04/10/2013

348. "BRINGING IT ALL BACK HOME" Bob Dylan

bringingitallbackhome.jpgJ'ai vérifié mon paquetage, cliqué-claqué les mousquetons à répétition, testé la corde en y accrochant le contre-poids de mes interrogations, j'ai poli à la motivation la plus crasse les crampons de mes chaussures, fait le plein de magnésie (je vivrai pendant trois jours entouré d'un brouillard blanc opaque) et craché dans mes mains; je suis prêt... Et pourtant, même si je connais par coeur le sommet à escalader aujourd'hui, je ne sais toujours pas quelle piste suivre, à quelle face m'accrocher, sur quelle corniche chercher la pause bienvenue... Dans mes toutes jeunes années de varapeur, quand je me délectais des vinyles de papa-maman, il y avait ce greatest hits d'époque qui annonçait avec une rare justesse: "Personne ne chante du Dylan comme Dylan"... Robert Zimmerman a imposé, tout seul, chétif judéo-américain agnostique, débarqué dans la grosse pomme depuis son Minnesota natal (contrairement aux jumeaux Walsh qui, eux, partiront vers l'Ouest pour s'installer au code postal 90210; hé, oh, si je commence directement à raconter n'importe quoi, je peux aussi arrêter tout de suite, si je préfère)... Bob Dylan, donc, qui impose le statut d'auteur-compositeur-interprète dans la musique populaire moderne (et principalement anglo-saxonne, de ce côté-ci de l'Océan, quelqu'un qui chante ses propres chansons, ça ne suprenait plus depuis, au moins, Charles Trenet) et ravive, au passage, la figure ancienne du ménestrel, capable autant de chanter la vie qui passe que les grands enjeux de société, de faire rire et larmoyer que de grincer les dents et cracher la bile... Dylan qui, à son corps défendant mais à son profit évident, se retrouve labélisé leader de cette scène new-yorkaise qui redécouvre, au début des 60's, le patrimoine de la chanson traditionnelle, tout en vouant un certain culte à cette scène culturelle beatnik aux relents toujours sulfureux... En 1965, même Kerouac est encore vivant, il a le foie abîmé et il n'écrit plus vraiment mais Ti-Jean continue à marquer son époque et frappe, à répétition, l'esprit du jeune Bobby Dylan... 1965, donc, année de sortie de ce cinquième album du troubadour nasillard, album qui frappe, à répétition, l'esprit du jeune votre chroniqueur de ce blog pas mal beat non plus dans son genre... En 1965, Woody Guthrie n'est même pas encore mort; il ne chante plus, ne gratte plus sa guitare, ne traverse plus le pays caché dans les wagons à bestiaux, wagons à bestiaux, wagons à bestiaux (celui qui peut dire pourquoi je viens de taper trois fois de suite "wagon à bestiaux" aura toute mon admiration d'avoir prouvé qu'il était, lui aussi, un beatnik accompli); Woody est terrassé par la malédiction familiale, cette chorée de Huntington dégénérative qui finira de lui bouffer toutes les terminaisons nerveuses... Un Guthrie cependant, qui aura particulièrement frappé à répétition la caboche de Zimmerman puisque, faut-il le rappeler, je l'ai déjà dit, c'est dans sa chambre sur le campus que le jeune Robert Z s'éloigne des wambambalooba de Little Richard après avoir découvert les disques de Guthrie et deviendra Bob D, chantre de sa génération... Mais c'est aussi pour cela que le scandale éclate... Car la critique, le public, passablemment intégriste, voulait ce Dylan décharné, vêtements douteux, penché sur son harmonica, porté autour du cou, les doigts crispés sur sa six-cordes... Et quand "Bringing it all back home" démarre, l'auditeur se prend dans l'oreille les deux minutes vingt de la plage d'ouverture; guitare électrique et batterie qui sous-tendent ce "Subterranean Homesick Blues" dont il y a beaucoup à dire... Donc, tout d'abord, sacrilège, blasphème, le passage de Dylan au coup de jus est vécu comme une véritable trahison par une bonne part de son public (il sera carrément, en cette même année 1965, hué par de nombreux fans lors de sa prestation électrifiée au Newport Folk festival)... Mais c'est évidemment à l'artiste que l'Histoire donnera raison et ce "Subterranean Homesick Blues", en plus d'un titre qui roule difficilement sur la langue, gardera un vrai impact jusqu'à aujourd'hui... Primo, c'est un rhythm 'n' blues au tempo haletant; secundo, en y déclamant divers aphorismes plus ou moins cryptiques ("Tu n'as pas besoin de Mr. Météo pour savoir d'où souffle le vent", "Fais-toi emprisonner, boude ton procès, rejoins l'armée si tu te loupes", "Vingt ans d'école et tu travailleras dans la pause de jour", "La pompe ne marche pas car les vandales en ont volé le bras"), Dylan y torture le vieil exercice du talking blues et, accélérant sa diction, pourrait quasiment prétendre à la paternité du rap... Le rap inventé par un juif blanc, on aura tout lu sur ce blog, vous dites-vous, mes cochons; et pourtant, écoutez ce morceau et revenez-moi avec vos contre-arguments... Un "Subterranean Homesick Blues" dont je me voudrais aussi de ne pas souligner la référence immédiate à la Légende de Duluoz: second ouvrage dans le cycle, et faisant donc suite à "Sur la route", "The Subterraneans" raconte, à peine voilée, la romance catastrophique entre Kerouac et "Mardou Fox" (Alene Lee), une beatnik africo-américaine (ce n'est pas anodin, on reparlera de la communauté black plus tard sur ce disque); de la prose spontanée du romancier à la logorrhée du chanteur, il y a un évident passage de témoin... Ce "Homesick Blues", aussi, qui par le truchement du documentaire de 1967, "Don't Look Back", offrira l'un des tout premiers (probablement le premier) et l'un des plus célèbres clips musicaux: Dylan, debout, tient un paquet de "cue cards" (cartes sur lesquelles, avant l'invention du téléprompteur, on inscrivait des mots repères ou des phrases pour guider les comédiens, les animateurs télévisés) reprenant certains mots de la chanson; suivant la cadence, sans autre mouvement de sa part, His Bobness laissait tomber la carte du paquet, révélant la suivante et ainsi de suite... Dans cette allée si américaine d'entre-deux buildings, un étrange personnage apparaît à l'arrière-champ. Il n'est pas très grand, pas très mince, pas très glabre, pas très pas myope, emmitouflé