young Gods ont offert l'une des très grandes prestations de ce tout jeune festival (c'était la deuxième édition) dont, cela dit, pour enthousiasmant qu'il soit, le concept porteur risque de rapidement tourner court... En effet, des groupes ou artistes de la période punk/post-punk/new wave qui sont encore physiquement, mentalement et artistiquement montrables en 2010 et des, il n'en reste pas tant... Mais bref, les Young Gods, eux, ont assurés, à notre grande satisfaction de pouvoir secouer nos cheveux en agitant violemment la tête sous les coups de boutoir de leur batterie, avec ces claviers grinçants, une guitare percussive, un chanteur guttural à souhait... Pour illustration, afin de garder un minimum de sens avec l'objet premier de ce blog, et en vous remerciant, leur deuxième album, aux textes entièrement en français, sorti en 1989 sur PIAS... Plus tard, nous parlerons d'autres beaux moments de ce Sinner's Day, là maintenant, il est surtout temps de souhaiter une bonne fête à tous les gens qui sont morts.
10:12 Écrit par Pierre et petit pain dans Cousinages, Krang Kerrang | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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30.10.2010
307. "BOBBEJAAN" Bobbejaan
C'est en mai dernier que Bobbejaan Schoepen a rangé ses éperons pour de bon... Je pourrais utiliser son image pour souligner une fois de plus la perte que subit ce petit pays à se déchirer de l'intérieur car qui, de ce côté de la maudite frontière linguistique, sait le poids historique de Bobbejaan ? Qui peut dire jusqu'où sa longue et riche carrière l'a mené ? Qui connaît autre chose de lui que son parc d'attractions du côté de Lichtaart ? Mais mon rôle n'est pas de fustiger les Flamands pour leur repli identitaire ni de culpabiliser les Wallons pour leur manque d'ouverture vers la culture néerlandophone (Bruxellois et Germanophones échapperont, ce jour, à ma vindicte)... La chose va de soi, le sieur Schoepen était un monument, le premier countryman de tout le continent européen, un homme autant respecté à Nashville qu'à Sint-Niklaas, à Antwerpen qu'à Austin... Mais il était aussi un reliquat de cette autre Belgique qui n'existera décidemment plus, un artiste capable de manier les deux langues et prêt à l'effort plus mental que physiologique que demande le bilinguisme... Pis surtout, c'est ça qui nous intéresse aujourd'hui, Bobbejaan s'est offert une sortie digne de ce Johnny Cash qu'il avait connu quand chacun était tout jeune... Ce dernier disque éponyme, sorti en 2008, évoque déjà par sa pochette les enregistrements American Recordings de l'Homme en Noir... Ici, dans le rôle de Rick Rubin, c'est Daan qui supervise l'opération, prêtant ses talents de guitariste, chanteur et producteur à cette plaque qui voit aussi défiler quelques guests triés sur le volet: Geike "Hooverphonic" Arnaert et Axelle Red, notamment, autre Limbourgeoise particulièrement bilingue... Bien sûr, il y a un côté testamentaire à l'objet, Bobbejaan y réinterprète quelques-uns de ses standards (Je me suis souvent demandé, De lichtjes van de Schelde) et pioche aussi dans le répertoire quasipublic (Le temps des cerises)... Mais l'ambiance de camaraderie presqu'intime teintée du respect, sans être plombée par celui-ci, que l'on devine tout du long prouve sans aucun doute que le vrai patrimoine de Bobbejaan Schoepen ne réside pas dans l'alignement des montagnes russes.
PS: vous le découvrirez bien assez tôt mais il y avait une autre raison à parler d'une personnalité limbourgeoise en ce dernier week-end d'octobre...
