09/01/2014

360. "LIVE AT LAST" Heaven 17

uncdparjourheaven17.jpgChacun, c'est la beauté formelle autant que l'échappatoire fondamental de toute réflexion sociologique, peut assumer les envies qu'il désire, se plier au dogme qui lui convient, nourrir les fantaisies hallucinatoires qui lui semble les plus dignes de confiance sans qu'on puisse lui imposer le moindre jugement de valeur (bien sûr, il existe une espèce de socle moral fondamental, c'est bien pour ça qu'on a rédigé des chartes de droits de toutes sortes, depuis l'Homme avec un grand hache aspiré jusqu'aux séquoias rouges en passant par les nouveaux animaux de compagnie; en attendant, je constate que la plus grande démocratie d'Asie continue à permettre les mariages arrangés entre des messieurs trop vieux et des enfants trop jeunes, que, je radote mais c'est parce que j'ai raison, l'huile de roche koweitienne est mieux protégée que les couseurs de baskets bangladeshis, le sous-sol malien plus prompt à causer l'action militaire européenne que les sommets enneigés du Tibet)... Dès lors, toute tentative de hiérarchisation des goûts et des couleurs (et pourtant, mon blog est par bien des aspects plus intéressant que le vôtre) mène irrémédiablement à l'échec puisque la limite est là, à l'horizon de la capacité de chacun d'accepter l'eccentricité et la transgression... Mais voilà, personne ne peut donc empêcher personne de nourrir l'espoir idiot que sa chair va survivre à la putréfaction, va repousser les vers et la charogne à grands coups de mawashi-geri coup de pied circulaire (pense à ta licence, Jean-Claude), que ça va sentir la rose quand on ouvrira son cerceuil tous les sept ans (et si Grégoire met vos poèmes en musiques, ma foi, c'est juste bien fait pour votre pomme) voire, mieux, que quelques grammes intangibles vous sortent des narines au moment fatidique pour vous entraîner, essence de vous-même, comme si vous pouviez exister ailleurs que dans les cerveaux et sensations de vos proches, à travers un tunnel de plus en plus aveuglant, aboutissant sur ce néant d'ennui, que bouddhi-bouddha, petit poupon de Chine, aurait appelé Nirvana (rien à voir, bien sûr, avec des bouts de matière grise ensanglantés sur un pull rayé vert), ce paradis, donc, dont on a déjà perdu bien des millénaires à essayer d'imaginer le but, la substance, l'énergie... A tout le moins, deux scénarii s'affrontent, au-delà du simple rejet empirique : tous les cultes eschatologiques (si tu sculptes des petits bonshommes à partir de tes déjections, alors, oui, ça l'est) renvoient, à travers les prismes culturels des différentes époques, à une seule réalité immanente qui, de toute évidence, échappe à nos perceptions et à nos avancées scientifiques mais le paradis serait donc seul et unique... Soit chaque lieu de béatitude décrit dans chaque écriture révélée, dans chaque mythologie plus ou moins moderne existe et, alors, des paradis, on en a en masse en masse, du Walhalla au Jannah, en passant par le grand banquet délirant de Claude Vorilhon... En vérité, mais il suffit d'avoir un minimum de goût en musique populaire des années 80 pour s'en persuader : des paradis, il en est un nombre fini, précis, concret... Il y en a dix-sept... Et c'est là, en bout de chaîne, loin des maillons faibles, que Martyn Ware et Ian Craig-Marsh ont apporté leur empreinte indélébile à la musique fabriquée avec des machines... Car, sur le pur plan de la fantaisie philosophique, de la fiction spirituelle, il est évident que ce paradis, c'est la fin de l'esclavage du corps, la fin de la soif, la fin de la faim, le fin du fin de l'infini, l'inexistence des partouzes et des soap-opéras, les âmes rendues à leur propre félicité ne deviendraient-elles pas de simples machines désincarnées, coincées dans un mouvement enfin devenu perpétuel ?... Or donc, après s'être autoproclamés leaders de la ligue humaine (revoir, si besoin, les chroniques 223 et 328), les deux compères, un heckel trop joyeux de croasser en même temps qu'il tripote ses synthés et un jeckel particulièrement plus