01/10/2013

347. "CAR BUTTON CLOTH" Lemonheads

Uncdparjour Carbuttoncloth.jpgNous le savions mais nous pouvons confirmer plusieurs choses: Crna Gora est un lieu rare, sa riviera évacue les flonflons européens au profit d'une indolence balkanique toute pardonnable, ses plages n'ont pas besoin de sable fin, leurs galets sont d'un vert vif qui dialogue sans cesse avec le turquoise de l'Adriatique... Enfin, afin de boucler ce préambule particulièrement impudique, sachez, mes lecteurs toujours plus nombreux et avides, que le système du all-inclusive, dont on peut critiquer certains aspects, est idéal pour un enfant comme le nôtre qui, du haut de ses 27 mois, s'est pourléché plus que de sa part, faisant voler à parts égales, les saucisses, les frites, les crèmes glacées, les morceaux de pastèque, barbotant, flotteurs aux bras, dans des piscines de joie et d'éclabousse... Mais voilà, reprenons le cours normal de ce blog, puisque se plonger dans des piscines d'hôtel déplace des volumes d'eau équivalents à des poussées verticales et tout ça...  Archimède était un vieil aigri particulièrement désagréable à fréquenter, d'autant que son haleine de casu marzu (ah, vous aussi vous avez passé votre été à regarder les pitreries de Willy dans la forteresse maritime ?) vous retournait l'estomac et vous brûlait les sourcils... Mais étant donné le peu de documents écrits et de témoignages fiables nous venant de cette lointaine antiquité, nous préférons tous, autant que nous sommes, ne propager d'Archimède, au sein des générations futures (c'est un réflexe mémétique, ne vous en voulez pas), que son principe bien connu qui dit un truc du genre: "tout ce que tu fais déborder de ta baignoire et qui coule sur le sol de ta salle de bains, tu le dois au poids de tes fesses, va faire du spinning en cours collectif plutôt que d'embêter le monde avec ton blog pourri de l'intérieur par les asticots"... Une petite voiture (car), un bouton (button), un morceau de tissu (cloth), tous ces objets ont coulé dans l'eau, déplaçant x et y décilitres, par une poussée verticale égale au carré de la douleur musculaire après ladite heure de vélo-torture... Pas le dernier dans son genre pour jouer au kidult, Evan Dando (déjà croisé sur ce blog, notamment en 282 et en 322), choisissait donc, pour la pochette de son album de 1996, de raviver un exercice appliqué de sciences qu'il avait mené dans sa tendre enfance... En l'occurrence, plonger divers objets dans l'eau et constater lesquels flottent (aucun, on l'a vu)... Et somme toute, ce titre plutôt obscur, "Voiture, Bouton, Tissu", s'il fait directement référence à ce devoir de primaire, pourrait aussi adéquatement illustrer l'ambiance de la plaque... Dando sortait alors de cette période, de 1990 à 1994, qui avait été sa plus riche, tant créativement que financièrement, avec des chansons inspirées et un vrai kolé seré avec le succès grand public... Pour diverses raisons, il s'était alors distancié de ses musiciens de l'époque, concoctant une nouvelle mouture des Lemonheads pour ce "Car, Button, Cloth" qui présente tout à la fois les pétarades nerveuses d'une automobile, les élans authentiques d'un rond de bois troué et la douceur élimée d'un morceau d'étoffe... Il est temps d'un aparté à moi-même, car cette chronique me prouvera également que je ne rédige pas ce blog uniquement pour tes beaux yeux, toi, mon lectorat croquignolet, cet exercice, qui d'abord m'exulte tous les travers de cette réalité non-idéale, me permet également de redécouvrir des disques de ma grosse collection (dédoublée, les plus anciens fouineurs céans le savent, c'était dans le sous-titre de l'objet à son lancement, par la collection de mon amoureuse, fiancée, raison de vivre)... Et cette plaque de 1996 des Lemonheads, groupe, je le sais le sais-tu, dont j'étions très friand dans ces temps-là, m'avait, alors, pas mal déçu, par la chute globale de qualité par rapport aux deux sorties précédentes du groupe, par le changement radical de personnel et par les effets en dents de scie de l'agencement des chansons tout au long de l'album (on dit track-list en jargon de rockologue, mais vous le saviez, vous savez d'ailleurs déjà beaucoup trop de choses, je trouve, il serait peut-être temps que je consacre mon temps, mon énergie et mon charisme à la constitution d'un mouvement sectaire de type apocalyptique-survivaliste; de un, ça me ferait des