09:08 Écrit par Pierre et petit pain dans Eendracht maakt kracht, Yee-haw! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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29.10.2010
306. "CARPE DIEM" Belinda
Donc, de la péninsule du Yucatàn, hotel all-in pur cinq étoiles bien trop de luxe pour nos inclinations à l'ascèse, sur la riviera maya dans l'état du Quintana Roo, nous ne pouvions pas ramener que des épices à pleurer du sang, des alcools à pisser des flammes, des sixcentaines de photos, une brouette inox de souvenirs plein la tête, il y avait, dans les bagages, un disque... Née pourtant sur le vieux continent, dans une autre péninsule, Belinda Peregrin est pour ainsi dire inconnue chez nous, au nord de l'Espagne... Quoique, un rien plus jeune et avant un coup de bistouri rhinoplastique, la demoiselle fut l'une des trois Cheetah Girls 2 Un Nouveau Monde DCOM (dès que vos petites soeurs arrêteront de courir en hurlant à travers la pièce, vous saurez qu'un DCOM, c'est un Disney Channel Original Movie comme, par exemple, High School Musical 1 & 2, Les Sorciers de Waverly Place Le Film, Princess Protection Program Mission Rosalinda, Camp Rock 1 & 2, Harriett La Petite Espionne, Une Superstar Malgré Elle, bref, bref, bref, on s'égare dans les méandres de la fabrique de petites souris aux oreilles surdimensionnées)... Tout ça pour dire que Belinda n'a pas nécessairement le plus crédible des curriculum vitae à faire valoir... Et de fait, sans charrier la miévrerie de Walt son usine à abrutir les titinenfants, le cidevant troisième album de la superestrella mexicana évite grandement de sortir des sentiers rebattus... Heureusement, en plus d'être the disque que nous avons ramené de là-bas, Carpe Diem a le bon goût de s'articuler en quasiment deux faces distinctes... Les morceaux 1 à 4 et 8 s'embourbent dans une ambiance synthédance toute actuelle, vide de sens mais riches de ces sonorités électroniques irritantes qui font remplies les panses de, par exemple, les Black Eyed Peas... Plus loin, les chansons 5 (le très amusant "Lolita", n'hésitez pas à écouter ça via vos sites de partages vidéo préférés),6,7 et 9,10,11 sont bien plus écrites, construites, charpentées sur une mélodie, du piano, des guitares... Bien sûr, la tête de veau, euh, les rognons de boeuf, hmm, la langue de Cervantes, disons, aidant, on pense, souvent, à Shakira... Comparaison certes flatteuse pour la petite Belinda dont, cela dit, le frais minois et les origines ethniques variées, peut laisser croire à une offensive internationale, en anglais donc, dans une paire d'années au plus tard.
20:09 Écrit par Pierre et petit pain dans Far East & Down South | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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13.10.2010
305. "SONGS OF A CIRCLING SPIRIT" Tom Cochrane
Nous avons déjà causé en son temps dudit Cochrane, Tom... Injustement méconnu, héros boudé de la chanson-rock canadienne, récipiendaire pourtant ô combien méritant du surnom "the thinking man's rocker", tout ça se trouve en substance repris dans nos chroniques 38 et 178 (à vous de contrefouillez ce blog, si ça vous occupe)... En vérité, et nonobstant (ka-ching) l'éblouissante qualité du disque aujourd'hui présenté, tout ceci n'est qu'une excuse... Une excuse pour évoquer les cenotes sacrés, les temples de pierre, les jeux de pelote, la selva maya, la mer des caraïbes, les tortues marines, les iguanes, les coatis, d'exceptionnelles vacances... Une excuse pour brosser quelques couleurs dans le genre le crème de la mousse de la pinte de stout, le noir du calcaire des falaises, le vert des pâturages de boeuf, le roux sur les crânes, tout le prisme des arc-en-ciels omniprésents, un exceptionnel séjour dans lequel travail et éclats de rire se sont fondus... Songs of a circling spirit sort en 1997; avec deux complices pas plus, l'un aux percussions, l'autre aux guitares et à la mandoline, Tom Cochrane s'offre, pas besoin de MTV sur ce coup-là, son propre concert débranché... Et forcément, c'est l'occasion pour lui de survoler sa déjà riche carrière, depuis le "Lunatic Fringe" qui avait lancé son groupe (Red Rider) en 1978 jusqu'au "I wish you well" qui ouvrait son dernier album studio en date (Ragged Ass Road, 1995) et vient ici conclure cette délicieuse escapade acoustique... Les douze étapes de l'excursion prouvent in fine une seule chose, mais de manière indéniable: Tom Cochrane est un auteur-compositeur au talent énorme et, probablement, irrépressible... Mais tout ça, donc, ce n'est qu'une excuse... Une excuse pour lustrer les plumes de la cigogne dans le bon sens, pour garder un oeil attentif sur le champ de choux, pour prévenir l'Humanité, chétive et abrutie, qu'elle a bien eu tort de se croire à l'abri, que sa nouvelle maîtresse et/ou son nouveau maître sera bientôt là... (rire maléfique allant crescendo en guise de conclusion).
