09/06/2010

290. "THE UNDERTONES" The Undertones

undertonesEt allez, hop, encore un album éponyme, tiens... Aujourd'hui, nous irons faire un tour à l'ombre des murailles de la ségrégation religieuse et de la haine absurde et ancestrale... Si en cette première décennie du troisième millénaire, le cessez-le-feu a l'air d'être réellement au finish, en 1975, l'Ulster perforé n'était pas loin d'inonder de sang et d'acide tout le système digestif du Royaume-Uni... C'est dans ce contexte peu propice à la liesse que cinq adolescents décident, comme d'autres, ailleurs et en d'autres temps, de se lancer dans l'aventure musicale... Signe des temps oblige, les frères O'Neill, chacun sa guitare, sortent rapidement des sonorités qui, en passant par le garage US et le glam UK, devront bien être qualifiées de "punk"... Mais là où les Undertones détonent immédiatement, en plus de leurs origines bien éloignées de Londres (même s'ils viennent de Derry, que les Loyalistes préfèrent appeler Londonderry) et des autres centres urbains anglais, c'est à travers l'incroyable voix, un rien aigüe, parfois chevrotante, mais toujours puissante, de leur chanteur, Feargal Sharkey, une espèce de créature de pas loin de deux mètres de haut (ou pas, j'ai pas trop le compas dans l'oeil, mais bon, allez, je vous le fais à 1m88, alors) dont le visage ne s'est jamais départi d'un étonnant air poupon, joues en avant et yeux rétractés... Ce premier album sort en janvier 1979 et aligne avec une facilité qui doit encore énerver aujourd'hui des pelletées de groupes rock aspirant à un rien de qualité, pas moins de quatorze plages, toutes plus nerveuses, cohérentes, mélodiques et accrocheuses les unes que les autres et, véritable cerise du gâteau, avec des paroles qui, pour toutes efficaces, ne sont jamais simplettes... Probablement encore trop méconnu au-delà de la Manche, ce disque se retrouve cependant dans à peu près tous les classements de meilleur ceci ou plus indispensable cela lié à l'histoire du rock british... De plus, ce qui fait toujours plaisir, la réédition CD de 2009 (trentième anniversaire, donc) présentée ici propose, au total, 31 morceaux (vous ferez le calcul vous-mêmes, mais c'est du fameux bonus, mieux qu'un cow-boy en plastique dans un pot de détergent)... Dans le rab, jamais écoeurant, servi au-delà du LP, on retrouve évidemment l'imparable "Teenage Kicks", single emblématique du groupe, que le regretté DJ John Peel n'avait pas eu peur, tout au long de sa carrière, de qualifier de "meilleure chanson de tous les temps"... Chacun jugera (vous, c'est grâce au clip d'époque récupéré sur le site de partage vidéo Dailymotion), les temps changent, les goûts évoluent, cela dit, le riff de "Teenage Kicks" a quelque chose d'éternel.

Écrit par Pierre et petit pain dans Safety Pin | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

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