11/11/2010

310. "MOJO" Tom Petty and the Heartbreakers

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L'armistice, ce n'est certainement pas le plus mauvais jour pour rappeler (bon, c'est férié aujourd'hui, on ne fera pas dans le chiffre ultraprécis avec des virgules et des décimales) que le budget annuel mondial de l'armement légal avoisine allégremment les 1500 milliards de dollars US tandis que le budget annuel mondial de la publicité (qui est certainement la seule chose encore plus inutile que de fabriquer des engins de mort) n'est pas loin de représenter 750 milliards de ces mêmes $... Au-delà de la révolte que ces chiffres devraient provoquer chez tout être humain sain (après tout, combien de millions de fois pourrait-on nourrir les affamés, soigner les malades et réjouir les malheureux avec pareils monceaux de fric?), force est de constater que tout ça, et sans tomber dans du freudisme détestable, ces "ma bombe est plus grosse que ton canon" ou "mon soda brun fait mieux pschitt que ta limonade", ça trahit l'obsession des petits esprits à vouloir à tout prix savoir qui fait pipi le plus loin... Pour rappel, et sans féminisme détestable, quand on fait pipi assis, la distance atteinte par le jet n'a plus d'importance... Bref, tout ce laïus pacificiste et urinaire (je sens venir une lamentable transition) pour évoquer la dernière galette sortie du gaufrier par les Tom Petty and the Heartbreakers que je ne vous présenterai plus puisque vous êtes des fidèles de ce blog (bon d'accord, les autres, infidèles que vous êtes, roumis, goys, pouah, pouah, pouah, révisez les chroniques 1, 34, 61, 79, 100, 113, 123, 160, 203, 213, 214, 215, 222, 247 et 256)... Car le fait est, à mon corps défendant, que Mojo, sorti au dernier solstice d'été, ne fait pas pipi bien loin (voilà, j'avais prévenu que la transition serait lamentable) et, pire, compense ce manque par une miction probablement trop longue; on dépasse sans vergogne l'heure de musique pour quinze plages, ce qui, sans avoir fait maths ni sup' ni spé', nous donne plus de quatre minutes par chanson... En vérité, l'exercice est temporellement très inégal avec un début de disque phagocyté par de très longs morceaux dont First Flash Of Freedom et ses sept minutes qui viennent lècher du côté du prog et Running Man's Bible et ses six minutes de boogie concentrique... L'ambiance musicale générale est plutôt blues-rock (ce qui est pour me déplaire) mais les saillies partent dans tous les sens (ce qui est pour me déplaire aussi) avec un peu de country sur No Reason To Cry, un peu de hard sur I Should Have Known It et, carrément, trop de reggae sur Don't Pull Me Over... Côté paroles, Tom Petty montre de terrifiants signes d'inspiration en berne (ce qui est pour me déplaire surtout) avec, même, des lyrics d'une rare platitude sur Candy, Takin' My Time (peut-être la chanson la plus inepte, musicalement aussi, de tout le disque) et Lover's Touch... Mojo (déjà le titre de la plaque est d'une non-inventivité crasse) souffre aussi peut-être de la comparaison avec les deux excellentissimes précédents opus de la discographie (Highway Companion et Mudcrutch) dont il n'a pourtant pas su briser le signe indien de la pochette de disque hideuse (malédiction qui touche Tom Petty depuis The Last DJ en 2002)... Enfin, comme si j'avais réellement besoin de me convaincre que Mojo est le plus mauvais album du riche et respectable oeuvre tompéttien, j'en appellerai ici à ma théorie du succès grand-public qui stipule, je me cite, que pour obtenir un succès commercial le plus large possible il faut tendre vers le plus grand commun dénominateur artistique et donc vers une certaine médiocrité... Concluons donc comme nous avons commencé, sur des chiffres, Mojo a battu tous les records engrangés auparavant par Tom Petty et ses briseurs de coeur, se classant, à sa sortie, deuxième du Billboard Top 200 des ventes d'albums aux Etats-Unis, écoulant ainsi 125000 exemplaires en une semaine. 

Écrit par Pierre et petit pain dans TP&HB | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

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