10:47 Écrit par Pierre et petit pain dans TAS (talented american songwriters) | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |
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20.08.2010
304. "BOOM BOOM" Richard Desjardins
Charles d'Avray nous l'avait dit dans son "triomphe de l'anarchie" dont chacun préfèrera la version historique des Quatre Barbus ou la réinterprétation des René Binamé: "Tout est à tous, rien n'est à l'exploiteur"... Moins dogmatique, tout aussi efficace, l'ami Richard conclut "Y va toujours y avoir" (dont on reparle plus loin) sur le lapidaire: "Y'en a qu'on tout' pis toutes les aut' y'ont rien"... C'est l'un des arguments objectifs qui permettent d'affirmer que Richard Desjardins, aussi peu productif soit-il (on en est à six albums studios depuis 1981) est le plus grand auteur-compositeur-interprète vivant de langue française: personne n'a son talent pour conclure ses textes, trousser des épilogues à ses histoires chantées... Et "Boom Boom", sorti en 1998, n'échappe pas à la règle... Je ne pourrais pas entrer dans les détails sans déflorer la beauté intrinsèque de ces morceaux mais faites-moi confiance si je vous dis que "Senorita", "La maison est ouverte", la plage titulaire, "Söreen", "L'engeôlière" et "Y va toujours y avoir" (soit la moitié du disque, quasi) jouissent de chutes qui coupent le souffle et enragent tous les aspirants-ACI à l'aune du cruel "pourquoi j'y avais pas pensé moi-même"... Autre argument, de poids et absolument irréfutable, en faveur du statut de Richard au sommet de la chaîne alimentaire des poètes vivants: il n'en a rien à faire et, mieux, il niera toute tentative de l'en convaincre, sans fausse modestie... "Boom Boom", autant le surnom de l'héroïne de cette même chanson que l'irrépréssible battement du palpitant, c'est du pur Desjardins: sa voix, ses émotions, un piano ou une "guétard", jamais les deux en même temps... Si Richard annonçait qu'il arrétait d'inventer de nouvelles chansons, on oserait même affirmer que "Boom Boom" est son meilleur album... Je suis vraiment trop décousu aujourd'hui, trop donné dans le coq à l'âne de la fois passée, c'est pas bon, mes lecteurs vont être déçus, oups, j'ai tapé mes pensées tout haut... Coupons court et quittons nous, alors, sur un joyeux exercice de comparaison entre la version dépouillée qui prend aux tripes de "Y Va Toujours Y Avoir" telle qu'offerte sur "Boom Boom" et la version full orchestre, un rien reggae, du groupe Abbittibbi (dans lequel bien sûr, un certain Richard Desjardins fournissait textes, piano, voix) sur son premier LP, aujourd'hui introuvable graal, sorti en 1981... Et à une prochaine fois avec plus de peps, je vous laisse aussi sur ce problème facile à résoudre: si Paul et Jacques assurent chacun 50% de travail, combien de pourcents de travail Jacques se prend-il dans la tronche quand Paul prend ses vacances?
