30/10/2010

307. "BOBBEJAAN" Bobbejaan

bobbejaan.jpgC'est en mai dernier que Bobbejaan Schoepen a rangé ses éperons pour de bon... Je pourrais utiliser son image pour souligner une fois de plus la perte que subit ce petit pays à se déchirer de l'intérieur car qui, de ce côté de la maudite frontière linguistique, sait le poids historique de Bobbejaan ? Qui peut dire jusqu'où sa longue et riche carrière l'a mené ? Qui connaît autre chose de lui que son parc d'attractions du côté de Lichtaart ? Mais mon rôle n'est pas de fustiger les Flamands pour leur repli identitaire ni de culpabiliser les Wallons pour leur manque d'ouverture vers la culture néerlandophone (Bruxellois et Germanophones échapperont, ce jour, à ma vindicte)... La chose va de soi, le sieur Schoepen était un monument, le premier countryman de tout le continent européen, un homme autant respecté à Nashville qu'à Sint-Niklaas, à Antwerpen qu'à Austin... Mais il était aussi un reliquat de cette autre Belgique qui n'existera décidemment plus, un artiste capable de manier les deux langues et prêt à l'effort plus mental que physiologique que demande le bilinguisme... Pis surtout, c'est ça qui nous intéresse aujourd'hui, Bobbejaan s'est offert une sortie digne de ce Johnny Cash qu'il avait connu quand chacun était tout jeune... Ce dernier disque éponyme, sorti en 2008, évoque déjà par sa pochette les enregistrements American Recordings de l'Homme en Noir... Ici, dans le rôle de Rick Rubin, c'est Daan qui supervise l'opération, prêtant ses talents de guitariste, chanteur et producteur à cette plaque qui voit aussi défiler quelques guests triés sur le volet: Geike "Hooverphonic" Arnaert et Axelle Red, notamment, autre Limbourgeoise particulièrement bilingue... Bien sûr, il y a un côté testamentaire à l'objet, Bobbejaan y réinterprète quelques-uns de ses standards (Je me suis souvent demandé, De lichtjes van de Schelde) et pioche aussi dans le répertoire quasipublic (Le temps des cerises)... Mais l'ambiance de camaraderie presqu'intime teintée du respect, sans être plombée par celui-ci, que l'on devine tout du long prouve sans aucun doute que le vrai patrimoine de Bobbejaan Schoepen ne réside pas dans l'alignement des montagnes russes.

PS: vous le découvrirez bien assez tôt mais il y avait une autre raison à parler d'une personnalité limbourgeoise en ce dernier week-end d'octobre...

Écrit par Pierre et petit pain dans Eendracht maakt kracht, Yee-haw! | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

Les commentaires sont fermés.