01/02/2011

317. "AT FILLMORE EAST" The Allman Brothers Band

Allman brothers live at Fillmore east.jpgEt depuis la dernière fois qu'on s'est parlé, les Belges ont versé bien des larmes en attente d'un hypothétique gouvernement tandis que Tunisiens et Egyptiens versent le sang pour se débarasser de leurs dirigeants... Et la flore assurant l'équilibre de mon transit a clairement choisi son camp lorsqu'elle s'est révoltée contre sa belle-famille intestinale... Nul doute que la nouvelle vague de froid qui vient nous transir est à blâmer dans ce dérangement tripier, qui n'est jamais comique (...comique tripier... non, aucun preneur pour ce calembour ?...mauvais public, va!)... Un bon ressenti sibérien qui a donc, aussi, envoyé les pics de pollution crever les plafonds sanitaires de santé publique, entraînant, comme de juste, le dispositif "smog" et sa ribambelle de contraintes, la plus populaire n'étant certainement pas la limitation de vitesse... Un rapide sondage, constaté sur le terrain, nous apprend que le taux de conducteurs respectant le 90km/h sur autoroute ne dépasse pas les 15% et chute lourdement (probablement en-dessous des 10%) si on inclut ces enfoirés de routiers poids-lourds qui ont clairement oublié qu'ils étaient sympas du vivant de Max Meynier... Et c'est évidemment, les plus rockologues des lecteurs de ce beulogue le savent déjà, de non-respect des limitations de vitesse et de chauffeurs de camion à l'imprudence assassine qu'il sera question aujourd'hui puisque l'histoire du Allman Brothers Band est définitivement marquée par la mort de Duane Allman, le 29 octobre 1971, lorsqu'il est venu empaler sa moto à l'arrière d'un poids-lourd qui avait oublié d'utiliser ses avertisseurs lumineux alternatifs de changement de direction (voilà, comme ça pas de bagarre entre les tenants francophiles du "clignotant" et les aboutissants belgicains du "clignoteur")... Le mythique "At Fillmore East" présenté aujourd'hui a été enregistré à la mi-mars (les 12 et 13, pour être exact) de cette même année 1971, dans la non moins mythique salle "Fillmore" qui devait fermer peu après (et abrite, quarante ans plus tard, une succursale bancaire; est-ce là une simple coïncidence ou un glaçant résumé du tout-au-marché qui finira bien par manger nos fils et pousser nos filles sur le trottoir et vice-versa? Saloperie de capitalisme... ah, ça soulage, je vous conseille un bon "saloperie de capitalisme" une fois de temps en temps, ça coûte moins cher que d'élever des chèvres et c'est moins salissant qu'une bombe à clous)... Donc, "At Fillmore East", en sept morceaux pour un total de 76 minutes, offre un portrait éclatant de la fratrie Allman juste avant les drames précités... Et prouve sans mal que les garçons plein de pilosité faciale étaient des musiciens excessivement capables... Sans renier leur assise blues-rock-boogie carrée et répétitive (et que l'on sait que je n'aime pas ça), les Allmans avaient surtout une maestria dans l'art du solo et du maintien d'intérêt du public dans des improvisations parfois longuettes ("Whipping Post" qui plafonne à 23 minutes et clôt ce disque n'est en fait qu'un extrait de la version live complète qui pouvait, selon l'inspiration de Duane à la guitare, Greg aux claviers et Dickey Betts à l'autre guitare, Berry Oakley à la basse et, aux fûts, JJJ et Butch, flirter allégrement avec l'heure de musique)... La force, au final, du band était cette capacité à décoller les étiquettes et défoncer les boiboîtes de rangement... Forcément blues-boogie, les Allmans étaient aussi des précurseurs du hard-rock et, mieux, n'hésitaient pas à inclure dans leurs longues jams des références au répertoire de la musique classique et, surtout, au jazz, à travers de nombreuses constructions rythmiques et progressions tonales qui leur ont, à plusieurs reprises, valu des comparaisons avec John Coltrane ou Miles Davis... Quittons nous sur une anecdote comme une autre, qui permettra aussi de rappeler que la drogue, c'est comme le capitalisme, ça peut être fun au début puis quand on comprend que ça appauvrit, ça abrutit et ça tue, c'est tout de suite moins comique (tripier, je vous rappelle... non, toujours pas?)... L'anecdote en question s'appelle "Pourquoi les membres du Allman Brothers Band sont hilares sur la pochette de ce disque alors qu'il était notoire qu'ils détestaient se faire photographier?"... Alors, je mets mes lunettes d'Oncle Paul sur le nez (alors ça, c'est pas une référence pour les moins de 30 ans) et je vous explique... La session de photos traînait lourdement, le photographe ne parvenant pas à obtenir la moindre réaction des six gaillards... Soudain, Duane (deuxième en partant de la gauche sur la couverture de cet album, n'hésitez pas à cliquer sur la vignette pour voir l'image en plus grand) voit passer un de ses amis dealers dans le coin, il se lève en furie et se rue sur le marchand de mort lui acheter une portion de merde... Il revient s'asseoir et se rend alors compte que la session photos est toujours en cours, il camoufle alors le sachet d'herbe dans son entrejambe, le couvrant à la va-vite de ses mains, entraînant l'hilarité générale de son frère et de ses potes... Et l'instantané devient la pochette de ce qui reste encore aujourd'hui l'un des plus grands albums live de l'histoire de la musique rock.

Écrit par Pierre et petit pain dans Muddy Feet | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

Les commentaires sont fermés.