dans une peau de mouton: si vous le reconnaissez, une fois de plus, vous êtes un vrai beatnik (et vous savez pourquoi "wagon à bestiaux, wagon à bestiaux, wagon à bestiaux")... Ce morceau d'ouverture, enfin, qui va tellement concentrer le zeitgeist et frapper à répétition les esprits des générations musicales que Columbia records n'hésitera pas, une fois le CD avenu, à rééditer ce "Bringing it all back home" sous le titre "Subterranean Homesick Blues"... Et voilà, je suis forcé de constater que je suis parti pour rédiger la plus gargantuesque chronique de l'histoire de ce petit blog puisque je viens seulement d'évoquer la première chanson d'un album qui en compte onze... Disons que nous ferions une pause, suspendus par nos pitons bien engoncés dans la roche, en écoutant "She belongs to me", petite ballade presque inconséquente (dont on devine qu'elle parle de l'égerie/concurrente/objet de désir et de hargne Joan Baez) qui vient directement offrir une respiration avant le nouveau mur qui se présente à nous... Car, à nouveau sur un (pour l'époque) brutal lit de guitares déchaînées et de batterie swing, le narrateur, qu'on va vite se figurer noir de peau, annonce qu'il ne travaillera plus jamais à la ferme de Maggie... Nous sommes toujours en 1965, l'esclavage est illégal mais la ségrégation ne l'est toujours pas... Et dans les portraits acides de la famille qui gère cette exploitation fermière (imaginez "Ces gens-là" mais en Sudistes américains), on comprend aussi, en filigrane, que c'est tout le système de l'entreprise qui est remis en cause... La ressource humaine se tue à la tâche pour un salaire de misère tout en créant la richesse qui engraisse le frère de Maggie et son double langage, le père de Maggie et ses gros cigares, la mère de Maggie qui ment sur son âge... D'aucuns, rompus aux textes dylaniens et à leurs pelures d'oignons de niveaux de lecture, veulent également voir dans ce réquisitoire, une attaque en règle contre la scène folk acoustique que l'artiste a quitté à la seconde même où il a branché un jack dans un ampli... La fin du dernier couplet, suffisamment universelle, peut éventuellement leur donner raison: "J'essaie de mon mieux d'être moi-même / Mais tout le monde veut que je sois comme eux / Ils disent "chante pendant que tu te fais exploiter" / Et j'en ai juste marre"... Et on revient aux affaires du coeur avec "Love minus zero/No limit", qui par cette poésie particulièrement codée, offre quelques moments de pur sentiment et reste, certainement, avec sa mélodie ciselée, l'une des plus belles chansons d'amour de Dylan, l'une des plus belles chansons d'amour tout court... Si j'étais une fille, que je voudrais qu'on me désire et me comprenne, j'imagine que je m'offrirais à celui qui m'écrirait, parce qu'il le pense: "Mon amoureuse parle comme le silence / Sans idéal ni violence / Elle n'a pas à dire qu'elle est fidèle / Pourtant, elle est vraie, comme le feu, comme la grêle / Les gens s'encombrent de roses / Allongent les promesses à chaque instant / Mon amoureuse rit comme les fleurs / Elle ne se laisse pas acheter par ces présents" ou, plus loin, "Les capes, les épées sont rangées / Ces dames allument les bougies / Dans les cérémonies des chevaliers / Même les pages doivent garder rancoeur / Les statues d'allumettes rougies / S'écroulent, consumées, l'une sur l'autre / Mon amoureuse lance un clin d'oeil, ne se laisse pas froisser le coeur / Elle en sait trop que pour se mettre à les juger" (si vous êtes un rien fan de Dylan, vous aurez remarqué ma tentative d'adaptation du texte, pour un effort de versification en français, c'est un pur cadeau, je suis généreux, la poésie est par contre très égoïste)... L'homme enchaîne ensuite deux nouveaux rhythm'n'blues rapides et souriants ("Outlaw blues", "On the road again") avant d'atteindre un nouveau surplomb qui fait, réellement, de ce disque l'un des plus incroyables sommets de la cordillière du rock... Car on arrive à la fin de la face A, à la dernière plage de cette moitié électrique de disque, au "115e rêve de Bob Dylan"... En ce printemps 1965, les Beatles ne sont pas encore sortis complétement de leur chrysalide, leurs chansons restent gonflées de "shalala" et de "yeahyeahyeah" et ils sont seulement en train de défricher les montages-collages aventureux et précurseurs qui feront la marque de fabrique de leurs albums à venir... Dylan, sans avoir l'air d'y toucher, et probablement sans autre ambition que d'amuser la galerie, fait garder, pour l'enregistrement sur microsillon, la première prise de ce "115th dream", un début de chanson qui, dès le deuxième vers, tourne en eau de boudin, toute l'équipe en studio se farcissant un fou rire, désormais gravé pour la postérité... Inutile de dire que ce genre de "scorie" qui, au passage, dévoile les coulisses et ajoute une bonne dose de méta-communication à l'oeuvre, était particulièrement inédite à l'époque... Passé le clin d'oeil fou-rire, le morceau démarre pour de bon, donnant aussi, dès lors, l'image mentale d'un enregistrement en un seul pan de cette grande fable surréaliste de six minutes à travers laquelle le chanteur, sublimé en marin paumé qui vient de débarquer, dresse le portrait de son Amérique en attente, dans ce milieu des 60's, d'être secouée une bonne fois... La chute de cet exercice qui frôle parfois le sketch de stand-up vaut son pesant de verroteries avec lesquelles acheter l'île de Manhattan à la mauvaise tribu amériendienne: "Mais le truc le plus comique, alors que je quittais la baie / C'est que j'ai vu trois bateaux venir vers moi, prêts à accoster / Alors j'ai demandé son nom au capitaine et s'il venait de France / Il m'a répondu "Christophe Colomb", je lui ai souhaité bien de la chance" (ici aussi, licence poétique accordée au rédacteur de ces lignes, si Dylan est pas content, qu'il vienne me le dire en face)... Et voilà, on se crache bien fort dans les mains avant de se remettre à agripper la roche, on en a fini avec la face A de cet album dont vous n'imaginiez probablement pas l'élan de littérature qu'il allait m'inspirer (mais si vous tenez jusqu'au bout, vous aurez droit à une petite confession