intellectualiste que l'autre, renfrogné sur ses claviers, à triturer des boutons et qui finira par rentrer chez lui avant la fermeture des portes d'or de ce dix-septième éden, décident de s'adjoindre un troisième larron et de rendre un rapide hommage au chef-d'oeuvre de Tony Burgess, on a vu tout ça en chronique 295... Glenn Gregory, malgré son improbable sourire colgate dans une mâchoire de boxeur poids-lourd, reste l'un des chanteurs britanniques les plus sous-estimés, ce qui rend aussi justice aux énormes talents de compositeurs des deux camarades précités; car, et c'est pour cela que tant Human League que Heaven 17 survivent au ressac des effets de mode et continuent à se produire sur scène de-ci de-là : si la musique est électronique (et diablement efficace), elle sert avant tout des mélodies réfléchies, des paroles sensées, de vraies chansons, tout simplement... C'est en 2008 qu'est donc sorti ce document particulièrement probant des nombreux et divers talents de la troupe, ce "Live at last" (puisque premier enregistrement sur scène pour un Heaven 17 qui existait alors depuis plus de vingt-cinq ans) que quiconque peut sans crainte se glisser dans l'oreille, à tous niveaux de décibels, à toute heure de la journée, dans n'importe quel état d'esprit... C'est vendredi fin d'après-midi, le boss a été lourdingue tout du long, dans la bagnole, embouteillages de ring, vas-y, fais péter "Crushed by the wheels of industry"... Dimanche matin, un rien trop tôt, tous les deux réveillés, des papillons dans les yeux, le coeur, le bas-ventre, pourquoi ne pas tenter la voix chaude de Glenn et ses choristes (les très capables Angie Brown et Billie Godfrey) sur "Temptation" ?... Terrassé, sur le temps de midi, par les nouveaux sondages politiques qui ne cessent d'annoncer le pire, les claquements de bottes, les râles dans le sable de Lampedusa, la fifille qui cirage le bandeau à s'papa ? Allez, hop, "Fascist Groove Thang" à fond la caisse... Ou, peut-être, l'envie de se rêver conquérant, nouveau riche, tradeuse de luxe et call-boy hors de prix, city-trip à la galerie des officiers dans l'optique insensée de donner son avis indu sur la fresque camouflée du bûcheron Léonard (c'est connu, que c'est parce qu'il a tant coupé de bois que Léonard devint scie), poum, tape-toi "Let's all make a bomb"... Bien sûr, en plus de prouver élegamment que les sonorités d'Heaven 17 ont particulièrement bien affronté l'outrage du temps (mieux que toute la soupe de l'eurodance 90's, déjà !), cette captation intégrale d'un concert donné au SECC de Glasgow offre un panorama adéquat des plus grands moments du trio... Avec quelques morceaux plus récents de très bon aloi ("We blame love", "Freak!") et un final à même d'enmoiter les culottes des fans de la première heure (ça nous ramène à 1977, tout ça, certains fans de la première heure sont donc littéralement, aujourd'hui, en train de souiller leurs tena-pants) avec cette pseudo-auto-reprise totalement azimutée de "Being Boiled", énorme oeuvre de jeunesse de Human League, sur laquelle, il faut rendre à qui de droit (et non pas aïki noodles, ces horreurs industrielles qui m'ont sauvé ma vie de student mais dont la vie de couple m'a sauvé une fois pour toutes), Glenn chante mieux que Phil Oakey... J'en viendrais presque à lui pardonner cette faute ancienne, quand sa libido a perpétré la fin de l'un des meilleurs groupes belges de tous les temps mais là, plus que jamais, c'est une histoire pour plus tard.
Blam, youtube, merci, quittons-nous donc avec une reprise avec des vrais morceaux d'âme (pour le coup) et de tripes (rock'n'roll, bordouille), ce sont Jarvis et Beth qui dynamitent "Temptation" en 2007, aux NME awards.

Écrit par Pierre et petit pain dans Bibibiiip | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |

Commentaires

Je vous vante pour votre paragraphe. c'est un vrai état d'écriture. Développez

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Écrit par : serrurier paris 14 | 28/07/2014

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