01/02/2009

286. "BROKEN ENGLISH" Marianne Faithfull 05/01/09

marianne faithfull broken englishUn début d'année, le ventre gonflé des excès des réveillons, l'esprit cherchant à se convaincre que ses bonnes résolutions ne sont pas des illusions, c'est rarement joyeux... Surtout quand il faut reprendre le collier dans un climat subitement sibérien, à devoir slalomer entre les corps amoncelés sur les trottoirs, les gens figés dans le verglas et le theu-reu-reu des voitures aux bougies plus givrées que platinées... Il ne faudrait pas grand'chose pour que la mélancolie submerge ce quotidien... Mais ne baissez pas si vite les bras, il y a une solution évidente, minable certes, mais efficace : trouver quelqu'un qui va encore plus mal que soi... C'est donc là, vous vous en doutiez, même si ce n'était pas un retournement de situation aussi évident que dans les films de M. Night Shyalamanamalamanan, que Marianne intervient... Foin de Loxley, on a affaire ici à une grande dame (Dame Marianne, donc, d'où l'allusion à Robin des Bois, faut tout vous expliquer des fois, c'est pénible) de la musique populaire qui, en 1979, vient de prendre des risques... Car si le pari artistique est beau et, mieux, totalement réussi, il n'en reste pas moins que l'égérie du swingin' London n'est plus que sa propre caricature vineuse et tabagique... Celle qui a alimenté tant de fantasmes (elle, Jagger, Bowie et une barre Mars dans un lit, ça reste une fameuse légende urbaine du rock) apparaît beaucoup moins sexy à travers cette plaque courte (8 titres pour 37 minutes) mais dense... L'ambiance du disque paru chez Island (qui allait seulement commencer à toucher le jackpot de l'engouement reggae) est au diapason de sa pochette (ou vice versa)... On se promène dans du sombre, du synthétique, du sériel presque, sur lequel plâne, quasifuneste, la rocaille qui sert de voix à Marianne... Trente ans plus tard, la plage titulaire, "Brain Drain", "The Ballad of Lucy Jordan" (single à succès) et la reprise du "Working Class Hero" de Lennon, restent les morceaux qui accrochent le mieux mais, étant donné l'unité de composition et de production de l'ensemble, tout le disque mèrite qu'on lui prête l'oreille (vous je sais pas, mais moi c'est 50€ de caution).

Seb

Écrit par Pierre et petit pain dans For the love of Liz | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

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