inutile)... Place donc au verso de ce vinyle, cassure tout aussi évidente dans les versions digitales de la galette: la face B est acoustique, les conspueurs de Newfolk sont contents, le Zim est à nouveau seul, à nouveau crispé sur sa six-cordes, à nouveau l'harmonica qui dégouline de salive autour du cou... Et là, patâââtt, voilà-t-y pas que Dylan, comme pour contrarier son monde, va nous lâcher un demi-disque acoustique de quatre énôôôrmes machins, qui s'entament par une sombre histoire de joueur de tambourin; allez, hop, une nouvelle explication de texte s'impose... Plus célèbre parmi les plus célèbres chansons de son répertoire, "Mr. Tambourine Man" (qui jouit aussi de la renommée folk-rock de la version, au texte totalement élagué, des Byrds, que l'on entend encore régulièrement aujourd'hui sur Nostalgie; d'ailleurs, je préfère écouter Nostalgie en me disant qu'avec un peu de chance, je vais entendre les Byrds plutôt que d'écouter Classic21 en me disant qu'avec beaucoup de risques, je vais me taper les Eagles mais c'est avant tout une question de philosophie, des verres à moitié vides, à moitié pleins, une discussion sur la création contemporaine avec Magloire ou un caquettement sur le prêt-à-porter avec Vincent McDoom, tous ces trucs, quoi, la relativité de la vie, crotte alors) qui, en cinq minutes et demie, déverse ses images et métaphores les plus enhardies afin de parler, au final, d'un seul sujet... Il n'y a ici pas de possibilité de nier, l'homme ne joue pas vraiment du tambourin, il distribue de merdiques bâtonnets de résine... Si vous avez déjà pollué vos corps avec ce tétrahydrocannabinol de bien mauvais aloi et de pire conseil que ça, il y a un écho qui tinte à l'arrière de votre esprit à lire ceci: "Prends-moi en voyage sur ta nef magique et tourbillonnante / Tous mes sens m'ont été enlevés, et mes mains n'arrivent plus à saisir, et mes orteils trop engourdis pour marcher / J'attends simplement que les talons de mes bottes s'activent pour recommencer à errer / Je promets d'aller n'importe où / Je promets de me plier à ma propre parade, lance ton sort de mon côté, je promets de m'y soumettre", dans le seul couplet sauvegardé par les Oyseaux précités... Ou, dans la dernière strophe de cette incantation majijuanée, qui met de côté la possibilité que le psychotrope évoqué soit plus tutti-frutti (beaucoup de lecteurs de Dylan, obnubilés par le contexte des années 60, veulent y voir le LSD): "Emporte-moi, je disparais dans les ronds de fumée de mon esprit / Jusqu'au brouillard sur les ruines du temps / Au-delà des feuilles gelées / Depuis les arbres hantés et terrifiés jusqu'à la plage venteuse / Loin de la poigne cruelle des regrets insensés"... Arrive alors "Gates of Eden", une nouvelle respiration sociétale, à la mélodie concentrique et chaloupée, qui trahit l'éducation religieuse de Robert Zimmerman... Mais c'est tant mieux car il faut reprendre son souffle, collé à la paroi abrupte, avant de se hisser jusqu'au dernier porte-à-faux... Méconnu dans le foisonnement de son grand oeuvre, le pénultième morceau de ce disque est un parfait tour de force... En sept minutes trente, Dylan distille tout le fond de sa pensée à travers ce "It's alright, Ma (I'm only bleeding)" qui coupe le souffle par sa mélodie fiévreuse et le débit habité de ce Bob dont on oublie trop vite, à cause de sa voix de canard laryngectomisé, qu'il est aussi, tout simplement, un vrai grand capable chanteur... Morceaux choisis, deux des quinze couplets de ce pamphlet aux conclusions indiscutables: "Les mots éteints claquent commes des munitions / Tandis que les dieux humains affinent leur attention / Fabriquent de tout, des jouets-pistolets à friction / Jusqu'aux christs couleur chair à effets phosphorescents / On comprend vite dans ces conditions / Que rien n'est jamais vraiment sacré" et puis, aussi : "De vieilles femmes-juges observent les amoureux / Mettent des limites au sexe et pour eux / Inventent une fausse moralité, les insultent et les flinguent / Alors que si l'argent n'a pas d'odeur, il schlingue / L'obscénité, tout le monde s'en moque / La propagande, tout ça, c'est du toc"... On a les muscles qui tremblent, les jambes qui flageollent, on sourit en regardant la solide corde qui pourrait nous sauver la vie, un dernier effort, on se tire sur le plateau, on peut planter le drapeau... Et le temps de s'acclimater à la pression, la teneur en oxygène, sur ce toit du monde de la chanson mondiale, on a le temps de se dire "C'est tout terminé, bébé triste"... Car, bon sang, c'est pas possible, Dylan rajoute une ultime ballade incontournable à cet album déjà suffisamment patrimonial comme ça... Ce "It's all over now, Baby Blue" est un extrait plus qu'apprécié de son répertoire, une chanson simple et belle qui conclut de manière adéquate ce disque dont je ne comprends toujours pas, après quasiment vingt ans d'écoute régulière, qu'il ne soit pas plus porté aux nues par le consensus critique, qui continue à lui préférer "Highway 61 revisited", que Dylan sortira quelque mois après celui-ci et qui sera, pour le coup, totalement électrique mais, surtout, avec le recul, beaucoup plus daté, au niveau des sonorités, que notre disque du jour... Vous aurez donc compris tout le bien que je pense de ce disque et j'imagine que si vous avez lu tout ça jusqu'ici, c'est que vouzaussi... Alors, comme promis, petite confession inutile: quand j'étais, avant, célibataire et non-procréé, détenteur de temps à perdre, je pouvais consacrer parties de mes insomnies à compiler divers classements de tout crin, dont un top de mes albums non pas bassement préférés à titre personnel mais tentativement basés sur un système de catégories qualitatives avec attribution de points me permettant, au final, d'avoir une vision partiellement objective des meilleurs disques de ma collection (ne vous inquiétez pas, je suis parfaitement conscient que j'abrite en moi un petit adolescent névrosé auquel on soupconne une pointe de syndrome Asperger) et, au final, "Bringing it all back home" termine toujours dans le top 5... Voilà, maintenant, y'a plus qu'à rassembler son barda et entamer la redescente.

