06/06/2010

288. "METEO FUR NADA" Hubert-Félix Thiéfaine

HFT Météo für nadaAlors bien sûr, c'est le choix de la facilité... Quiconque réside dans ce petit pays déliquescent aura jeté un coup d'oeil par la fenêtre ce week-end, comprendra combien nous, Belges, savons que la météo, ça compte vraiment pour du beurre... En 1986, Hubert-Félix dressait donc le même constat, sur un disque hautement joyeux, cadenas fermé sur la tristesse et le mal-être qui primait auparavant (revoyez à votre aise les chroniques 181 et 182)... Et notre Jurassien préféré de s'offrir sur cette plaque un peu de ce que ce week-end de début juin nous assène: pas mal de canicule (zone chaude môme, precox ejaculator, sweet amanite phalloïde queen) qui presqu'impudiquement nous apprend qu'Hubert et Francine se sont trouvés et un peu d'orage (affaire rimbaud, bipède à station verticale) qui indique sans coup férir que l'artiste a récupéré toute sa sociabilité, même s'il l'utilise pour refuser de s'aligner sur la charité organisée à l'époque en faveur de l'éthiopie ("les poètes aujourd'hui ont la farce plus tranquille quand ils chantent au profit des derniers Danakils / Juste une affaire d'honneur mouillée de quelques larmes / C'est quand même un des leurs qui fournissait les armes" -Affaire Rimbaud)... J'en profiterai aussi pour redire ici, "quoi encore à radoter, pourtant si jeune" diront certains, combien je soupçonne Nanard d'avoir plus qu'à son tour laissé des réminiscences (là, c'est la version prudente, en vrai, j'imagine quelque chose plus proche du plagiat) thiéfainiennes colorier ses propres morceaux... Autant ces "Idées noires" chantées avec Nicoletta lorgnent musicalement et thématiquement la 113e cigarette sans dormir, autant, et vous comprendrez tout de suite, "Errer Humanum Est" qui clôt ce disque-ci, contient un résumé un rien cryptique de la vie d'Hubert et ses musiciens en tournée et, en refrain, "oh yes always on the road again man on the road again man"... Deux ans plus tard, Nanard s'imagine jeune et large d'épaules (mais forcément, à force de porter un débardeur toujours trop retroussé)... Musicalement, Météo Für Nada jouit une fois de plus de l'apport de Claude Mairet à la guitare pour un total cohérent, un des grands disques d'Hubert, peut-être aussi l'un des plus sémantiquement accessibles... Dès lors, devinez quoi, je vous conseille de l'acheter, si pas de manière absolue, en tout cas, plutôt que quoi que ce soit d'estampillé Lavilliers.  

Écrit par Pierre et petit pain dans ACI d'Hexagone | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

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