26/07/2010

300. "THE STONE ROSES" The Stone Roses

The Stone Roses.jpgLe premier qui trouve à se plaindre parce que je lui présente une fois de plus un album éponyme sera aussi le premier à se plaindre parce qu'il se sera pris un aller-retour de phalanges en travers de la mâchoire... Bien, maintenant que toute agressivité inutile est évacuée, mordons à belles dents dans la galette du jour, quoique, des roses en pierre, ça risque de faire sauter les plombages... mais foin de considérations en dentisterie (cela dit, maintenant qu'on en parle, je m'en voudrais de ne pas souligner combien il est idiot que la garde du week-end soit assurée par le même praticien qui réalise les consultations en dentisterie à l'hôpital, 99% des gens ont autre chose à faire de leur samedi matin que de poireauter quatre heures dans une salle d'attente sous prétexte que les consultations se font sans rendez-vous), c'est plutôt de décalage culturel que nous allons parler en ce lundi... Car au-delà de toute considération artistique, sur lesquelles nous reviendrons plus loin, le premier point qui frappe (on avait pourtant dit que l'agressivité était évacuée et voilà-t-y pas que ça mord et ça frappe encore), c'est combien ce disque, le premier de la fulgurante comète que fut The Stone Roses, est encensé en ses contrées et radicalement ignoré en d'autres lieux... Ainsi, en quelques clics judicieux, vous pourriez comparer plusieurs top 100 d'albums rock compilés par des magazines, sites officiels et/ou blogs britanniques avec, par exemple, le top 500 présenté sur son site par le très US et pourtant référence mondiale magazine Rolling Stone... Les premiers vous annonceront sans coup férir que le début éponyme des Stone Roses est au minimum l'un des dix meilleurs albums de rock de tous les temps, à ranger aux côtés des plus grands moments des Beatles, Pink Floyd ou The Clash... Fouillez et refouillez bien ensuite le top 500 du Rolling Stone et, oui, vous ne trouverez nulle part mention du fruit des entrailles d'Ian Brown (chant), John Squire (guitare), Mani (basse) et Reni (batterie, choeurs)... Or donc, le plus objectivement possible, force est de constater que les critiques britanniques ont plus raison que la bible rock américaine... Quand il sort en 1989, "The Stone Roses" cristallise la scène naissante, très rock et un peu psyché-dance, issue de Manchester et que les besoins de petites boîtes et étiquettes aura tôt fait de baptiser "Madchester"... Quelques envolées psychédéliques, une ambiance générale assez tranquille, léchant les os des Beatles, évoquant des réminiscences d'Inde et de sitar, ne cachent pas non plus cette culture rave et ecstasy qui va donner tant de cauchemars à l'administration du PM John Major... Mais plus que tout, et au-delà de l'habile confusion des genres musicaux à laquelle se livre le quatuor mancunien, ce qui assure à cette plaque sa place au panthéon du rock, de la musique populaire et de la chanson anglosaxonne, c'est cette qualité trop rare, signe indéniable d'une pièce maîtresse, qui fait que l'album gagne en richesse, profondeur et portée à chaque écoute, après d'ailleurs, une première impression qui peut sembler dubitative... Cas d'école à plus d'un titre, le premier disque des Stone Roses continue aussi à être évoqué pour la difficulté, si pas la pénibilité, avec laquelle les gars sont finalement parvenus à accoucher d'un second (et donc ultime) disque, quelque six ans plus tard... Le jury rockologique n'a d'ailleurs toujours pas tranché le débat sans fin pour déterminer s'il vaut mieux, comme les Stone Roses, avoir réalisé un immense disque et puis avoir disparu malgré la demande ou, comme, disons, U2, avoir aligné une discographie globalement moyenne et être resté en place malgré une évidente lassitude.

Écrit par Pierre et petit pain dans E's are good, For the love of Liz | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |

Commentaires

Excellent, j'ai aussi adoré Second Coming.

Écrit par : Marc | 17/08/2010

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