10/09/2013

344. "BONGO FURY" Frank Zappa / The Mothers / Captain Beefheart

bongofury.jpgSnowden, Assange, Kerviel, même, pourquoi pas (mais en fait, non, pas du tout Kerviel, pour bouc-émissaire qu'il soit, le Jérôme a tout de même moins l'étoffe d'un héros du peuple et plus la pelisse mitée d'un escroc que les deux autres), va falloir vous bouger, les loulous, et créer un bouclier humain autour de ce blog (que, déjà, l'un ou l'autre pseudo-guerillero du décibel avait tenté de détourner sur les déserts de la Arènnbilande ou les glaciers de Shitmusicalia) parce que là, les alarmes de la CIA, de la NSA, du Pentagone et qui sait, peut-être même de l'ATF, de la FDA et du FCC vont se mettre à carillonner dans tous les sens... En effet, j'ai l'intention de dresser un inventaire assez simple: du glycérol, de l'acide sulfurique, de l'acide nitrique... Pour le compte, j'aurais dit Captain Beefheart, Frank Zappa, The Mothers of Invention, la nitroglycérine fait tout autant boum, mais plus dans les oreilles et les synapses que dans les rues d'Alep ou de Ramallah... On rit du malheur des peuplades qui confondent débat démocratique avec "pan, une pierre sur ta gueule" mais le fait est que chaque nouveau cadavre qui tombe dans les rues du Caire est un clou en plus dans le cercueil du progrès humain (cela dit, voilà, paraît-il, que l'Europe ne sait réellement quel camp mérite le plus son soutien, dans cette sale affaire; un conseil d'ami: dans le doute, toujours choisir ceux qui prônent le plus de distance entre la sphère politique et la sphère religieuse)... Et tout ça sans évoquer les millions d'enfants qui continuent à mourir, un peu partout, sous-alimentés ou harassés de travail ou les deux... Le monde va mal, la nouvelle n'étonne plus... Alors, pour encore parvenir à surnager, la tête hors du bouillon de cette marmite de misanthropie dans laquelle nous sommes tombés tout petits, soumettons nos pensées vagabondes à une troupe qui se plaçait là, les deux pieds dans le sol, les poings sur les hanches, le menton frondeur, face à la bêtise grouillante et l'égoïsme galopant de ces singes hurleurs qu'on appelle des êtres humains... Capitaine Coeur de Boeuf (Don Van Vliet, au moment de son décès le 17/12/2010, salopard même pas immortel) a vécu son dégoût de la banalité jusqu'au bout, en finissant par tout quitter en 1982, réfugié presqu'ermite dans sa créativité picturale et son bout de désert du comté de Humboldt... Francesco Zappatoni, Frances Zappagna, Francisz Zappatowski, à moins qu'il ne se soit appelé François Zappon (après tout, sa mère était franco-italienne, son papa, un moustachu, un sicilien) est parti plus tôt, contrairement aux trains nazis qui étaient toujours à l'heure (ce qui ne sera même jamais une consolation acceptable face au seul génocide industrialisé de l'Histoire), le 4 décembre 1993, avec une prostate hors-service, dans l'amour des siens et peut-être celui des chiens mais la page wikipedia qui lui est consacrée ne dit rien d'une éventuelle cynophilie particulière, on gardera uniquement à l'esprit la pochette de cet album de musique de chambre sorti en 1984... Un Zappa, donc, particulièrement anarchiste, passablement drogué, totalement surproductif, noyant dans la quantité la probable illusion d'un génie véritable... Frank Zappa, aussi, qui sera l'un des rares à lever la voix officiellement contre le projet de censure déguisée qu'était le PMRC fondé par Tipper Gore (la femme d'Al, en effet, je ne peux rien vous cacher) et son autocollant noir "Explicit Content"... Zappa affrontera le Sénat sur cette question en 1985 mais ce n'est pas le sujet de ce jour, juste une brillante illustration que le Frankie fallait pas trop venir le faire iech quand il était question de libertés fondamentales... Bref, deux Californiens cintrés, pressés au pur jus de rébellion authentique, copains de cochonailles, papes du psychédélisme le plus débridé... Inutile de dire que le mélange des deux, sur scène, dans leurs grandes années, était explosif (de la nitro, on vous a dit) et cette "Furie du Bongo" en est l'aveuglant argumentaire, qui a tout, aussi, du mindfuck (alors, plutôt que de perdre mon temps à vous expliquer ce qu'est un mindfuck, je vais plutôt vous inviter à vous faire des amis geeks, idéalement rompus à la culture alternative américaine et de leur demander, à eux, de vous expliquer directement... sinon, au pire, continuez à regarder The Big Bang Theory, y'a bien un moment où le sujet viendra sur le tapis) le plus pernicieux... Avec l'omniprésence des Mothers, le groupe protéiforme de Zappa, cette tournée de 1975 est la seule à avoir jamais réuni Don et Frank sur scène (l'un est un asocial de génie, habité mais fragile sous sa carapace psychorigide; l'autre, un garçon discret caché derrière une projection extravertie hyperactive, soyons avant tout heureux qu'ils se soient rencontrés et compris)... Les compères, on le sait, s'apprivoisaient de longue date; repartez dans les tréfonds de ce blog jusqu'à la chronique 12, c'est Zappa qui a produit Trout Mask Replica, et ce partage des planches donne toute la démesure de leurs talents hors normes et parfois contradictoires... Zappa, on le sait (et si vous ne le saviez pas avant, vous le saurez désormais après), affiche une écriture volubile, il compose comme il respire, après son nesquik du matin, il a déjà pensé trois nouvelles chansons, une partition baroque et l'ébauche d'un opéra... Beefheart n'en a que peu à faire de la musique concrète, des Stravinsky, des Varèse qui nourrissent son complice, sa musique à lui est d'abord un boogie carré, cassé et fracturé mais mené à son terme... Là où tous, Mothers en tête, se retrouvent, c'est dans ce long flot free jazz délirant mais toujours maîtrisé... Les mécréants qui ne jurent que par le "poum-tchac / poupoum poum-tchac", les couplet/refrain/couplet/pont/refrain/refrain et le chant tonal sont priés de laisser leur préjugés (et leurs posters des BB Brunes) à l'entrée s'ils veulent, plus tard dans la soirée, avoir le droit de plonger la première phalange de leur index dans le bol de punch... "Advance Romance", par exemple, et ses onze minutes languissantes, entre vieux blues embourbé et progression séquentielle, force les néophytes à revoir leur définition du rock... Puis, Beefheart, plus que l'autre qui chante mal exprès de son timbre d'enfant de choeur, est un poète, très beat, capable de déclamer, de dégueuler du texte au kilomètre de sa voix de papier de verre, laissant toujours planer le doute sur la quantité réellement écrite à l'avance... Deux fois sur ce disque, Van Vliet offre de ces proses rebondissantes, de cette logorhée qui, on l'a dit, tranche la chair du réel pour en montrer l'os carié... Peut-être, pour chichiter un maximum, que ce burrito brûlant perd un rien de saveur par l'adjonction, en plein milieu du défilé, de deux morceaux issus de sessions studio précédentes et qui cassent donc l'unité de l'enregistrement des 20 et 21 mai 1975 au QG Mondial Armadillo à Austin, Texas... Mais c'est vraiment pour chichiter tant que je peux car, en vérité, le Capitaine participait à ces sessions et sa présence percole tout du long, garantissant une vraie cohérence à ce disque qui, tout comme l'improbable évidence du couple Beefheart-Zappa, réconcilie tripes et neurones, couilles et coeur, raison et folie, croyances et certitudes... Si le diable concocte sa musique dans un chaudron, c'est évidemment dans celui-ci... Et quarante ans plus tard, il continue à l'écouler dans ces boîtiers si reconnaissables de Ryko Records, gestionnaires du catalogue de Zappa... Ce jewel-box est une marque déposée, il est teinté de vert, comme la plupart des drapeaux des républiques musulmanes... Installez les haut-parleurs géants, diffusez "Bongo Fury" à fond la caisse, maintenant, tout de suite, depuis la place Tahrir jusqu'aux rives du Barada.

