20/07/2010

299. "MASTERWORKS ALLES VAN" Clement Peerens Explosition

masterworks cpex.jpgTandis que la fête nationale, oups, sorry, la fête fédérale s'approche à grands pas (si j'en crois mon calendrier, le 21 juillet, c'est même carrément demain), il peut être de bon ton de se rappeler que si des sentiments nationalistes les agitent, nos frères flamands n'en sont pas moins tiraillés par des querelles de clochers plus ou moins correctes... Et si l'on en croit Clement Peerens, notre presque rockstar du jour, il existerait deux sortes de Belges du nord: les Anversois et les Boeren (vous traduirez vous-mêmes, après tout vous êtes censés faire du néerlandais à l'école dès la cinquième primaire)... De notre côté de l'immonde frontière linguistique, nous aurions tort de nous moquer puisqu'il est quasiment certain que jamais Liégeois ni Carolorégiens ne seront d'accord sur des sujets aussi fondamentaux que le football, les sauces à frites ou la manière d'appliquer les préceptes du capitalisme social... Mais tout cela nous éloigne du scénario que nous nous étions promis de vous dévoiler aujourd'hui : c'est un cas fréquent, si pas courant, un canular un rien bon enfant dont le succès partiellement inattendu dépasse son créateur... ce frankenstein heavy metal patoisant, c'est donc le CPeX, soit Clement Peerens Explosition, du nom de Clement Peerens, vrai-faux critique rock anversois créé sur les ondes de StuBru au début des années 90 par le faux-vrai critique musical Hugo Matthysen... De fil en aiguille, il semblait logique que le Clement se mette à défendre son propre répertoire, des chansons courtes, lourdes de guitares hard rock, portant des textes humoristiques, écrits et chantés, donc, en antwerpenaar... D'ailleurs, un conseil, vous risquez de filer des coliques au babelfish si vous cherchez à traduire en ligne les historiettes du CPeX... Vous me ferez donc confiance si je vous dis que ça parle avec mysoginie feinte de femmes parfois peu recommandables ("dikke lu", "foorwijf", "smeerkeis", "'t is altijd iets met die wijven") et avec déchéance partiellement vécue de divers excès bibitiques ("boecht van den Aldi", "als ik er ene geef", "pinokkio", "zagen")... Et en plein milieu des années 90, tout seul dans mon kot, coincé sur le FM100.6, j'écoute de afrekening, semaine après semaine, pendant un bon trimestre, c'est toujours le même morceau qui truste la première place, la créature a brisé ses chaînes, Clement s'est mis en couple avec "une occase qu'a déjà au moins 32, 33 ans" et qui s'inquiète de savoir si sa nouvelle robe lui fait un gros pèpète... C'est le "vinde gij mijn gat (niet te dik in deze rok)" qui vous attend en fin de chronique et ouvrait à l'époque l'un des rares EPs sortis par CPeX... Alors, quand Play It Again Sam sort à l'été 2008 cette compilation long format, c'est peu de dire que le public néerlandophone se rue sur les bacs, début 2009, la plaque est triple disque d'or... Pas mal pour ce qui n'était censé être qu'une espèce de blague, alourdie par le recours au dialecte anversois... Mais là où la bestiole s'agite toute seule, c'est dans les compositions, finalement toutes d'une qualité certaine, brassant beaucoup du côté d'AC/DC ou Motörhead, un peu chez The Cure et, petit inédit amusant, chez Deus, avec une version excessivement crétine de "The Architect"... Bon, ben voilà, bon défilé, bonne drache, merci la Belgique, à plus tard, peut-être.




 

Écrit par Pierre et petit pain dans Eendracht maakt kracht | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

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