rentrées d'argent faciles et régulières; de deux, ça m'éviterait d'avoir à raconter n'importe quoi à propos de secte apocalyptique-survivaliste pour essayer de tirer en longueur une chronique dont je sens bien qu'elle ne donnera rien de bon)... Et, à la réécoute, en préparation de cette nouvelle entrée (la trois-cent quarante-septième, ça commence à chiffrer, cette histoire), je découvre qu'avec quinze ans de décalage, c'est finalement l'aspect pot-pourri de ce disque qui me plaît le plus... On démarre sur quatre chansons (incluant les deux singles qui seront extraits de ce disque et que vous verrez en fin de texte, si vous crachez pas vos poumons à agiter vos bras en poussant des cris barbares, en pédalant en danseuse, après trois tours de molette) calibrées, mélodies entêtantes, compos efficaces, comme Dando pouvait en pondre treize à la douzaine, tout en renouant avec une certaine distortion, un bruit de fond qui faisait les choux gras des premiers albums des Lemonheads (quand ils étaient encore deux à auteuriser-compositer, on en a parlé en temps et heure)... Puis, l'auteur-compositeur passablemment lymphatique emprunte au répertoire de son ami australien Tom Morgan (du groupe Smudge mais on entre là dans les antichambres les plus obscures du folk-rock mondial, promis je me pencherai sur leur cas un jour, d'autant que leurs disques font partie de ceux de ma collection dont je sais pertinemment que je ne parviendrais pas à les remplacer si je venais à les perdre mais c'est sans discussion possible une gloserie que nous devrons tenir un autre jour) en offrant une version country sautillante de "The Outdoor Type" et une lecture particulièrement indie à grosses taches de "Tenderfoot"... En milieu de plaque, cassant le rythme, on s'enfonce dans "Losing your mind", un long blues fracturé sur lequel Evan, déjà pas le plus gros hurleur du rock, chante avec un filet plaintif qui ferait pleurer les saules les plus solides (et je ne parle pas du copain Baptiste, malgré son deux cent centimètres et ses cent vingt kilos)... Plus loin, la murder ballad traditionnelle "Knoxville Girl" donne lieu à une ruade réjouissante (qui rappelle aussi que le principal modèle de Dando a toujours été Gram Parsons, ce qui, tant qu'on est à parler de country-rock, nous oblige à envoyer des bisous à Linda Ronstadt pour ces prochaines difficiles années sans plus pouvoir chanter), à mille lieues du velours easy listening de "C'mon Daddy" qui suit... Entre les deux, un petit scud dont Evan Dando a toujours le secret: "6ix" (confer le titre du film de David Fincher) qui en deux minutes de bruit répète à l'envi "Here comes Gwyneth's head in a box"... Arrivée la fin du disque, cette nouvelle incarnation des Lemonheads donne libre cours à son énergie sur un long instrumental, au mystérieux titre de "Secular Rockulidge", qui enchaîne cassures de rythme et envolées de guitare... Et fournissait aussi la matière au terrifiant final des concerts du groupe en ce temps-là, comme lors de ce soir d'hiver, dans la salle VK, avec cet ami d'il y a vingt-cinq ans (qui ferait bien un petit coucou s'il passait par ici, ce n'est ni ton tour ni le mien de recevoir chez soi, comment faisons-nous si le troisième larron se trouve trop pris par ses responsabilités en tant que notable de son village ?)... Evan Dando, apparemment plutôt dépressif (ou alcoolisé ou les deux), avait fourni une prestation fiévreuse mais également asthmatique et a terminé ce concert, moment formateur de ma vie de jeune fan de rock, en relâchant lentement la tension des cordes de sa guitare, se retrouvant à jouer des notes totalement désaccordées et forcément fluctuantes, sur des cordes dont l'amplitude devait dépasser le corps de la guitare de cinq bons centimètres, tant vers le haut que vers le bas... des hauts et des bas, des notes fluctuantes, j'achèverai là cette chronique à l'inspiration, au final, aussi discutable que ce disque du jour. Discutable aussi, cette petite prestation live, passée à la postérité de la toile mondiale via le gros site de partage vidéo, du groupe en 1996 dans le talk show de milieu de journée de Jenny Jones, sorte de croisement moral entre la condescendance bienveillante d'une Oprah Winfrey et le sensationnalisme ordurier d'un Jerry Springer, bref, pas le contexte dans lequel on imaginerait les Lemonheads défendre les deux singles de leur disque contemporain. 
 