18/04/2011

324. "LIVE" Desjardins & Abbittibbi

desjardinsabbittibbilive.jpgLa résidente Christina Yang s'en sort la tête en extirpant de l'eau une truite de douze kilos, le docteur Sheldon Cooper se convainc du comportement ondulaire des électrons après avoir fait tomber par terre les commandes de la table 6, le professeur Alessandro Regazzoni trouve sa guérison émotionnelle dans une tarentelle baroque, l'ancienne mutante Jubilation Lee se reconstruit grâce à une épistole longue d'une seule phrase... La chose est entendue: en fiction, le moindre détail, trivial, dérisoire, inattendu, peut faire toute la différence... Ma vie serait-elle une fiction puisque, caddie derrière caddie, chez ce hard discounter allemand (celui qui n'a pas la première lettre de l'alphabet dans son logotype), il a suffi d'une bribe de conversation, entendue à la volée, pour reprendre un tonus tout printanier ?.. L'homme: "Et comment ça va, vous avez le moral ?", la femme: "Et pourquoi ç'qu'on ne l'aurait pas ?"... Alors, commençons cette seconde semaine pascale par un disque plus doux qu'amer mais aussi plus acide que basique... Il n'est plus besoin, ici, de présenter Richard Desjardins ni même de rappeler qu'avant de démarrer la carrière solo qu'on lui connaît, il avait animé, fin des 70's, le fugace groupe Abbittibbi... Pas si fugace que ça, cela dit, puisqu'une fois le succès acquis et la reconnaissance installée, Richard a rameuté ses vieux potes, en 1994, pour un album studio, une tournée et, en toute logique, le live aujourd'hui présenté... Enregistré sur trois jours de novembre 1995, au vieux-clocher de Magog (la ville québécoise "nichée entre le lac Memphrémagog et le mont Orford, noyau d'une station touristique bien pourvue en infrastructures sportives", nous apprend le syndicat d'initiatives local; et non pas, évidemment, le Magog biblique, fils de Japhet, descendant de Noé), cette plaque permet, évidemment, des traverses musicales et des envolées harmoniques que Richard tout seul aurait bien du mal à atteindre... Francis Grandmont aux guitares, Claude Vendette aux saxophones, Rémy Perron à la basse et Richard Perrotte aux percussions entraînent nombre de classiques du répertoire de Desjardins dans des ambiances sublimées: "Miami" acquiert enfin l'atmosphère opressante adéquate à cette anti-fable sur le racisme ordinaire; "M'as mettre un homme là-dessus" devient un boogie de fin de siècle, poisseux et concentrique; "Les Yankees", en final, est conforté dans sa construction en crescendo et le climax des paroles, lorsque l'on découvre "qui est le chef ici", est soutenu par un apogée musical explosif... Mais ce disque vaut aussi, pour tous les amateurs de chanson francophone autant que pour les fans de Desjardins, par ses morceaux inédits, notamment le très delta-graisseux "Déboutonne ton blues", l'irrésistible chanson à répondre "Les Bonriens" ou le morceau de bravoure folk (et tout simplement l'un des meilleurs morceaux de Richard) "Au Pays des Calottes"... Par contre, bien sûr, ça risque d'être difficile, en 2011, de se procurer ce disque mais c'est définitivement le printemps, alors on va pas s'en faire pour ça, les coeurs palpitent, les oiseaux chantent, les coeurs sont des oiseaux.

