11/09/2008

277. "CARRYIN' ON WITH" Johnny Cash & June Carter 11/09/08

Johnny Cash & June Carter Carryin' On With...L'homme en noir, le père dans une éventuelle sainte trinité du rock américain, a cessé de gratter sa guitare il y a cinq ans, très exactement demain jour pour jour... Aujourd'hui, au cas où vous seriez passés à côté, nos cousins d'au-delà de la flaque ont remisé pendant un jour leur bipartisme et la course à la maison blanche pour se remémorer les événements de 2001, tant qu'on est dans le jour pour jour... A part cela, Johnny, le majeur raide, la moue hargneuse, est notre lien musical du mois... Commençons par exemple, et de manière purement arbitraire, cette série de chroniques ad hoc par un bien bel album... Derrière une pochette marquante par sa modernité conservée, "Carryin' On with.." marquait la première collaboration enregistrée entre Cash et son épouse, alors petite dernière de l'imposant clan Carter... On épiloguera pas là-dessus, vous êtes tous censés avoir vu la version hollywoodienne des événements, avec Joaquin Phoenix et Reese Witherspoon dans les rôles principaux, un film qui incita notamment, en son temps, (attention, info people à retardement) le couple mediaglamour Vincent Venet et Joëlle Scoriels à vider le bac country de la FNAC bruxelloise... A ce propos, retapons immédiatement sur le clou, si Johnny Cash a laissé un vide si béant dans l'inconscient collectif quand il s'en est allé, c'est bien sûr parce qu'il a toujours dépassé les étiquettes, et principalement celle de chanteur country... Iggy Pop lui-même n'a-t-il pas un jour avoué que les Stooges avaient composé leurs premiers morceaux (et spécialement No Fun) avec à l'esprit la rythmique deux temps de "I Walk The Line"... Nous voici donc en 1967, l'album de onze morceaux paraît chez Columbia et marchera du feu de dieu, à plus forte raison poussé par le single "Jackson" qui récoltera de nombreuses récompenses et que, si vous êtes sages, vous verrez tout à l'heure dans une vidéo youtube du Muppet Show avec Miss Piggy dans le rôle de June (notre idole porcine est au moins aussi convaincante que Reese, mais c'est un autre débat)... Parmi les autres beaux moments de cette plaque, il faut évoquer cette version passablemment frontière mexicaine du "It Ain't Me, Babe" de Bob Dylan mais aussi deux reprises de Ray Charles (ce qui tord au passage le cou aux critiques voulant coincer Cash dans la seule scène musicale blanche) dont un survolté "What'd I say" qui clôt la face B... La réédition CD de 2002 comprend deux bonus dont une revisite du chant traditionnel "America, The Beautiful" qui est donc de circonstance puisque quels que furent les bénéfices que tire encore aujourd'hui l'administration américaine des attaques du WTC, des gens innocents y ont tout de même perdu la vie... Cependant, y'a 41 ans d'ici, Cash, dans un monologue de sa voix de cendre, énumérait les paysages remarquables du nouveau monde et concluait : "ce que l'Amérique a de plus précieux est gratuit et à tout le monde"... En voilà une position à double tranchant comme on les aime, et que peu d'artistes défendent encore dans ce grand pays aux lois de plus en plus libertophages (cela dit, à force de critiquer les autres, chère Union Européenne, il va être plus que temps de nettoyer devant ta porte)... C'est donc dans une ambiance de recueillement que vous avez été très sages, avalant nos sentences musicopolitiques sans broncher, les mains à plat sur la table, allez, vous l'avez mérité votre Johnny Cash tout jovial qui joue au train "Orange Blossom Special" et à l'amant abrasif qui quitte ou se fait quitter par sa poulette (enfin, sa cochonne) pour Jackson, dans une grange pleine de Muppets.

Écrit par Pierre et petit pain dans Yee-haw! | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

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