27/11/2010

311. "JEWELLERY" Micachu

micachu jewellery.jpgWeek-end de couenne après semaine sans bas de laine, les frimas sont là et les écueils, comme les noisettes des écureuils, sont rangés dans le tronc d'arbre jusqu'au retour de la disette... Heureusement, la vie c'est rien que des teintes de gris et dans le clair-tire-au-cassé, y'a les papattes qui poussent au bout du futur-né... Dans cette ambiance, entre galère et croisière, la bande-son se doit d'être un joyeux foutoir... Découverte l'année dernière, entre équinoxe et solstice, derrière les autres falaises, Micachu, alter-ego vaguement pokéballesque d'une certaine Mica Levi, manie ce difficile art du "je fais avec sérieux des choses qu'il ne faut pas prendre au sérieux"... Réellement solfégifiée, pouvant manier piano ou violon (c'est selon), Micachu a, en fait, jeté son dévolu sur une guitare-maison, aux cordes en nylon... Il en ressort des chansons courtes, aux compositions bancales et aux textes souvent sybillins, sur des mélodies parfois inexistantes, parfois répétitives jusqu'au vertige, plus rarement copié-collé du grand bouillon de l'inconscient musical collectif... Bref, Micachu, ça excite ou ça irrite mais ça refuse le camaïeu de gris... Sur une bonne partie de ce disque inaugural, la petite créature au F sur le passeport mais au "ça reste à prouver" sur le visage, s'offre le soutien des Shapes, une claviériste (qui écope du rôle ingrat de donner un semblant de structure aux puzzles démontés, rubik's cubes brisés que sont les morceaux de cette plaque) et un percussioniste qui, lui, par contre, ajoute avec allégresse au chaos quasi cacophonique de cette carte routière qui aurait été imprimée à l'envers et en deux échelles contradictoires... Mais le subterfuge tient bien sûr moins sur scène, on voit alors qu'il y a un truc, que le lapin est sorti du chapeau parce qu'il y avait un drap noir qui recouvrait les pieds du pupitre, que la femme sciée en deux cachait deux naines jumelles sous sa longue robe, que Micachu et ses Shapes sont grandement capables de jouer de la musique, qu'ils savent ce qu'ils font et qu'ils arriveront où ils veulent... Nombre d'esprits bougons, ankylosés ou simplement fades, se feront dépasser par la philosophie de Micachu... Car ce qui compte, ici, ce n'est pas de savoir si le verre est à moitié vide ou à moitié plein, c'est de constater à quelle distance les éclats s'envolent si on y balance un coup de batte de cricket.   

Écrit par Pierre et petit pain dans Outside the box | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

Les commentaires sont fermés.