Écrit par Pierre et petit pain dans Cousinages, Dust Blowin', Muddy Feet | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

01/02/2011

317. "AT FILLMORE EAST" The Allman Brothers Band

Allman brothers live at Fillmore east.jpgEt depuis la dernière fois qu'on s'est parlé, les Belges ont versé bien des larmes en attente d'un hypothétique gouvernement tandis que Tunisiens et Egyptiens versent le sang pour se débarasser de leurs dirigeants... Et la flore assurant l'équilibre de mon transit a clairement choisi son camp lorsqu'elle s'est révoltée contre sa belle-famille intestinale... Nul doute que la nouvelle vague de froid qui vient nous transir est à blâmer dans ce dérangement tripier, qui n'est jamais comique (...comique tripier... non, aucun preneur pour ce calembour ?...mauvais public, va!)... Un bon ressenti sibérien qui a donc, aussi, envoyé les pics de pollution crever les plafonds sanitaires de santé publique, entraînant, comme de juste, le dispositif "smog" et sa ribambelle de contraintes, la plus populaire n'étant certainement pas la limitation de vitesse... Un rapide sondage, constaté sur le terrain, nous apprend que le taux de conducteurs respectant le 90km/h sur autoroute ne dépasse pas les 15% et chute lourdement (probablement en-dessous des 10%) si on inclut ces enfoirés de routiers poids-lourds qui ont clairement oublié qu'ils étaient sympas du vivant de Max Meynier... Et c'est évidemment, les plus rockologues des lecteurs de ce beulogue le savent déjà, de non-respect des limitations de vitesse et de chauffeurs de camion à l'imprudence assassine qu'il sera question aujourd'hui puisque l'histoire du Allman Brothers Band est définitivement marquée par la mort de Duane Allman, le 29 octobre 1971, lorsqu'il est venu empaler sa moto à l'arrière d'un poids-lourd qui avait oublié d'utiliser ses avertisseurs lumineux alternatifs de changement de direction (voilà, comme ça pas de bagarre entre les tenants francophiles du "clignotant" et les aboutissants belgicains du "clignoteur")... Le mythique "At Fillmore East" présenté aujourd'hui a été enregistré à la mi-mars (les 12 et 13, pour être exact) de cette même année 1971, dans la non moins mythique salle "Fillmore" qui devait fermer peu après (et abrite, quarante ans plus tard, une succursale bancaire; est-ce là une simple coïncidence ou un glaçant résumé du tout-au-marché qui finira bien par manger nos fils et pousser nos filles sur le trottoir et vice-versa? Saloperie de capitalisme... ah, ça soulage, je vous conseille un bon "saloperie de capitalisme" une fois de temps en temps, ça coûte moins cher que d'élever des chèvres et c'est moins salissant qu'une bombe à clous)... Donc, "At Fillmore East", en sept morceaux pour un total de 76 minutes, offre un portrait éclatant de la fratrie Allman juste avant les drames précités... Et prouve sans mal que les garçons plein de pilosité faciale étaient des musiciens excessivement capables... Sans renier leur assise blues-rock-boogie carrée et répétitive (et que l'on sait que je n'aime pas ça), les Allmans avaient surtout une maestria dans l'art du solo et du maintien d'intérêt du public dans des improvisations parfois longuettes ("Whipping Post" qui plafonne à 23 minutes et clôt ce disque n'est en fait qu'un extrait de la version live complète qui pouvait, selon l'inspiration de Duane à la guitare, Greg aux claviers et Dickey Betts à l'autre guitare, Berry Oakley à la basse et, aux fûts, JJJ et Butch, flirter allégrement avec l'heure de musique)... La force, au final, du band était cette capacité à décoller les étiquettes et défoncer les boiboîtes de rangement... Forcément blues-boogie, les Allmans étaient aussi des précurseurs du hard-rock et, mieux, n'hésitaient pas à inclure dans leurs longues jams des références au répertoire de la musique classique et, surtout, au jazz, à travers de nombreuses constructions rythmiques et progressions tonales qui leur ont, à plusieurs reprises, valu des comparaisons avec John Coltrane ou Miles Davis... Quittons nous sur une anecdote comme une autre, qui permettra aussi de rappeler que la drogue, c'est comme le capitalisme, ça peut être fun au début puis quand on comprend que ça appauvrit, ça abrutit et ça tue, c'est tout de suite moins comique (tripier, je vous rappelle... non, toujours pas?)... L'anecdote en question s'appelle "Pourquoi les membres du Allman Brothers Band sont hilares sur la pochette de ce disque alors qu'il était notoire qu'ils détestaient se faire photographier?"... Alors, je mets mes lunettes d'Oncle Paul sur le nez (alors ça, c'est pas une référence pour les moins de 30 ans) et je vous explique... La session de photos traînait lourdement, le photographe ne parvenant pas à obtenir la moindre réaction des six gaillards... Soudain, Duane (deuxième en partant de la gauche sur la couverture de cet album, n'hésitez pas à cliquer sur la vignette pour voir l'image en plus grand) voit passer un de ses amis dealers dans le coin, il se lève en furie et se rue sur le marchand de mort lui acheter une portion de merde... Il revient s'asseoir et se rend alors compte que la session photos est toujours en cours, il camoufle alors le sachet d'herbe dans son entrejambe, le couvrant à la va-vite de ses mains, entraînant l'hilarité générale de son frère et de ses potes... Et l'instantané devient la pochette de ce qui reste encore aujourd'hui l'un des plus grands albums live de l'histoire de la musique rock.