23/08/2013

338. "SOUTHERN ACCENTS" Tom Petty and the Heartbreakers

uncdparjour southern accents.JPGC'est une histoire de la trempe dont raffolent les rockologues, à la fois drame psychologique haletant, épopée initiatique édifiante, buddy movie déconnant, tout ça en même pas quarante minutes de longplaying... Car en 1985, le CD  reste un objet d'amusement jungien pour les foyers américains fortunés qui veulent surcompenser le fait que leurs voisins aient une plus grosse bagnole ou, au mieux, le CD constitue le dernier fixe des drogués de l'avancée technologique à tout crin mais quoiqu'il en soit, le support digital n'est toujours pas le maître-étalon qui sera capable d'envoyer à l'exil les galettes en polychlorure d'éthényle... Pour preuve, en fan acharné de Tom Petty and the Heartbreakers, c'est établi depuis la première chronique de ce blog, je possède le disque du jour (Southern Accents, donc, j'espère que vous lisez les titres des chroniques et que vous regardez la photo qui accompagne, en haut à gauche; photo, je le rappelle à toutes fins utiles qui, souvent, apparaît en plus grand dans une nouvelle fenêtre quand on clique dessus, je vous gâte ou quoi ?),  en plusieurs supports (forcément) mais aussi en plusieurs versions, notamment cette édition compact-disc américaine (la référence catalogue MCAD-5486) de "Southern Accents" qui, contrairement à la version britannique, pourtant aussi de 1985 (référence MCD 03260), présente, sur son verso, la track-list selon les face A et B du LP... Je viens de me rendre compte que cette anecdote ne peut absolument intéresser aucun des lecteurs de ces pages mais bon, vu que je viens de m'embêter à aller vérifier les références catalogues sur les tranches des disques, je considère qu'il est trop tard pour revenir en arrière et tout effacer... De toute manière, on n'apprend que des erreurs du passé puisque personne ne peut connaître celles qu'on commettra dans le futur... Et une erreur à leçons, lors de l'enregistrement de ce disque, Tom Petty en a commise/apprise une fameuse... Elle se résume comme suit: "Quand on est guitariste, il vaut mieux pas taper sa main de rage contre un mur"... Sortis de trois disques à succès, avec une carrière bien soutenue par MTV, le groupe, et son leader auteur-compositeur, décide de se lancer dans un projet un rien ambitieux, réaliser un album méta-concept dont les chansons brosseraient, par touches, par impressions ou par portraits, un panorama de ce sud des états-unis qui les a vu grandir avant d'aller chercher un contrat de disques en Californie (épopée initiatique édifiante)... Mais non seulement l'inspiration est beaucoup plus une dominatrice cruelle, en cuir et cravache, qu'une maîtresse éprise, dentelles entre les dents, qu'en plus, dans ce milieu des années 80, l'ambiance restait tendue entre Petty et MCA Records... Après le retentissant procès de 1979 et le conflit larvé de 1981, la maison de disques se moque des intentions artistiques annoncées pour "Southern Accents" et voit surtout que les sessions studios se prolongent... Deux ans sans aucune nouvelle sortie, à l'époque du vinyle, quand certains sortent deux albums et huit singles dans le même laps, ça commence à faire long... Avec cette inutile pression et la frustration de ne pas parvenir à sortir de la table de mixage le son qu'il a dans la tête (drame psychologique haletant) pour le pressenti premier single "Rebels", Tom va s'offrir un coup de sang au coût exorbitant: en balancant, de rage, un coup de poing dans le mur, il se fracasse tout le métacarpe... Bye bye la guitare, le piano, adios la musica... Faisant contre mauvaise fortune bon coeur (les troupes postées sur les plages, elles, elles faisaient bunker; mais qu'est-ce que je peux débiter comme