24/01/2009

284. "IV" Cypress Hill 28/12/08

cypress hill ivLa guerre d'indépendance éclate entre l'Ethiopie et l'Erythrée... Matoub Lounès tombe sous des balles qui restent anonymes, pour la plus grande quiétude du gouvernement algérien... L'US Navy attaque une usine pharmaceutique au Soudan pour découvrir qu'on y fabrique bien des médicaments et non pas de l'armement pour Ben Laden... Pendant ce temps, au pays, la populace se gave des rebondissements de la supercherie brodée autour de l'adultère présidentiel... Jean-Paul II se rend à Cuba, accueilli à bras ouverts par Fidel Castro (Le Castro en terre cuite, je vous laisse y réfléchir)... Pinochet est arrêté pour ne jamais être jugé... En Australie, enfin, des excuses officielles sont présentées aux Aborigènes par le gouvernement... Les Talibans entament leur marche sur l'Afghanistan... Chez nous, un accord de paix sans échéance est signé à Belfast, Schröder monte et Prodi tombe... L'un dans l'autre, 1998, il y a encore tout juste dix ans, n'était pas pire qu'une autre année... Tapi dans mon kot, j'écoute, entre autres, ce virulent "bâton vé" des Cypress Hill... Tout doucement, mais sans flancher, le posse latino-black de la côte Ouest (tes palaces n'abritent que mensonges et passions, oh oh) annonce son glissement dans un univers plus rock hardcore que pur hip hop... D'ailleurs, aux côtés de DJ Muggs et des MCs Be-Real et Sen Dog (qui effectue ici son retour après trois ans d'absence), le percussioniste et bassiste (Eric) Bobo et le guitariste Mike "Fingers" Sims ont droit de cité dans les crédits de la pochette... Assez rèche musicalement, donc, la plaque est surtout dense, gonflée de dix-neuf morceaux (dont un bonus uniquement dispo sur cette première édition en boîtier carton aujourd'hui présentée) et voit la bande de la colline aux cyprès aborder tous les thèmes qui lui sont propres et chers... Aliénation urbaine (Checkmate, From the window of my room, Nothin' to lose), Violence policière (Looking through the eye of a pig, Riot starter), un peu de vie de gangsta (I remember that freak bitch, Tequila Sunrise, Dead men tell no tales) et, bien sûr, "des modalités d'un usage excessif du delta-9-tetrahydrocannabinol" (Dr. Greenthumb, High Times)... En couverture, trois squelettes prennent la pose: celle des singes de la sagesse japonaise... Pour rappel, Mizaru, Kikazaru et Iwazaru indiquent aux hommes que la voie de la plénitude passe par la capacité à ne pas dire ce qui ne doit pas être dit, ne pas voir ce qui ne doit pas être vu et ne pas entendre ce qui ne doit pas être entendu... Le quatrième album des Cypress Hill s'entend pourtant assez bien, j'en ai vu la pochette plus d'une fois et, même, je viens de vous en parler aussi éloquemment que possible... Comme quoi, nous ne sommes pas aussi sages que nous pourrions l'être... Enfin, surtout qui vous savez...
Seb

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Commentaires

un grand moment du genre.

Écrit par : Marc | 17/08/2010

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