19/06/2010

294. "FROSTING ON THE BEATER" The Posies

FrostingontheBeaterNon, il ne faut pas voir ici les signes avant-coureurs d'un désordre psycho-alimentaire, à aligner ainsi deux chroniques évoquant de suite sucreries et pâtisseries... D'autant plus que, la pochette de leur disque est expressement trompeuse, lorsque The Posies sortent ce "Blancs en neige sur le batteur" en 1993, ils n'ont nullement l'intention de partager leur recette familiale de l'île flottante... Tout comme la fessée du singe, l'étranglement du poulet ou l'audition des marionnettes à doigt, "frosting on the beater" n'est que l'une des nombreuses paraphrases argotiques américaines pour décrire une activité masculine habituellement solitaire... De là à en déduire que les Posies ne sont que des gros branleurs, il y a un pas que la qualité d'écriture et de production de ce disque empêchent de franchir... Avec Don Fleming derrière les manettes, cette plaque permettait à l'époque aux Posies (et a fortiori leurs deux membres auteurs-compositeurs, Jon Auer et Ken Stringfellow) de presque se faire une place au soleil... L'anecdote n'intéresse que moi mais lors des vacances de Pâques 1994 sur la vlaamse kust, ces fameuses Pâques durant lesquelles on a trouvé un corps étendu, le crâne en miettes, dans le salon des Cobain-Love, "Dream All Day", premier single et plage d'ouverture du CD de ce jour, passait en boucle à la radio (mais là, je ne peux plus vous dire quelle station FM, ma mémoire, c'est pas non plus Robocop, merci)... Pour toujours donc, cette excellente chanson des Posies m'évoquera la mort de l'idole du grunge... Et en un sens il y a un lien car les Posies (toujours actifs aujourd'hui après des escapades solos ou chez d'autres groupes, REM notamment) sont également originaires de Seattle... Mais leur approche powerpop, à la fois, donc, mélodique et nerveuse, de la musique populaire les plaçait en porte-à-faux du reste de la scène d'exploitation grunge... Les Posies n'ont d'ailleurs guère hésité à fustiger l'engouement médiatique forcèment très ADD (attention deficit disorder, la maladie des enfants américains qui sont éduqués par leur TV plutôt que par leurs parents) pour cette triclée de grungeux ceci et grungeux cela... Ce sentiment doux-amer cristallise dans l'éblouissant "Flavor of the Month" (aussi sur ce disque-ci, bien sûr) sur lequel je vous quitte.

 

Écrit par Pierre et petit pain dans GAM (good american mainstream) | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

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