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29/11/2010

312. "IN THE GARDEN" Bob Dylan & various artists

bob dylan in the garden.jpgEt pourquoi pas, après tout ?... Pourquoi pas présenter aujourd'hui un disque tout juste légal, survivance d'un temps où certains pays d'Europe (en l'occurrence, l'Italie mais l'Espagne appliquait aussi cette exception légale) permettaient l'édition de disques non-officiels nonobstant (tiens, y'avait longtemps, un bon nonobstant) cotisation adéquate auprès de l'organisme national de gestion des droits d'auteur patrimoniaux ?... Ainsi, le label KTS-Kiss The Stone s'était spécialisé dans les publications de concerts de tout ce que la planète musique populaire pouvait avoir de vendeur à l'époque (c'est-à-dire grosso modo des débuts du CD en tant que nouveau support normatif, à la mi-80's jusqu'à l'uniformisation de la législature européenne en matière de droits patrimoniaux, à la mi-90's)... Juste un détail en passant, nous ne sommes bien pas ici dans le milieu interlope du disque pirate et du bootleg mais simplement donc dans un produit paralégal venu d'un pays où il ne pleut pas mais où l'on voit souvent rejaillir le feu d'un ancien volcan, etc. etc. bref, en Italie, donc, on l'a déjà dit... Or, fin 1992, surgit cet enregistrement intégral du concert donné le 16 octobre au Madison Square Garden; grande fête new-yorkaise, nouba pleine d'invités, pour célébrer les trente ans de sortie de "The Freewheelin' Bob Dylan", deuxième album du folkeux mijuif, balise, s'il en est, dans la musique américaine et mondiale... Le tout avec un son d'enfer puisqu'on vous l'a expliqué deux paragraphes plus haut, nous ne sommes pas ici dans le milieu interate du disque pilope ou quelque chose dans le genre... Pour célébrer ces trois décennies du sieur Bobby Dylan au sommet de la pyramide des ACI de l'Oncle Sam, les organisateurs avaient donc rassemblé un fameux gratin et beaucoup plus de crème et de viande que de patates (c'est rapport au gratin dauphinois et c'est pas loin d'être mon aparté le plus nul de tout ce blog)... (et à partir d'ici, ça s'écrit tout seul) Le casting est pléthorique, que dis-je, gothesque, comment, absolument tout le bottin rockain est là, mon bon Jeeves (les fans de Wodehouse se régalent), alors ça donne, par ordre alphabétique et de manière exhaustive (histoire de gagner un max de place et donner l'impression qu'il y a vraiment beaucoup à lire sur ce blog) The Band, Johnny Cash, Rosanne Cash, Tracy Chapman, Eric Clapton, George Harrison, Richie Havens, Chrissie Hynde, Kris Kristofferson, Roger McGuinn, John Mellencamp, Pearl Jam, Tom Petty and the Heartbreakers, Lou Reed, George Thorogood, Johnny Winter, Stevie Wonder, Ron Wood, Neil Young et bien sûr, His Bobness lui-même, seul puis accompagné de ses plus proches... Petite note à moi-même: mon chou (bon, je me mèle pas de comment vous vous appelez dans le miroir alors, hein, merci), comprends-tu enfin mieux comment et pourquoi tes goûts d'adolescent (alors oui, en 1992, j'étais pas encore un adulte et prout à celui qui dira que je suis pas encore un adulte en 2010, prout, prout, prrrrtt) se sont forgé à contre-courant de tes congénères qui écoutaient alors Technotronic, Whitney Houston (and Iiiii Iiii aïe will alwayyyyys love yoou oouh), Roxette ou, même, Nirvana ? Oui, mon mignon (ah oui, je m'appelle pas le même quand je me questionne ou quand je me réponds, c'est un peu ça le principe, sinon à quoi ça sert de se parler, à part à inquiéter les gens, si c'est à voix haute, dans le métro, quoique, au jour d'aujourd'hui, avec ces téléphones portables en mini-oreillette, y'a des aliénés urbains qui sont juste en train de s'engueuler en direct avec leur copine, pour de vrai), je me comprends enfin... Et de vous quitter sur une ultime anecdote, peu intéressante mais simple prétexte à taper une photo (une tof, pardon, une tof) de plus sur cette page... Confronté à des échos venus du vieux-monde (ça, c'est chez nous) du succès de vente de ce disque, les boursocordonteneurs des USA (ça, c'est chez eux) se décidaient à sortir, un long dix mois plus tard, une version officielle de ce concert, que c'est bien sûr celle-là et celle-là seule que vous pouvez espérer trouver en boutique de nos jours, si vous le cherchez, ce disque ressemble à cela:

bob dylan 30th anniversary concert celebration.jpg PS: ça m'arrive d'être parfois un peu lent de corps, malgré un esprit vif comme le mercure (et probablement aussi toxique) et je viens donc seulement de me rendre compte que si on cliquait sur les photos, des fois on les faisait apparaître en plus grand dans une nouvelle fenêtre et je pense bien que c'est le cas pour cette pochette qui se constitue d'un joli collage des vedettes qui ont pris part à ce concert anniversaire en 1992... On regarde pas à la dépense chez skynet, c'est certain.

