28/07/2010

301. "AMOUREUX DE PANAME" Renaud

renaud.jpgBon, on va pas tortiller de la casquette et tant pis si ça gratte les rares lecteurs de ce blog dans le sens contraire des poils mais j'aime pas Renaud... Je ne me permettrai pas de porter de jugement sur monsieur Séchan, je le connais pas et c'est certain qu'il doit être moins pire que bien d'autres humains... Mais Renaud, cette crevette gavrochée, imbibée, nasillarde, mégot aux commissures, loubard au flipper tilté, non, il m'insupporte... Alors, il y a peut-être aussi désormais un décalage temporel trop important, après tout, ce début de carrière argotant, en perfecto rapé et mèches blondasses, nous renvoie déjà au milieu des années 70, il y a donc trois crises énergétiques mondiales de ça... Et pis, pourtant, si je n'ai jamais cru à la crédibilité du Renaud à mobylette, dépouillé derrière l'église, personnage trop improbable et tout autant idéal pour son époque médiatique, celui-ci, l'amoureux de Paname qui n'a vécu que le temps de ce premier album, garde un certain charme... C'est probablement le mélange de hargne idiote, apolitisée, le rejet du système dans lequel la famille Séchan s'épanouissait alors, mêlé à une ambiance java-musette sombre et triste, quasi-chanson réaliste, qui parvient à fonctionner... Etonnament, l'unité thématique de ce premier disque semble moins forcée et plus vécue que sur les plaques qui suivront... Aussi, je n'ai jamais pu résister à la naïveté des artistes convaincus par leurs propres illusions et, à ce titre, "Société tu m'auras pas" et "Camarade bourgeois" défaits, trente-cinq ans plus tard, de leur charge agressive, arrachent des sourires complices... Enfin, en plein milieu de la galette, il y a ce qui reste probablement le chef-d'oeuvre de l'auteur-compositeur-interprète Renaud Séchan (même si c'est sûr que le consensus critique lorgnerait plutôt son époque mistral gagnant), "Hexagone", qui, par contre, conserve tout son sens et sa glaçante lucidité et, portée par une guitare aigrelette et un harmonica mourant, n'est ni plus ni moins, et avec tout le respect que l'on doit à Hugues Aufray, la plus grande "protest song" de l'histoire de la chanson française... La seule différence, c'est qu'aujourd'hui, les prétendants au trône du roi des cons sont dix millions de plus, et si rattachement il devait un jour y avoir, vous inquiétez pas, on y ajouterait, à la grosse louche, un bon trois millions et demi de wallons. 

Écrit par Pierre et petit pain dans ACI d'Hexagone | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

Les commentaires sont fermés.