28/02/2011

320. "THE TIKI BAR IS OPEN" John Hiatt

tiki bar.jpgL'une des grandes vertus de la musique, grande ou petite, classique ou moderne, prout-prout ou populaire, c'est évidemment d'adoucir les moeurs, c'est aussi, à frais minimum, d'offrir un rien d'évasion... Donc, le système capitaliste se prépare à faire encore plus d'"accidentés de la vie" (vous l'avez vu, ce dimanche, le reportage de "sept à huit" dans lequel des étudiants à Bac+5 sont obligés de compter sur les Restos du Coeur pour survivre ?); le sang versé pour la liberté dans le monde arabe est celui que les européens devraient verser pour améliorer, par ricochet, la vie de toutes les populations de la planète; la Belgique, verrue de plus en plus poilue sur le visage décidemment mal fardé de l'Union européenne, ne s'en sort plus d'une crise d'identité à laquelle majorité des populations concernées ne comprend plus rien; Corey Haim, c'est sûrement ça le plus grand scandale de ce week-end dans ce monde aux valeurs détournées par l'apparence et la convoitise, n'a pas été repris dans la séquence "In Memoriam" de la cérémonie des Oscars 2011... Bref, ça va mal, mal, mal... D'où l'intérêt d'utiliser les pouvoirs évasifs de la musique, comme d'aucuns liraient "un bon roman", regarderaient un "bon film" ou se prendraient "un bon fixe" (ces derniers partent plus loin mais reviennent moins que les autres, donc, les enfants, ne faisez pas ça chez vous)... Tout ça, pour dire, qu'aujourd'hui, on part à Hawaïi, sur John Hiatt airlines... Sorti en 2001, ce disque n'est certainement pas le meilleur de l'auteur-compositeur quasi-soixantenaire dont les plus fidèles lecteurs de ce blog savent tout le bien que j'en pense de lui (allez, par la fenêtre, la syntaxe)... Et pourtant, "The Tiki Bar is open", dont l'ambiance îles sandwich est plus diffuse que réclamée, est excessivement cool, agréable et frais, comme, justement, une pina-colada faiblement alcoolisée servie dans une demi-noix de coco évidée, avec une ombrelle en papier... La plaque propose, de plus, de tout: un peu de folk-rock sautillant sur "All the Lilacs in Ohio", un rien de country plaintive sur "I'll Never get over you", les incursions les plus hawaïiennes sur la plage titulaire et une apothéose planante, rare chez John Hiatt mais parfaitement maîtrisée ici, avec les percussions décalées et les envolées de "e-bow" de "Farther Stars" et ses 8'49'' qui clôturent le disque... En trois quarts d'heure (44'55'' précisément), on s'y croit, les orteils pendouillant dans l'écume du Pacifique, mon bureau qui se transforme en chaise-longue à l'ombre des fougères millénaires, à quelques centaines de mètres, le clapotis d'une cascade au pied du Mauna Kea... Oh non, merdouille, c'est encore la chasse d'eau qui déconne. 

Écrit par Pierre et petit pain dans TAS (talented american songwriters) | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

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