05/06/2010

287. "KILLING JOKE" Killing Joke

Killing-Joke-cdEt kablaaam dans ton tête mais keskisspassissi, c'est pas vrai ou bien... mais si, mais si, hosanna in excelsis deo, des fruits des entrailles et tout ça... ce blog est vivant, il est VIVAAAANT... Et la créature du bon docteur a décidé de rejouer immédiatement des coudes à coups de guitares-tournevis, de basse-rabot, de batterie-maillet... Le meuble construit par ces instruments n'a probablement rien de l'abstraction technologique prônée par les standards scandinaves du fais-le-toi-même mais tout de même, on peut s'asseoir sur le premier album (éponyme, vous l'aurez remarqué vous-mêmes) de Killing Joke sans craindre de voler ses fesses à terre... Ce qu'il y a, c'est que le dispositif qui presse et tord le fauteuil (mais oui, vous voyez, des fois on peut rester des heures à regarder la petite boîte en verre à se demander si oui ou non les montants en bois vont se fendiller ou pas à force de se faire triturer comme ça) n'est pas externe... Jaz, Geordie, Youth et Paul Ferguson (pas dur de deviner lequel des membres du groupe ne voulait pas de surnom) n'ont besoin de personne pour commettre une musique qui se plie mais ne se romp point... Il est à noter que, premier album oblige, Jaz Coleman n'avait pas encore l'envie de chanter à cette époque et, donc, les amateurs de jolies mélodies peuvent tout de suite passer leur chemin, les esthètes de la gutturalité et du râle vont, eux, se régaler... Bien sûr, on se vautre ici dans un pur post-punk, presqu'à mi-chemin entre la new wave et le rock industriel, ces silhouettes noires, vaguement délinquantes, qui viennent peut-être de peinturlurer un mur de béton nu, nous rappellent combien la crise actuelle ne date pas d'hier, combien le Royaume-Uni souffre des vomissures du capitalisme depuis longtemps, combien on veut continuer à croire que ça changera... Si les membres de Killing Joke ont vieilli (il n'y a que les cadavres qui restent jeunes, de toute manière), se sont d'une certaine manière faufilé dans le moule (le bassiste Youth a aujourd'hui un CV long comme le bras de producteur de gros succès du disque), ce premier billot reste sanglant, un bon trente ans après sa sortie... Vous en trouvez une version CD remasterisée de 2005 avec cinq bonus tracks pour pas cher chez vos bons fournisseurs, un disque solide et concret (tout digital soit-il mais ici et maintenant n'est ni le lieu ni l'instant pour débattre de la supériorité du vinyl), c'est quand même toujours mieux qu'un fichier meupeutroi ou que sais-je...

PS-vous constaterez qu'il n'y aura désormais plus d'indications précises de dates en titre d'article... de un, c'est moi le chef et c'est ma décision unilatérale, de deux, vous aurez compris qu'il s'agit aussi de camoufler toute future absence à long terme (quoi, qui vient de dire "genre, dix-huit mois" ?)

PPS-d'une certaine manière, des remerciements sont de circonstance, à Roxane sans qui rien de tout ça (et je dis tout ça, pas juste ce bête blog) n'aurait le moindre sens... à mon papa et ma maman pour d'évidentes raisons biogénétiques... puis aussi au "petit" Jérémy pour m'avoir rappelé que la rédaction de ce blog n'était pas qu'un acte nombriliste. Allez, dégagez maintenant et revenez plus tard.    

Écrit par Pierre et petit pain dans Krang Kerrang | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

Les commentaires sont fermés.