débilités, s'il vous plaît), le groupe se résoud, la mort dans l'âme, enfin, dans la mimine, à boucler le work in progress un peu dans l'urgence... Cinq morceaux sont complétés, ce n'est évidemment pas suffisant pour un album; il va falloir trouver un arrangement... On (quelqu'un mais dont l'identité n'est pas clairement établie, c'est l'usage le plus fréquent du pronom indéfini) décide de mercenariser un certain David Alexander Stewart qui se trouve au sommet des charts des deux côtés de la flaque atlantique avec le groupe qu'il anime avec sa copine/épouse/égérie/cuir-cravache Annie Lennox; le Dave Stewart d'Eurythmics donc, on a compris... Et là, tant mieux, le Petty plâtré va se trouver tout un tas de petits atomes crochus avec le guitariste britannique (buddy movie déconnant) qui finira par composer trois morceaux pour la plaque, dont deux sortiront en single et coloreront in fine "Southern Accents" de touches funky et cuivrées que le projet initial ne devait pas avoir... Mais voilà, malgré tout ça, ça reste un peu court, huit chansons, trente-quatre minutes, bientôt trois ans que le public attend un nouveau disque... Alors là, est posé le geste qui finit de déstructurer le projet: "Southern Accents" va sortir, ne sera en rien la vision initiale de Tom Petty, se conclura donc même sur un morceau repêché dans les masters de 1979 et pas utilisé sur le disque d'alors, ce fameux "Damn The Torpedoes" qui avait enclenché les inimitiés entre le groupe et MCA Records... Reste donc au final un disque de bonne facture (et même si c'est le fan purdur qui parle) qui aura connu son succès commercial et s'accompagnera d'un clip, pour le single "Don't come around here no more", resté dans les mémoires (mais oui, cette variation du non-anniversaire d'Alice, du Chapelier fou et de toute cette clique des merveilles)... Subsiste, pour l'aficionado, à jouer à la rock-fiction... Car nul doute que sans cette main massacrée, Petty et ses briseurs de coeurs seraient allés au bout de l'aventure et auraient, peut-être, réalisé le meilleur album de leur carrière... Les cinq morceaux composés, enregistrés et mixés dans cet esprit d'inventaire sudiste doux-amer sont tous excellents, chargés d'âme et de sentiments vrais, broutant dans des prairies situées bien au-delà du simple rock efficace et vendeur... Quand sur la plage titulaire, portée par un piano et une section de cordes, Petty évoque ces nuits d'insomnie où le fantôme de sa maman vient s'agenouiller et prier pour lui, on comprend que tout doute est levé, ce n'est pas ici un narrateur anonyme qui se balade dans ces cinq chansons-là, l'intention artistique était bien de plonger dans une semi-autobiographie... Finalement, Petty replongera une fois de plus dans les affres juridiques: une grand emarque de pneus détournera le morceau "Mary's New Car" sans avoir consulté le premier interessé, que l'on sait chatouilmleux sur toute exploitation tierce et commerciale de son oeuvre... Le goût de trop peu et d'acte manqué de ce disque est d'autant plus aigü qu'une autre chanson, "Trailer", portée par un harmonica alors bien rare chez TP&HB, ressurgira peu après en face B de 45 tours, petite pépite qui aurait largement mérité sa place sur l'album... De plus, une démo pleine de promesses, enregistrée (mais jamais terminée, os broyés oblige) en duo avec Stevie Nicks deviendra, sans Stevie Nicks, "The Apartment Song", morceau de "Full Moon Fever" (1989), premier album chroniqué sur ce blog, mis en ligne il y a quasiment sept ans, tout ça ne me rajeunit pas, du coup je déprime alors j'arrête cette chronique sans chute convenable, avec arrêt sur image sur un visage qui sourit de guerre lasse et le générique qui commence à défiler de bas en haut, comme dans un mauvais téléfilm.

