17/08/2010

303. "BECOME WHAT YOU ARE" The Juliana Hatfield Three

jh3.jpgAujourd'hui, petit exercice de coq à l'âne, je me gage de démarrer par la principauté de Monaco pour finir par parler de bonbons (l'un de mes sujets préférés, en même temps)... Donc, deuxième plus petit état de la planète, Monaco est célèbre pour son attachement immoral et franchement nauséeux au non-partage des richesses mais aussi pour ses ouragans discographiques, ses accidents de transport (des voitures qui tombent de routes en corniche, des bateaux de course qui se disloquent sur la crête de la houle) et, évidemment, ses somptueux mariages arrangés... C'est l'occasion de vous rappeler (tiens oui, il y a deux p à ta pelle) les noces de bébert et lèlène les 8 et 9 juillet 2011 (ça sera en direct à la télé, pas de panique)... Mais Monaco, les spécialistes de la question le savent, c'est aussi "28 degrés à l'ombre", plus grand succès de la non-carrière, imposture partielle, de monsieur Jean Albertini, immense producteur de variétés des 60's aux 80's, qui s'était donc offert ses propres morceaux de bravoure franchouillarde sous le pseudonyme de Jean-François Maurice... Maurice de Bévère, lui, ne chantait pas, ça ne l'a pas empêché de régaler des générations de pitizenfants, par le truchement de son célébrissime cowboy solitaire... Car Morris, mais oui, était le papa de Lucky Luke (on s'approche du sujet du jour, freakez pas)... Et dans le 19ième album de la série, "Les Rivaux de Painful Gulch", René Goscinny contait la rivalité familiale transgénérationnelle de deux clans, les O'Timmins et les O'Hara, les uns ayant des grandes oreilles, les autres des gros nez, on a tous ri avec ça, c'est sûr... Ce qui est tout aussi certain c'est que bonne part du lectorat du journal de Spirou ingorait, à l'époque, que les auteurs s'étaient inspirés de faits réels (en-dehors des difformités physiques, quoique l'un des deux vrais clans charriait la maladie génétique Von Hippel-Lindau, c'est fou le genre d'infos aléatoires qu'on peut ramasser sur wikipédia)... A savoir, le conflit non larvé qui, de 1865 à 1891, a secoué les familles McCoy (les méchants, dégénérés génétiques) et Hatfield (les méchants aussi, exploiteurs des autres via leur scierie)... Alors, ça y est, on y arrive puisque, forêt génétique à l'appui, il appert que Juliana Hatfield est une descendante directe du clan précité... Injustement méconnue, membre de plusieurs groupes de rock alternatif (Blake Babies, notamment) dès le milieu des années 80, l'autrice-compositrice-interprète originaire des environs de Boston (alors là, par contre, rien à voir, mais il faut signaler que le système de tarification des billets d'avion est géré par de tels logarithmes que parfois, pas toujours quand même mais parfois, c'est meilleur marché de faire New-York-Londres, Londres-Boston que de faire New-York-Boston mais où va le monde quand même, le kérozène pousse sur les arbres ou bien) l'aci bostonienne, disions-nous, n'est jamais passée plus près du succès grand public qu'avec ce disque-ci, sorti en 1993, et crédité, one-shot, au Juliana Hatfield Three, trio, donc, complété par Dean Fisher à la basse et Todd Philips à la batterie... En quarante minutes pour douze plages, Become What You Are est sans nul doute l'un des disques les plus méconnus et sous-estimés d'une décennie pourtant riche en faux départs et relais manqués... L'ambiance ici est donc toute guitare, mélodique et un rien sautillante, avec la voix cristal-cutter de Juliana qui, plus que jamais, déverse dans ses textes un mal-être moralement indéfini et de nombreux doutes sur l'acceptation de son corps; si musicalement on s'en trouve loin, thématiquement, nous nageons bien en plein zeitgeist (ah oui, celui-là je suis bien content de l'avoir placé à bon escient) grunge/generation X... Au moins la moitié des morceaux (Supermodel, My Sister, For the Birds, Addicted, Spin the Bottle, etc.) de cette plaque s'insinuent rapidement dans vos connexions neuronales et ne vous lâchent qu'après avoir été délogés par de la musique mémétiquement plus virale (oui, forcément, Lady Gaga fonctionne mais il y a réellement quelque chose à dire sur le fait de lâcher la proie pour l'ombre; dans une histoire de Richard Scarry, c'est scripthorrée complète aujourd'hui, je le crains, c'était un chien qui laissait tomber dans le ru l'os qu'il avait dans la gueule car le reflet dans l'eau lui semblait plus apétissant)... Le relatif succès (et en tout cas les espoirs de succès dans le chef de la maison de disques) de cette galette s'explique aussi par le bénéfice médiatique de Juliana à l'époque suite à sa participation, l'année précédente, en tant que bassiste et choriste, à "It's a shame about Ray", le complet chef-d'oeuvre des Lemonheads, groupe dont on vous a déjà causé, mené par Evan Dando qui assumait aussi alors le rôle de petit ami de Juliana... Et, attention, le nom "lemonheads" provient d'une marque traditionnelle américaine de confiseries acidulées, aux goûts variés, développées en 1962 par la compagnie Ferrarapan... Oui, je suis grand, je saute du coq à l'âne avec brio, applaudissez-moi.

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Commentaires

Bravo !!!!BRAVO!!!!!

C'est pour moi du grand Art.

Écrit par : Claudine | 27/08/2010

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