12:54 Écrit par Pierre et petit pain dans Cousinages | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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17.08.2010
303. "BECOME WHAT YOU ARE" The Juliana Hatfield Three
Aujourd'hui, petit exercice de coq à l'âne, je me gage de démarrer par la principauté de Monaco pour finir par parler de bonbons (l'un de mes sujets préférés, en même temps)... Donc, deuxième plus petit état de la planète, Monaco est célèbre pour son attachement immoral et franchement nauséeux au non-partage des richesses mais aussi pour ses ouragans discographiques, ses accidents de transport (des voitures qui tombent de routes en corniche, des bateaux de course qui se disloquent sur la crête de la houle) et, évidemment, ses somptueux mariages arrangés... C'est l'occasion de vous rappeler (tiens oui, il y a deux p à ta pelle) les noces de bébert et lèlène les 8 et 9 juillet 2011 (ça sera en direct à la télé, pas de panique)... Mais Monaco, les spécialistes de la question le savent, c'est aussi "28 degrés à l'ombre", plus grand succès de la non-carrière, imposture partielle, de monsieur Jean Albertini, immense producteur de variétés des 60's aux 80's, qui s'était donc offert ses propres morceaux de bravoure franchouillarde sous le pseudonyme de Jean-François Maurice... Maurice de Bévère, lui, ne chantait pas, ça ne l'a pas empêché de régaler des générations de pitizenfants, par le truchement de son célébrissime cowboy solitaire... Car Morris, mais oui, était le papa de Lucky Luke (on s'approche du sujet du jour, freakez pas)... Et dans le 19ième album de la série, "Les Rivaux de Painful Gulch", René Goscinny contait la rivalité familiale transgénérationnelle de deux clans, les O'Timmins et les O'Hara, les uns ayant des grandes oreilles, les autres des gros nez, on a tous ri avec ça, c'est sûr... Ce qui est tout aussi certain c'est que bonne part du lectorat du journal de Spirou ingorait, à l'époque, que les auteurs s'étaient inspirés de faits réels (en-dehors des difformités physiques, quoique l'un des deux vrais clans charriait la maladie génétique Von Hippel-Lindau, c'est fou le genre d'infos aléatoires qu'on peut ramasser sur wikipédia)... A savoir, le conflit non larvé qui, de 1865 à 1891, a secoué les familles McCoy (les méchants, dégénérés génétiques) et Hatfield (les méchants aussi, exploiteurs des autres via leur scierie)... Alors, ça y est, on y arrive puisque, forêt génétique à l'appui, il appert que Juliana Hatfield est une descendante directe du clan précité... Injustement méconnue, membre de plusieurs groupes de rock alternatif (Blake Babies, notamment) dès le milieu des années 80, l'autrice-compositrice-interprète originaire des environs de Boston (alors là, par contre, rien à voir, mais il faut signaler que le système de tarification des billets d'avion est géré par de tels logarithmes que parfois, pas toujours quand même mais parfois, c'est meilleur marché de faire New-York-Londres, Londres-Boston que de faire New-York-Boston mais où va le monde quand même, le kérozène pousse sur les arbres ou bien) l'aci bostonienne, disions-nous, n'est jamais passée plus près du succès grand public qu'avec ce disque-ci, sorti en 1993, et crédité, one-shot, au Juliana Hatfield Three, trio, donc, complété par Dean Fisher à la absse et Todd Philips à la batterie... En quarante minutes pour douze plages, Become What You Are est sans nul doute l'un des disques les plus méconnus et sous-estimés d'une décennie pourtant riche en faux départs et relais manqués... L'ambiance ici est donc toute guitare, mélodique et un rien sautillante, avec la voix cristal-cutter de Juliana qui, plus que jamais, déverse dans ses textes un mal-être moralement indéfini et de nombreux doutes sur l'acceptation de son corps, si musicalement on s'en trouve loin, thématiquement, nous nageons bien en plein zeitgeist (ah