29/11/2010

312. "IN THE GARDEN" Bob Dylan & various artists

bob dylan in the garden.jpgEt pourquoi pas, après tout ?... Pourquoi pas présenter aujourd'hui un disque tout juste légal, survivance d'un temps où certains pays d'Europe (en l'occurrence, l'Italie mais l'Espagne appliquait aussi cette exception légale) permettaient l'édition de disques non-officiels nonobstant (tiens, y'avait longtemps, un bon nonobstant) cotisation adéquate auprès de l'organisme national de gestion des droits d'auteur patrimoniaux ?... Ainsi, le label KTS-Kiss The Stone s'était spécialisé dans les publications de concerts de tout ce que la planète musique populaire pouvait avoir de vendeur à l'époque (c'est-à-dire grosso modo des débuts du CD en tant que nouveau support normatif, à la mi-80's jusqu'à l'uniformisation de la législature européenne en matière de droits patrimoniaux, à la mi-90's)... Juste un détail en passant, nous ne sommes bien pas ici dans le milieu interlope du disque pirate et du bootleg mais simplement donc dans un produit paralégal venu d'un pays où il ne pleut pas mais où l'on voit souvent rejaillir le feu d'un ancien volcan, etc. etc. bref, en Italie, donc, on l'a déjà dit... Or, fin 1992, surgit cet enregistrement intégral du concert donné le 16 octobre au Madison Square Garden; grande fête new-yorkaise, nouba pleine d'invités, pour célébrer les trente ans de sortie de "The Freewheelin' Bob Dylan", deuxième album du folkeux mijuif, balise, s'il en est, dans la musique américaine et mondiale... Le tout avec un son d'enfer puisqu'on vous l'a expliqué deux paragraphes plus haut, nous ne sommes pas ici dans le milieu interate du disque pilope ou quelque chose dans le genre... Pour célébrer ces trois décennies du sieur Bobby Dylan au sommet de la pyramide des ACI de l'Oncle Sam, les organisateurs avaient donc rassemblé un fameux gratin et beaucoup plus de crème et de viande que de patates (c'est rapport au gratin dauphinois et c'est pas loin d'être mon aparté le plus nul de tout ce blog)... (et à partir d'ici, ça s'écrit tout seul) Le casting est pléthorique, que dis-je, gothesque, comment, absolument tout le bottin rockain est là, mon bon Jeeves (les fans de Wodehouse se régalent), alors ça donne, par ordre alphabétique et de manière exhaustive (histoire de gagner un max de place et donner l'impression qu'il y a vraiment beaucoup à lire sur ce blog) The Band, Johnny Cash, Rosanne Cash, Tracy Chapman, Eric Clapton, George Harrison, Richie Havens, Chrissie Hynde, Kris Kristofferson, Roger McGuinn, John Mellencamp, Pearl Jam, Tom Petty and the Heartbreakers, Lou Reed, George Thorogood, Johnny Winter, Stevie Wonder, Ron Wood, Neil Young et bien sûr, His Bobness lui-même, seul puis accompagné de ses plus proches... Petite note à moi-même: mon chou (bon, je me mèle pas de comment vous vous appelez dans le miroir alors, hein, merci), comprends-tu enfin mieux comment et pourquoi tes goûts d'adolescent (alors oui, en 1992, j'étais pas encore un adulte et prout à celui qui dira que je suis pas encore un adulte en 2010, prout, prout, prrrrtt) se sont forgé à contre-courant de tes congénères qui écoutaient alors Technotronic, Whitney Houston (and Iiiii Iiii aïe will alwayyyyys love yoou oouh), Roxette ou, même, Nirvana ? Oui, mon mignon (ah oui, je m'appelle pas le même quand je me questionne ou quand je me réponds, c'est un peu ça le principe, sinon à quoi ça sert de se parler, à part à inquiéter les gens, si c'est à voix haute, dans le métro, quoique, au jour d'aujourd'hui, avec ces téléphones portables en mini-oreillette, y'a des aliénés urbains qui sont juste en train de s'engueuler en direct avec leur copine, pour de vrai), je me comprends enfin... Et de vous quitter sur une ultime anecdote, peu intéressante mais simple prétexte à taper une photo (une tof, pardon, une tof) de plus sur cette page... Confronté à des échos venus du vieux-monde (ça, c'est chez nous) du succès de vente de ce disque, les boursocordonteneurs des USA (ça, c'est chez eux) se décidaient à sortir, un long dix mois plus tard, une version officielle de ce concert, que c'est bien sûr celle-là et celle-là seule que vous pouvez espérer trouver en boutique de nos jours, si vous le cherchez, ce disque ressemble à cela:

