02/11/2008

280. "THE KICK INSIDE" Kate Bush 02/11/08

Kate Bush The Kick InsideA deux jours du scrutin le plus médiatisé de la planète, scrutin au cours duquel un peuple sous-instruit et mésinformé s'en va choisir s'il va se laisser manger à la moutarde ou au gravy, célébrons tout de même la bonne nouvelle : George Walker quitte ces arcanes du pouvoir auxquelles, dans une démocratie saine, il n'aurait jamais eu accès... Et sans autre transition qu'une faiblarde homonymie, on s'en vient se pencher sur le premier disque de la britannique Kate Bush... Quand "le coup d'pied d'en-dedans" sort, au début 1978 (année, tant qu'on y est à courir deux lièvres à la fois, du mariage de doubleyou et de Laura, première dame, pour encore quelques semaines, du pays le plus endetté du monde), Kate va seulement avoir 20 ans (George en titre déjà 32 et, en 1978, il célèbre également sa réaccession au permis de conduire après deux ans de suspension pour conduite en état d'ivresse)...  Le premier extrait de l'album, le trés éthéré "Wuthering Heights" (que l'interessée avouera avoir écrit après avoir vu le film de 1970 avec Timothy Dalton et non après avoir lu le roman d'Emily Bronte avec laquelle pourtant Kate partage le 30 juin comme date de naissance, ce qui, vous vous en doutiez, n'est pas le cas pour George qui est né le 6 juillet, cela dit, à sept jours près, ça ferait presque froid dans le dos), ce premier single, donc, connaîtra un bien joli succès, premier du top 40 UK pendant quatre semaines et, fait historique, première fois qu'une chanteuse classait au sommet du hitparade une composition personnelle... En 43 minutes de long, le disque aligne 13 chansons dans un style pop-rock un rien cérébral, nourri de références littéraires et culturelles un rien éduquées (ça semble le bon moment pour rappeler que l'un des meilleurs souvenirs du double mandat de gamin Bush, c'est quand même quand il a failli s'étrangler en mangeant un bretzel) que les critiques rock auront vite fait de ranger dans la boîboîte marquée "art rock" que d'aucuns avaient ouvertes en 1967 pour y taper dedans le groupe résident des coeurs solitaires du sergent poivre... Un autre morceau, "the man with the child in his eyes", connaîtra également le succès et reste aussi impressionnant par un simple fait chronologique : Kate l'a enregistré avec l'aide de Dave Gilmour (oui, ce Gilmour là) en 1975 mais l'avait en vérité écrit deux ans auparavant, à peine adolescente, donc, à treize ans, vé la pitchoune, qu'elle jouait à l'élastique et du piano en même temps, si ça se trouve (on ne sait pas exactement ce que George faisait à treize ans mais dans ce début d'adolescence, ses parents et lui voient sa demande d'admission à la St John's School, établissement privé réputé, rejetée; c'est là que ceux qui voient toujours le verre à moitié plein se disent, pffou, heureusement qu'il ne voulait pas être admis à l'académie des beaux arts de Vienne)... Rapidement, malheureusement, Kate va souffrir du syndrome du "trop, trop vite, trop tôt" (alors là, vous inventerez vous mêmes vos blagues sur W, y'a du potentiel) et ses disques suivants seront plutôt boudés, à une "babooshka" près, elle ne renouera réellement avec un succès mondial qu'en 1985... Troisième du nom, de son côté, il lui faudra quinze ans de plus avant de se mettre le monde entier à dos (à l'exception, c'est vrai, il faut leur laisser, d'ailleurs laissons-leur, qu'est-ce qu'on en ferait, je vous le demande, d'une centaine de millions d'américains acquis à l'idée que Dieu a choisi leur terre pour phagocyter un maximum de ressources naturelles, imposer leurs valeurs et dicter leur conduite à des milliards d'humains peu consentants, jamais contents ces pauvres à qui on a pris le lait de coco pour leur trouer l'estomac au coca-cola)... Bref, et pour conclure car il est temps, la prochaine fois, buvez une Bush (si votre barman n'est pas manchot, il vous fera même une pêche melbush mais à ne surtout pas en abuser), écoutez Kate Bush mais, s'il vous plaît, éteignez CNN.

Écrit par Pierre et petit pain dans Glam blam blam | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

Les commentaires sont fermés.