oui, celui-là je suis bien content de l'avoir placé à bon escient) grunge/generation X... Au moins la moitié des morceaux (Supermodel, My Sister, For the Birds, Addicted, Spin the Bottle, etc.) de cette plaque s'insinuent rapidement dans vos connexions neuronales et ne vous lâchent qu'après avoir été délogés par de la musique mémétiquement plus virale (oui, forcément, Lady Gaga fonctionne mais il y a réellement quelque chose à dire sur le fait de lâcher la proie pour l'ombre, dans une histoire de Richard Scarry, c'est scripthorrée complète aujourd'hui, je le crains, c'était un chien qui laissait tomber dans le ru l'os qu'il avait dans la gueule car le reflet dans l'eau lui semblait plus apétissant)... Le relatif succès (et en tout cas les espoirs de succès dans le chef de la maison de disques) de cette galette s'explique aussi par le bénéfice médiatique de Juliana à l'époque suite à sa participation, l'année précédente, en tant que bassiste et choriste à "It's a shame about Ray", le complet chef-d'oeuvre des Lemonheads, groupe dont on vous a déjà causé, mené par Evan Dando qui assumait aussi alors le rôle de petit ami de Juliana... Et, attention, le nom "lemonheads" provient d'une marque traditionnelle américaine de confiseries acidulées, aux goûts variés, développées en 1962 par la compagnie Ferrarapan... Oui, je suis grand, je saute du coq à l'âne avec brio, applaudissez-moi.
11:50 Écrit par Pierre et petit pain dans TAS (talented american songwriters) | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |
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09.08.2010
302. "JUST WHAT I NEEDED - ANTHOLOGY" The Cars
Les toutes premières notes écrites dans le livret accompagnant ce double CD rétrospective vous livrent immédiatement les clés pour appréhender l'oeuvre des Cars: "Fin des années 70, début des 80, aux USA, les fans de rock étaient divisés en deux grands groupes, sans vraiment de terrain d'entente... Soit vous écoutiez des groupes punk, comme The Clash, Talking Heads et The Cars, soit vous écoutiez des groupes mainstream comme Aerosmith, Queen et The Cars"... Et c'est forcément ce statut de cul entre deux chaises qui permet à la bande de Ric Ocasek (principal auteur-compositeur, guitariste rythmique et chanteur), plus de trente ans après ses premiers succès, un bon vingt ans après son ultime séparation, de continuer à s'assurer une place à part et méritée sur le grand échiquier du rock mondial... Car après tout, si on y pense, une pièce qui pourrait, en pleine partie d'échecs, changer de mode de déplacement, serait hautement menacante pour l'adversaire... Si les Cars n'ont jamais conquis la planète (leur album Heartbeat City, en 84, n'est pas passé loin), cette anthologie prouve que c'est certainement plus une question de tempérament que de talent... Et aussi, bien sûr, le fait que le quintet de Boston n'a jamais affiché des physiques de vedettes, l'un trop petit, l'autre trop grand, tous trop maigres, avec des lunettes, des coupes au bol, des oreilles décollées... Mais une fois de plus, "Just what I needed" démontre, de manière extensive, que The Cars n'avaient qu'à laisser parler leur musique... En quarante morceaux, classés chronologiquement, ce riche double CD couvre donc les six albums du groupe et propose une petite poignée de (enfin, tout de même huit) morceaux inédits, démos, chutes de studio jamais poussives... Sortie en 1995 chez Elektra, cette compile reste assuremment une manière simple et bon marché de se remettre aux voitures, nonobstant (ouais, j'l'ai 'core placé) la relative difficulté avec laquelle certains albums des Cars sont désormais disponibles dans le catalogue de Warner... Allez, vroum, vroum.
10:26 Écrit par Pierre et petit pain dans TAS (talented american songwriters) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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