bob dylan 30th anniversary concert celebration.jpg PS: ça m'arrive d'être parfois un peu lent de corps, malgré un esprit vif comme le mercure (et probablement aussi toxique) et je viens donc seulement de me rendre compte que si on cliquait sur les photos, des fois on les faisait apparaître en plus grand dans une nouvelle fenêtre et je pense bien que c'est le cas pour cette pochette qui se constitue d'un joli collage des vedettes qui ont pris part à ce concert anniversaire en 1992... On regarde pas à la dépense chez skynet, c'est certain.

30/10/2010

307. "BOBBEJAAN" Bobbejaan

bobbejaan.jpgC'est en mai dernier que Bobbejaan Schoepen a rangé ses éperons pour de bon... Je pourrais utiliser son image pour souligner une fois de plus la perte que subit ce petit pays à se déchirer de l'intérieur car qui, de ce côté de la maudite frontière linguistique, sait le poids historique de Bobbejaan ? Qui peut dire jusqu'où sa longue et riche carrière l'a mené ? Qui connaît autre chose de lui que son parc d'attractions du côté de Lichtaart ? Mais mon rôle n'est pas de fustiger les Flamands pour leur repli identitaire ni de culpabiliser les Wallons pour leur manque d'ouverture vers la culture néerlandophone (Bruxellois et Germanophones échapperont, ce jour, à ma vindicte)... La chose va de soi, le sieur Schoepen était un monument, le premier countryman de tout le continent européen, un homme autant respecté à Nashville qu'à Sint-Niklaas, à Antwerpen qu'à Austin... Mais il était aussi un reliquat de cette autre Belgique qui n'existera décidemment plus, un artiste capable de manier les deux langues et prêt à l'effort plus mental que physiologique que demande le bilinguisme... Pis surtout, c'est ça qui nous intéresse aujourd'hui, Bobbejaan s'est offert une sortie digne de ce Johnny Cash qu'il avait connu quand chacun était tout jeune... Ce dernier disque éponyme, sorti en 2008, évoque déjà par sa pochette les enregistrements American Recordings de l'Homme en Noir... Ici, dans le rôle de Rick Rubin, c'est Daan qui supervise l'opération, prêtant ses talents de guitariste, chanteur et producteur à cette plaque qui voit aussi défiler quelques guests triés sur le volet: Geike "Hooverphonic" Arnaert et Axelle Red, notamment, autre Limbourgeoise particulièrement bilingue... Bien sûr, il y a un côté testamentaire à l'objet, Bobbejaan y réinterprète quelques-uns de ses standards (Je me suis souvent demandé, De lichtjes van de Schelde) et pioche aussi dans le répertoire quasipublic (Le temps des cerises)... Mais l'ambiance de camaraderie presqu'intime teintée du respect, sans être plombée par celui-ci, que l'on devine tout du long prouve sans aucun doute que le vrai patrimoine de Bobbejaan Schoepen ne réside pas dans l'alignement des montagnes russes.

PS: vous le découvrirez bien assez tôt mais il y avait une autre raison à parler d'une personnalité limbourgeoise en ce dernier week-end d'octobre...

Écrit par Pierre et petit pain dans Eendracht maakt kracht, Yee-haw! | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

