20/08/2010

304. "BOOM BOOM" Richard Desjardins

boomboom.jpgCharles d'Avray nous l'avait dit dans son "triomphe de l'anarchie" dont chacun préfèrera la version historique des Quatre Barbus ou la réinterprétation des René Binamé : "Tout est à tous, rien n'est à l'exploiteur"... Moins dogmatique, tout aussi efficace, l'ami Richard conclut "Y va toujours y avoir" (dont on reparle plus loin) sur le lapidaire : "Y'en a qu'on tout' pis toutes les aut' y'ont rien"... C'est l'un des arguments objectifs qui permettent d'affirmer que Richard Desjardins, aussi peu productif soit-il (on en est à six albums studios depuis 1981) est le plus grand auteur-compositeur-interprète vivant de langue française : personne n'a son talent pour conclure ses textes, trousser des épilogues à ses histoires chantées... Et "Boom Boom", sorti en 1998, n'échappe pas à la règle... Je ne pourrais pas entrer dans les détails sans déflorer la beauté intrinsèque de ces morceaux mais faites-moi confiance si je vous dis que "Senorita", "La maison est ouverte", la plage titulaire, "Söreen", "L'engeôlière" et "Y va toujours y avoir" (soit la moitié du disque, quasi) jouissent de chutes qui coupent le souffle et enragent tous les aspirants-ACI à l'aune du cruel "pourquoi j'y avais pas pensé moi-même"... Autre argument, de poids et absolument irréfutable, en faveur du statut de Richard au sommet de la chaîne alimentaire des poètes vivants : il n'en a rien à faire et, mieux, il niera toute tentative de l'en convaincre, sans fausse modestie... "Boom Boom", autant le surnom de l'héroïne de cette même chanson que l'irrépréssible battement du palpitant, c'est du pur Desjardins : sa voix, ses émotions, un piano ou une "guétard", jamais les deux en même temps... Si Richard annonçait qu'il arrétait d'inventer de nouvelles chansons, on oserait même affirmer que "Boom Boom" est son meilleur album... Je suis vraiment trop décousu aujourd'hui, trop donné dans le coq à l'âne de la fois passée, c'est pas bon, mes lecteurs vont être déçus, oups, j'ai tapé mes pensées tout haut... Coupons court et quittons nous, alors, sur un joyeux exercice de comparaison entre la version dépouillée qui prend aux tripes de "Y Va Toujours Y Avoir" telle qu'offerte sur "Boom Boom" et la version full orchestre, un rien reggae, du groupe Abbittibbi (dans lequel bien sûr, un certain Richard Desjardins fournissait textes, piano, voix) sur son premier LP, aujourd'hui introuvable graal, sorti en 1981... Et à une prochaine fois avec plus de peps, je vous laisse aussi sur ce problème facile à résoudre : si Paul et Jacques assurent chacun 50% de travail, combien de pourcents de travail en plus Jacques se prend-il dans la tronche quand Paul prend ses vacances ?


Écrit par Pierre et petit pain dans Cousinages | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

Les commentaires sont fermés.