29/10/2008

278. "03" Son of Dave 29/10/08

Son of Dave 03Soyez convaincus que ce mois et demi de silence bétablogant s'est faufilé entre les paquets d'octets à l'insu de notre volonté... Cela dit, avec toutes nos plates et confuses, nous voici de retour, et ça va continuer à déménager dans les woofers, les tweeters, les toutc'quevousvoulers, bref les enceintes (à qui, combien de fois faudra t'il le dire, il faut laisser sa place dans le bus, bande d'inciviques)... Reprenons donc en gardant pincéé au bout de nos doigts quelque poussière d'étoiles qui nous tombe encore des yeux, orbites tréssaillantes sous les vibrations d'acouphènes bien mérités, depuis ce soir du autant, entre un retour de vacances à la beauté sauvage de la nature et une remise la tête hors de l'eau de circonstance... Or donc, nous vîmes l'énergumène sur scène au sein de la très utérine salle de la Rotonde et c'est une expérience qui marque… Dans une autre vie, c’est aujourd’hui connu, Benjamin Darvill fut mannequin pour simulation d’accidents de voitures et, par là-même, quinze ans plus jeune mais avec déjà cette étrange allure d’albinos anoréxique, était donc le multi-instrumentiste de ce groupe dont le tube devrait, aujourd’hui, nous inciter à manger des frites surgelées, bref, passons… Parce que tout ceci, en vérité, à notre humble niveau, a démarré grâce à Belgacom (ce qui est du plus bel effet de cirage de pompe à écrire dans un article d’un blog skynet, mais ne manque pas d’une pointe d’hypocrisie non plus vu comment le wi-fi nous lâche sans prévenir et sans raison pour le moment)… Mais par contre, pas de soucis avec le décodeur, c’est justement sur France4 (en exclu sur BelgacomTV, on « voo » le dit comme ça en passant) qu’on tombe sur Taratata (on l’a déjà dit, la tante de Nagui ne se prénomme pas Tara, non) et qu’on découvre donc le fils de Dave (c’est compliqué toutes ces références croisées, qu’est-ce que notre gay batave préféré vient faire dans ce brol, maintenant ?), en duo (y’en a marre des parenthèses mais le fait est qu’un artiste seul qui se produit avec un groupe, c’est difficilement un duo mais n’ergotons pas de trop s’il vous plaît, on a paumé les Dafalgan en Allemagne la semaine passée, si on pouvait éviter les maux de tête, ça serait bienvenu) avec la formation americana-roots-franco-étatsunienne Moriarty… Achats de disques s’ensuivent et nous voici revenus, non sans nids de poule à vous flinguer deux jantes et deux pneus (ah mais, c’est qu’on a des comptes à régler avec le coquin de sort), à ce soir du autant à la Rotonde… Son of Dave, dans son costume presque trop grand, avec son micro vissé trop bas, a mis des claques à tour d’harmonica, de tape-du-pied et de beatbox rémoulu par son séquenceur portable, à ce public étrangement un peu amorphe… Qu’à cela ne tienne, hors des genres, à cheval entre le blues, le funk et la folk, avec une louche débordante de soupe anarfestive pour lier le tout, Son of Dave a déjà sorti trois disques depuis qu’il a revêtu cet antiuniforme de king des hommes-orchestre… 03 est, en toute logique, le dernier en date, sorti à la fin 2007 et, à n’en point douter, le plus facile à trouver en magasin… A ce propos, nous serions bien mous et gluants de ne pas vous conseiller, plus que jamais, d’acheter vos disques hors des supermarchés et autres structures anonymes… préférez une boutique spécialisée où les prix ne seront pas nécessairement très différents mais le service sera inégalable (ceci était notre bonne action hebdomadaire en faveur du petit commerce)… Bon, avouez, vous le sentiez venir, ou du moins ceux d’entre vous qui ont fait l’effort de se farcir tout ceci jusqu’au point final (qui va arriver dans exactement 34 mots), et vous aviez raison, après tant et tant d’absence, disons-nous à la prochaine avec une vidéo glanée sur youtube… Son of Dave reprend « Harder, Better, Faster, Stronger » des Daft Punk… Take it.

Seb & Rox

  

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02/08/2007

The Traveling Wilburys: "Wilbury Twist"

Le dernier single des Traveling Wilburys, dans un montage video refait pour la sortie de la Collection en juin 2007... On peut néanmoins apercevoir au début du clip le regretté John Candy... Laissons le mot de la fin à George Harrison, qui a toujours reconnu: "La magie des Wilburys, c'est aussi que c'est la chance, le hasard, la magie peut-être, qui nous a embarqués dans cette aventure... Je suis sûr que si on s'était réuni pour consciemment dire, créons un groupe, écrivons des chansons ensemble et vendons des disques, ça n'aurait jamais aussi bien fonctionné!"... Un dernier détail de poids: les sept vidéos ici en ligne sont copyright (c) 2007 T. Wilbury Limited, sous licence exclusive de Rhino Entertainment Company, sertissage vidéo en blog personnel autorisé via www.youtube.com, sous mention du copyright.

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The Traveling Wilburys: "Inside Out"

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The Traveling Wilburys : "She's my baby"

Premier single du second album, un morceau plutôt nerveux...

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The Traveling Wilburys : "End of the Line"

Le clip du second single du premier album est déjà marqué, vous le verrez, par l'absence physique de Roy Orbison... Ce rocking-chair vide file le bourdon, non ?

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