11/09/2008

277. "CARRYIN' ON WITH" Johnny Cash & June Carter 11/09/08

Johnny Cash & June Carter Carryin' On With...L'homme en noir, le père dans une éventuelle sainte trinité du rock américain, a cessé de gratter sa guitare il y a cinq ans, très exactement demain jour pour jour... Aujourd'hui, au cas où vous seriez passés à côté, nos cousins d'au-delà de la flaque ont remisé pendant un jour leur bipartisme et la course à la maison blanche pour se remémorer les événements de 2001, tant qu'on est dans le jour pour jour... A part cela, Johnny, le majeur raide, la moue hargneuse, est notre lien musical du mois... Commençons par exemple, et de manière purement arbitraire, cette série de chroniques ad hoc par un bien bel album... Derrière une pochette marquante par sa modernité conservée, "Carryin' On with.." marquait la première collaboration enregistrée entre Cash et son épouse, alors petite dernière de l'imposant clan Carter... On épiloguera pas là-dessus, vous êtes tous censés avoir vu la version hollywoodienne des événements, avec Joaquin Phoenix et Reese Witherspoon dans les rôles principaux, un film qui incita notamment, en son temps, (attention, info people à retardement) le couple mediaglamour Vincent Venet et Joëlle Scoriels à vider le bac country de la FNAC bruxelloise... A ce propos, retapons immédiatement sur le clou, si Johnny Cash a laissé un vide si béant dans l'inconscient collectif quand il s'en est allé, c'est bien sûr parce qu'il a toujours dépassé les étiquettes, et principalement celle de chanteur country... Iggy Pop lui-même n'a-t-il pas un jour avoué que les Stooges avaient composé leurs premiers morceaux (et spécialement No Fun) avec à l'esprit la rythmique deux temps de "I Walk The Line"... Nous voici donc en 1967, l'album de onze morceaux paraît chez Columbia et marchera du feu de dieu, à plus forte raison poussé par le single "Jackson" qui récoltera de nombreuses récompenses et que, si vous êtes sages, vous verrez tout à l'heure dans une vidéo youtube du Muppet Show avec Miss Piggy dans le rôle de June (notre idole porcine est au moins aussi convaincante que Reese, mais c'est un autre débat)... Parmi les autres beaux moments de cette plaque, il faut évoquer cette version passablemment frontière mexicaine du "It Ain't Me, Babe" de Bob Dylan mais aussi deux reprises de Ray Charles (ce qui tord au passage le cou aux critiques voulant coincer Cash dans la seule scène musicale blanche) dont un survolté "What'd I say" qui clôt la face B... La réédition CD de 2002 comprend deux bonus dont une revisite du chant traditionnel "America, The Beautiful" qui est donc de circonstance puisque quels que furent les bénéfices que tire encore aujourd'hui l'administration américaine des attaques du WTC, des gens innocents y ont tout de même perdu la vie... Cependant, y'a 41 ans d'ici, Cash, dans un monologue de sa voix de cendre, énumérait les paysages remarquables du nouveau monde et concluait : "ce que l'Amérique a de plus précieux est gratuit et à tout le monde"... En voilà une position à double tranchant comme on les aime, et que peu d'artistes défendent encore dans ce grand pays aux lois de plus en plus libertophages (cela dit, à force de critiquer les autres, chère Union Européenne, il va être plus que temps de nettoyer devant ta porte)... C'est donc dans une ambiance de recueillement que vous avez été très sages, avalant nos sentences musicopolitiques sans broncher, les mains à plat sur la table, allez, vous l'avez mérité votre Johnny Cash tout jovial qui joue au train "Orange Blossom Special" et à l'amant abrasif qui quitte ou se fait quitter par sa poulette (enfin, sa cochonne) pour Jackson, dans une grange pleine de Muppets.

Écrit par Pierre et petit pain dans Yee-haw! | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

