25/12/2010

313. "A Christmas Cornucopia" ANNIE LENNOX

annie_lennox-a_christmas_cornucopia_a.jpgDe retour de Londres, de manière quasiment miraculeuse, avons échappé aux files interminables causées par la gestion minable d'Eurostar des intempéries du solstice d'hiver, autour du bâtiment harrypotteresque du Pancréas béatifié... Le karma voudrait que l'insolente fortune qui a présidé à cette merveilleuse escapade se paie plus tard, on verra... D'ici là, retour aux pénates en temps et heure pour un réveillon christique et familial bien mérité, avec, en bande-son, comme de juste, histoire d'oublier, un soir l'an, que nous ne sommes pas croyants, des chansons de Noël... Et tant qu'à faire, utilisons emplettes de ces quatre jours (ces gens-là, de l'autre côté de La Manche, sont déjà dans leurs soldes, voyez-vous) marqués par des chaussures en tartan (moi) autant que bicolores à fermeture éclair (toi), des chanteurs-danseurs à brillantine (eux, au Picaddilly Theatre), les premiers cent grammes de coton en layette pour la vedette de mi-juin 2011 (elle ou lui) et, bien sûr, une brouette de disques... En l'occurrence, et ça ne pourrait pas être plus de circonstance, ce tout nouveau, tout beau, tout chaud, tout show, "A Christmas Cornucopia" de l'autoproclamée "La Lennoxa"... Annie Lennox, donc, la cinquantaine bien entamée, s'est offert un cadeau qu'elle lorgnait depuis longtemps, cédant à une tradition bien ancrée chez les anglo-saxons, elle s'est fendue de son album de Noël... Mais bien loin des regurgitations ultracommerciales d'une Mariah Carey (par pur exemple et pas pour s'acharner sur cette dinde qui ne cristallise pas à elle seule, malheureusement, les maux de la musique populaire), la longiligne chanteuse d'Aberdeen, qui a définitivement déteint sa touffe rouge de ses années quatre-vingts avec Eurythmics, déverse donc une corne d'abondance de Noël sur le monde qui n'en demandait peut-être pas tant et réalise un joli coup... Le succès financier fait peu de doute, la réussite artistique, à l'écoute même en diagonale, non plus... D'autant que c'est bien ce disque qui a le plus tourné, hier soir, pendant le réveillon précdemment évoqué (les malsains rongés par la curiosité, c'est ça aussi la blogosphère, se régaleront de savoir que nous avons mangé un peu de foie gras, bouh les méchants qui font souffrir les oies, pas mal de fromage fondu et de viande grillée, tiens j'entends personne pour déplorer le sort de la raclette qui se meurt sous une resistance brûlante, des bulles plein la coupelle)... D'un niveau de production incritiquable, l'album s'articule autour d'un concept pourtant vulnérable par temps de verglas: Annie s'est donné pour mission de revisiter des carols traditionnels tout en évitant les sentiers battus... Le jury n'est donc pas resté cloîtré longtemps pour rendre son verdict, le résultat est réussi au-delà de bon nombre d'espérances... En invoquant ses racines celtes par ici, en triturant son piano par là, en mélangeant cordes et cuivres sans parcimonie, en osant même le français (avec bien peu d'accent sur Il Est Né Le Divin Enfant) et, surtout, en convoquant partout l'impressionnant "African Children's Choir", Annie Lennox s'est surtout fait plaisir et c'est peut-être aussi parce que ça s'entend malgré le côté hautement professionnel de l'affaire, que ce disque de Noël fonctionne si bien et que nous osons même, ah la la, vous le conseiller... L'artiste a, elle-même, résumé l'intérêt qu'elle a trouvé à sa démarche, dans une interview en ce matin du mercredi 22 décembre, sur la BBC, on vous traduit de mémoire: "J'ai toujours voulu faire un album de Noël; je me suis enfin décidé à réinterpréter mes carols préférés à la fin 2009. Comme j'ai voulu bien faire les choses, j'ai pris toute une année pour enregistrer ce disque... C'était merveilleux de pouvoir chanter In The Bleak Midwinter en plein milieu de l'été"... Allez, c'est donc Noël, petit jésus pleure déjà, le capricieux qu'il est d'attendre son or, sa myrrhe, son encens, il aura droit, aujourd'hui, comme vous, à la vidéo via youtube (blablabla) de "God Rest Ye Merry Gentlemen" en version 2010 hyperaddictive d'Annie Lennox.


   

Écrit par Pierre et petit pain dans Xmastime | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

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