04/03/2011

321. "PEMP" EV

EVPemp.jpgLa différence entre le printemps et l'automne, c'est qu'au printemps le soleil d'été revient se mesurer au vent d'hiver qui résiste tandis qu'en automne, le vent d'hiver revient bousculer le soleil d'été qui collabore... Tout ça pour dire que dans ce petit coin de la planète, dans ce petit coin d'Europe, dans ce petit coin de ce pays qui se sera appelé Belgique, dans ce petit coin de "hey no, oh yes", on se les caille caille caille du soir au matin, et particulièrement pour le moment... Et chauds peut-être le bignou et l'accordéon, froides assurément les guitares sur ce "Pemp" de nos amis finno-bretons, les EV... Sorti il y a tout juste dix ans, ce disque était alors le cinquième (d'où le titre de la plaque, pemp n'étant rien de plus que le chiffre cinq en langue bretonne) de ce grand méchant groupe, qui sillonnait et écumait tout le monde celte et/ou rock depuis le tout début des 80's... Fidèles à leur cheminement personnel, les quatre pirates (Gweltaz, guitare-chant; Jari, basse-chant; Fakir, divers instruments bretonnants; Tof, batterie) continuent ici à mélanger le rock le plus droit et le plus direct avec des circonvolutions panceltiques du meilleur effet et cette jonglerie qui reste étourdissante entre des textes en français, en brezhoneg et en suomi... Des douze plages (forcément pleines de galets et d'huîtres) qui composent cette galette (ben oui, au sarrasin, forcément, vous commencez à piger l'esprit), il n'y a pour ainsi dire aucun déchet à pointer du doigt... On peut constater, mais sans tirer de généralités pour autant, que les morceaux en finlandais sont plus nerveux que les autres, la faute autant à la nature agglomérante de cette langue qu'au chant de Jari plus hargneux que ce que Gweltaz offre en breton... Mention aussi à la longue et quasi-lyrique chanson "les mois noirs", dont les paroles pétries de poésie naïve que n'aurait pas renié un Nicolas Sirkis (et non, dans mon esprit, ce n'est pas un compliment) sont largement compensées par une mélodie infectieuse et d'irrésistibles breaks post-refrain où guitare et bignou hésitent entre se mettre sur la tronche ou se faire des bisous... hein, des bisous de bignou ? je pense qu'il est plutôt temps de remonter son col et d'affronter à nouveau cette bise (une bise de bignou ? mais c'est quoi cette histoire ?) de fin d'hiver.

Écrit par Pierre et petit pain dans Pankeltia | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

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