27/12/2007

232. "A CHRISTMAS TOGETHER" John Denver & The Muppets 25/12/07

John Denver & The MuppetsAvec ses boucles blondes et ses lunettes, avec surtout son répertoire rembourré de ballades et de mélodies accrocheuses empruntant au patrimoine public et flirtant de manière large avec les musicalités des courants culturels adultes blancs classes moyennes, country music en tête, John Denver était le chanteur préféré des Etats-Uniens... Son décès il y a dix ans (le 12/10/97, pour les maniaques de chiffres) a de facto fait de son cadavre un objet d'adoration à travers les fifty states... En 1979, alors totalement au sommet de son art, John Denver s'associait aux Muppets de Jim Henson et consorts (déjà 17 ans que le grand Jim n'est plus là pour animer ses bestioles en mousse, ça fait un fameux autre vide), autre institution de la culture ouest-occidentale bien nourrie, pour une émission télévisée spéciale... Pour ce "Noël Ensemble", Kermit, Fozzie Bear, Miss Piggy, le grand Gonzo, Dr. Teeth et son tumulte électrique, Rowlf et toute la bande accueillait le chanteur si propre sur lui pour partager chansons originales et carols traditionnels autour de la nativité mais aussi des aspects moins religieux de la fête... Un disque était rapidement édité avec les meilleurs morceaux musicaux tirés de l'émission tv, une édition en CD en était ensuite réalisée en 1990 et, comme ils savent si bien le faire une fois de temps en temps, les gestionnaires de stock de chez MediaMarkt viennent d'en rentrer des palettes à prix ridicules pour cette fin 2007... Laissons-nous donc bercer par la voix cristalline de Denver et retournons dans l'émerveillement de quand Saint Nico et Pépère Noël existaient encore pour de vrai, voici, grâce une fois de plus, et bien sûr, au site de partage en ligne Youtube, la chansons à tiroirs "Twelve Days of Christmas" (moins pratiquée en langue moliérienne que d'autre chants de Noël mais vachement inscrit dans l'inconscient collectif chez nos cousins d'outre-océan) qui ouvre l'album et permet comme de juste à tous les acteurs du disque de se partager un peu la vedette.

" target="_blank" border="0">

 

05/11/2007

224. "I FELL IN LOVE" Carlene Carter 01/11/07

Carlene Carter I fell in LoveA la sortie de quatre jours chahutés, durant lesquels nous avons vu plus de chambres d'hôpitaux, de blouses blanches, de couloirs linoléés, d'ascenseurs qui font ding-ding que dans les cinq dernières années réunies, il est peut-être une idée pas pire qu'une autre que d'écouter un peu de musique country... Sur ce premier album de son grand retour, en 1990, inaugurant sa relation personnelle et professionnelle avec Howie Epstein, feu bassiste des Heartbreakers, l'héritière du plus grand royaume de la c&w se laisse aller à beaucoup plus de classicisme "guitare twang, violon et contrebasse" que sur son album suivant (que vous retrouvez à la chronique 195)... Elle puise d'ailleurs par moments dans le patrimoine familial, notamment My Dixie Darlin' de son grand-oncle Alvin Pleasant "Doc" Carter et met son petit ami à contribution (Epstein cosigne deux morceaux, pour l'anecdote de fan, Benmont Tench, Heartbreaker fondateur et claviériste du groupe en signe un autre)... Elle évoque également Rosey "Nix" Adams dite Rosey Carter, sa demi-soeur (qui décédera en 2003), sur le morceau "Me and the Wildwood Rose"... Globalement, l'album est de bonne facture mais présente musicalement peu d'intérêt hors du cercle des fans de country pur-dur dont, soyons honnêtes, nous ne faisons pas partie... En conclusion, voici un lien vers l'article Wikipedia présentant l'arbre généalogique des Carter et compagnie.

Écrit par Pierre et petit pain dans Yee-haw! | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

02/08/2007

The Traveling Wilburys: "Wilbury Twist"

Le dernier single des Traveling Wilburys, dans un montage video refait pour la sortie de la Collection en juin 2007... On peut néanmoins apercevoir au début du clip le regretté John Candy... Laissons le mot de la fin à George Harrison, qui a toujours reconnu: "La magie des Wilburys, c'est aussi que c'est la chance, le hasard, la magie peut-être, qui nous a embarqués dans cette aventure... Je suis sûr que si on s'était réuni pour consciemment dire, créons un groupe, écrivons des chansons ensemble et vendons des disques, ça n'aurait jamais aussi bien fonctionné!"... Un dernier détail de poids: les sept vidéos ici en ligne sont copyright (c) 2007 T. Wilbury Limited, sous licence exclusive de Rhino Entertainment Company, sertissage vidéo en blog personnel autorisé via www.youtube.com, sous mention du copyright.

" target="_blank" border="0"> 

The Traveling Wilburys: "Inside Out"

" target="_blank" border="0">

The Traveling Wilburys : "She's my baby"

Premier single du second album, un morceau plutôt nerveux...

" target="_blank" border="0">